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EXPOSITION: ‘TINA MODOTTI, L’ŒIL DE LA RÉVOLUTION’ AU JEU DE PAUME


Pour ses 20 ans, le musée du Jeu de Paume, à Paris, inaugure la première rétrospective, et l’exposition la plus importante, dédiée à la photographe engagée d’origine italienne, Tina Modotti (1896-1942): ‘Tina Modotti, l’œil de la Révolution’, du 13 février au 12 mai 2024. À travers 240 tirages, mais aussi divers supports -documents, archives, vidéos, magazines-, l’exposition revient sur la carrière de cette artiste qui fera de son art un engagement avant tout politique et journalistique, témoignant des grands événements qui bouleversent le monde, et en particulier son pays d’adoption, le Mexique, dans les années 1920-1930.

 


Tina Modotti émigre d’Italie vers les États-Unis à l’âge de 16 ans. Couturière à San Francisco, puis mannequin, elle se lance dans le cinéma muet en 1918 et s’installe à Los Angeles où elle rencontre, en 1921, le photographe Edward Weston (1886-1958) pour qui elle pose. Très vite, l’artiste et son modèle deviennent amants, et le couple s’installe au Mexique en 1923, où Tina débute alors une carrière de photographe. Influencée par le ‘flou artistique’ de son mentor d’amant, la jeune photographe travaille la recherche de pureté, mêlant dans ses compositions une rigueur quasi-géométrique à une certaine forme d’abstraction.



Mais rapidement, Tina Modotti va développer son propre regard photographique à travers une «photographie incarnée» et réaliste. Car dans le Mexique post-révolutionnaire où elle s’installe avec Edward Weston -entre 1910 et 1920, une série de coups d’État, de mouvements populaires et d’affrontements militaires ont troublé le pays-, les revendications et les conflits sociaux sont encore nombreux – réformes agraires, luttes entre trotskistes et stalinistes, revendications de la culture indigène. Militante révolutionnaire, Tina Modotti va ainsi chercher à montrer cette effervescence politique et sociale en réalisant des clichés plus journalistiques et engagés. Après une collaboration avec l’écrivaine et anthropologue Anita Brenner, pour qui elle parcourt le Mexique afin d’immortaliser la culture populaire et architecturale du pays, elle commence à travailler pour différentes revues -Mexican Folkways, Horizonte, Forma, El Machete…En parallèle, proche des cercles intellectuels et artistiques mexicains, souvent communistes, elle documente les travaux des ‘muralistes’, dont les œuvres militantes - grandes peintures ou fresques murales - s’inspirent de la culture et des aspirations populaires. Parmi les artistes dont elle devient l’amie, Diego Rivera et Frida Khalo tiennent une place importante.



Désireuse de montrer la réalité du peuple derrière les clichés, elle consacre ensuite une grande partie de son travail à tirer le portrait de celles et ceux qui travaillent dans l’ombre -paysans, porteurs, vendeuses de marché, lavandières…- et qui vivent souvent dans la pauvreté, afin de montrer leur diversité, leurs souffrances et leurs préoccupations quotidiennes, comme leurs engagements plus affirmés, qu’ils soient politiques ou solidaires. Photographe politique assumée, elle va également chercher à témoigner des inégalités sociales et de la misère urbaine, comme de la condition féminine de son pays, contribuant, à sa façon, au combat d’émancipation des laissés-pour-compte.



MON AVIS

 

La photographie est toujours une source de curiosité et de plaisir pour les passionnés d’histoire comme moi. Témoins directs du passé, de la vie quotidienne d’une époque comme des grands événements qui s’y sont déroulés, les photos permettent de plonger dans une réalité figée, certes, et pourtant bien vivante.

 

L’exposition du Jeu de Paume dédiée à Tina Modotti est un incontournable pour les amateurs de photojournalisme, mais aussi pour les curieux et curieuses qui auraient envie de découvrir et d’explorer le travail de cette photographe engagée trop peu connue - je ne la connaissais pas moi-même.

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

  • Où ? Musée du Jeu de Paume: 1, place de la Concorde, Jardin des Tuileries (Paris 1er) Métro Concorde (lignes 1, 8, 12)

  • Quand ? Du 13 février au 12 mai 2024. Mardi 11h-21h / du mer. au dim. 11h-19h (fermé le lundi)

  • Combien ? Plein tarif: 12€ / Tarif réduit: 9€ / Tarif -25 ans & étudiant: 7,50€ (en semaine)

 

 

SOURCES

  • Visite commentée de l’exposition

  • Dossier de presse de l’exposition

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