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L’ŒUVRE DU LOUVRE: LA NYMPHE AU SCORPION


Rendez-vous au musée du Louvre, au rez-de-chaussée de l’aile Denon, dans la galerie Michel-Ange consacrée aux sculptures italiennes du 16e au 19e siècles. Ici, entre autres chefs-d’œuvre, se trouve une sculpture sûrement moins connue que ses voisines mais pourtant digne d’intérêt, et qui ne peut laisser insensible: ‘la Nymphe au scorpion’ de Lorenzo Bartolini (1777-1850).


Nous assistons ici au moment où une jeune nymphe vient d’être piquée au pied par un scorpion. L’expression de douleur et d’inquiétude qui se lit sur les traits fins de son visage ne peut que nous émouvoir, en même temps que sa beauté, sa fraîcheur et sa pureté ne peuvent que nous séduire. Une pureté symbolisée par le corps nu qu’elle présente aux témoins que nous sommes, alors qu’elle scrute son pied blessé, étendue sur une étoffe aux drapés sensuels qu’elle semble venir de laisser choir. À la vue du scorpion qui semble tout juste prendre la fuite, on comprend que l’action vient de se produire. Cette sculpture est sublime. D’un grand raffinement, elle est très réaliste et dégage une grande sensualité, accentuée par le travail remarquable du marbre blanc qui la compose.

Le plâtre de cette sculpture est créé en 1835 par l’Italien Lorenzo Bartolini dans son atelier de Florence. En 1843, le prince Charles de Beauvau (1793-1864), de passage en Toscane, repère l’œuvre dans l’atelier du sculpteur et commande un exemplaire en marbre pour sa galerie d’art contemporain de son château d’Haroué en Meurthe-et-Moselle. Sachez qu’un deuxième exemplaire sera commandé en 1845 par le Tsar Nicolas II de Russie -il se trouve aujourd’hui au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.


Présentée au salon de sculpture du Louvre en 1845, ‘la Nymphe au scorpion’ sera très remarquée par le public, jusqu’au poète Charles Baudelaire qui écrira toute son admiration de l’œuvre dans son recueil de critiques d’art ‘Curiosités esthétiques’ paru en 1868.


Sources



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