LE MUSÉE NISSIM DE CAMONDO A PARIS

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Je vous emmène aujourd'hui à la découverte de l’Hôtel Nissim de Camondo, situé aux abords du Parc Monceau, à Paris, et édifié au début du 20e siècle dans le style des hôtels particuliers du 18e siècle. Siècle dont il présente aujourd’hui encore une magnifique et large collection de mobilier, d’objets et d’arts décoratifs.


Souvent méconnu des touristes et visiteurs de la capitale, l’Hôtel Nissim de Camondo est pourtant un lieu unique et chargé d’histoire : un monument qui s’impose au cœur du quartier de la plaine Monceau, dans le 8e arrondissement de Paris ; un endroit surprenant, comme figé dans le temps et à la croisée des 18e, 19e et 20e siècles.


C’est au 63 de la rue Monceau, à deux pas du Parc du même nom, que la famille de Camondo, des banquiers italiens d’origine turque et grands collectionneurs d’arts du 18e siècle, décide de s’installer dans le Paris du Second Empire, à la fin des années 1860. Du premier hôtel particulier, il ne reste que peu d’éléments puisqu’il a été détruit et reconstruit au début du 20e siècle sur le modèle du Petit Trianon à Versailles. Ce nouveau bâtiment que l’on peut encore observer aujourd’hui, réalisé avec toutes les innovations et le confort moderne de l’époque (électricité, système d’arrivée et d’évacuation d’eau, toilettes, salle-de-bain, chauffage, gaz, téléphone…), est alors conçu comme un écrin pour accueillir les meubles et autres œuvres d’arts de la famille, l’une des plus riches collections d’arts décoratifs du 18e siècle.


Selon le souhait du dernier héritier et propriétaire des lieux, Moïse de Camondo, l’hôtel particulier et toutes ses œuvres sont légués à l’état français et au Musée des Arts Décoratifs de Paris à sa mort en 1935. Le Musée Nissim de Camondo -du nom de son fils mort durant la Première Guerre Mondiale- est ainsi ouvert au public le 21 décembre 1936. Y entrer, c’est à la fois comprendre le fonctionnement d’un hôtel particulier de la haute société de la première moitié du 20e siècle, et découvrir les trésors décoratifs et artistiques du 18e siècle de Louis XV et Louis XVI.


Après un point historique sur la famille de Camondo et sur la création de ce bel hôtel particulier, je vous propose de me suivre à la découverte des différentes pièces et œuvres de ce lieu unique en son genre.


Histoire de la famille et de l’hôtel de Camondo


Installée en Italie à la fin du 18e siècle, la famille Camondo, des banquiers d’origine juive séfarade, s’installe en Turquie au début du 19e siècle où, en 1802, Isaac Camondo fonde une banque à Istanbul qu’il lègue à son frère Abraham-Salomon (1782-1873) en 1832. Avec lui, puis avec ses petits-fils Abraham-Béhor (1829-1889) et Nissim (1830-1889) dont le père Salomon-Raphaël est mort en 1866, la banque connaît un vif succès qui permet à la famille de se faire un nom et de côtoyer la haute société européenne de Londres à Vienne en passant par Paris. A l’image de la famille des Rothschild d’origine allemande, les Camondo sont philanthropes, bâtissant en Turquie nombre d’écoles, d’hôpitaux et de dispensaires.


En 1865, pour le remercier de son soutien envers l’unification de l’Italie, le roi de Piémont-Sardaigne, Victor-Emmanuel II, offre la nationalité italienne à Abraham-Salomon, puis le titre de Comte dont sa descendance héritera. Afin de développer la banque familiale, ses deux petits-fils décident de s’installer à Paris en 1869. Ils achètent alors deux terrains en bordure du Parc Monceau, dans ce nouveau quartier alors très prisé des financiers et hommes d’affaires. Entre 1870 et 1875, Abraham-Béhor fait construire un hôtel particulier au 61 de la rue Monceau par l’architecte Denis-Louis Destors. Nissim, lui, emménage au numéro 63, dans une demeure déjà existante, bâtie en 1864, et qu’il agrandira entre 1872 et 1874.


Point Anecdote ! Saviez-vous que l’écrivain Emile Zola s’était inspiré de cet hôtel particulier dans l’un de ses romans ? En effet, la façade en demi-rotonde, le dôme, les décors intérieurs comme la situation géographique de la demeure de Nissim ont inspiré le célèbre écrivain pour imaginer l’hôtel du banquier Aristide Rougon dans son roman « la Curée », deuxième volume de la série Les Rougon-Macquart.


Dans leurs hôtels respectifs, les frères Camondo organisent de somptueuses réceptions pour rencontrer et se rapprocher de la haute société aristocratique parisienne. Ils commencent aussi à collectionner les objets d’arts de Chine et d’Extrême-Orient. Malheureusement, ils vont mourir à quelques mois d’intervalle en 1889.


Héritier d’Abraham-Béhor, Isaac de Camondo (1851-1911) ne s’intéresse pas aux affaires familiales et se consacre à l’art et la musique. Sans épouse ni enfant, ce grand collectionneur est l’un des fondateurs de la Société des Amis du Louvre (1896) à laquelle il lègue ses œuvres d’art. Elles sont aujourd’hui pour l’essentiel exposées au Musée d’Orsay : une trentaine de tableaux d’Edgar Degas, des toiles de Claude Monet (dont la série des « Cathédrales ») ou encore « les Joueurs de cartes » de Paul Cézanne. Contraint de vendre son hôtel du 61 rue Monceau en 1893, Isaac s’installe près de l’Opéra où il continue à composer.


De son côté, Moïse de Camondo (1860-1935), cousin d’Isaac et fils de Nissim, continue de gérer la banque familiale. En 1891, il épouse la fille de riches financiers juifs, Irène Cahen d’Anvers dont il a deux enfants, Nissim en 1892 et Béatrice en 1894, et qui lui donne le goût de l’art du 18e siècle qu’il va commencer à collectionner dès 1890.


Leur mariage sera de courte durée puisqu’Irène et Moïse divorcent en 1897. Moïse obtient alors la garde de ses enfants et s’occupe de leur éducation. Voyageur, sportif (il est l’un des premiers à posséder une automobile en 1895), Moïse fréquente les lieux importants de la haute société. A la mort de son cousin Isaac en 1911, il devient le seul gestionnaire de la banque Camondo dont il se désintéresse peu à peu jusqu’à la fermer en 1919 après la mort de son fils en 1917.


Fortuné, Moïse collectionne de plus en plus d’œuvres françaises du 18e siècle, à tel point qu’au début du 20e siècle, sa collection devient référente en matière d’arts décoratifs de l’époque Transition (fin du règne de Louis XV - début du règne de Louis XVI) et du style Louis XVI.


Afin de les exposer dans un lieu adapté et approprié, il décide de détruire l’hôtel du 63 rue Monceau pour en bâtir un nouveau entre 1911 et 1914. Il choisit l’architecte René Sergent (1865-1927), expert en architecture classique et reconnu pour ses hôtels particuliers inspirés des réalisations de l’architecte de Louis XV, Ange-Jacques Gabriel. Le nouvel Hôtel de Camondo est ainsi librement inspiré du Petit Trianon de Versailles, construit entre 1763 et 1768 par Ange-Jacques Gabriel à la demande de louis XV pour sa favorite et amie, Madame de Pompadour (qui n’en profitera malheureusement pas puisqu’elle décèdera en 1764).

La façade de la cour d’honneur de l’hôtel fait directement référence à celle du Petit Trianon avec ses soubassements à bossages, ses pilastres corinthiens et ses balustrades. En revanche, la façade côté jardin diffère du Petit Trianon puisqu’elle n’est pas plane et qu’elle s’articule en deux ailes perpendiculaires axées autour d’une rotonde centrale qui donne sur une terrasse puis un jardin conçu par Achille Duchêne : un jardin à la française, d’abord, qui ouvre sur un jardin à l’anglaise, lui-même ouvrant sur le Parc Monceau. Cependant, le contraste entre les deux façades (cour d’honneur et jardin) rappelle le contraste existant entre les façades avant et arrière de l’édifice versaillais.

De la même façon, l’idée de créer une différence de niveaux entre les deux façades est aussi directement reprise du Petit Trianon. Elle permet de réserver le rez-de-chaussée semi-enterré côté jardin aux espaces de services, tandis que la cour d’honneur, qui s’ouvre sur trois niveaux, donne un effet des plus fastueux pour accueillir les invités les soirs de réception. C’est d’ailleurs ce qui fait la différence ici entre un hôtel du 18e siècle, où on se préoccupe moins de la fonctionnalité des communs que de la magnificence des appartements et espaces de réceptions, et un hôtel parisien de la Belle Epoque, pensé pour garantir à la fois le prestige des hôtes des lieux avec des pièces à vivre fonctionnelles et des salons de réceptions somptueux, mais aussi l’organisation optimale et pratique du service. Ainsi, de manière pragmatique, l’hôtel de Camondo présente toutes les pièces de service du même côté (cuisine, salle à manger des gens de maison, garde-manger, office du maître d’hôtel...) avec un accès sur une petite rue arrière pour accueillir les livraisons et permettre au personnel de sortir et de travailler en toute discrétion. A l’époque de Moïse de Camondo, une vingtaine de personnes vivent ici et travaillent au bon fonctionnement de la maison.


Finalement, en créant cet hôtel particulier, Moïse de Camondo dira qu’il s’est attaché à « la reconstruction d’une demeure artistique du 18e siècle ». Et de la même façon que les extérieurs s’inspirent du Petit Trianon et du style néo-classique de la fin du 18e siècle, la décoration intérieure, dirigée également par René Sergent, se veut être une reproduction des salons de cette époque. Ainsi, les boiseries que l’on trouve chez les Camondo proviennent d’hôtels particuliers parisiens ou provinciaux du 18e siècle. Preuve de la volonté de Moïse de Camondo d’adapter sa demeure à ses collections, et non l’inverse, la hauteur des boiseries, chinées avant la construction de l’hôtel, a déterminé la hauteur de ses étages. Les meilleurs artisans d’art se sont attelés à reproduire au mieux le travail des artistes du 18e siècle, comme par exemple le ferronnier Braguès qui a créé la rampe en ferronnerie du grand escalier sur le modèle de celle de l’hôtel Dassier à Toulouse, créée par le serrurier Joseph Bosc en 1780.


Après ce passage sur la construction de l’hôtel, revenons à la famille de Camondo. En 1914, alors qu’il a commencé une formation de banquier à la banque de Paris et des Pays-Bas l’année d’avant, le fils de Moïse, Nissim (nommé ainsi en hommage à son arrière-grand-père), s’engage dans l’armée française dès le début de la Première Guerre Mondiale. Mais le 5 septembre 1917, il meurt tragiquement lors d’une mission de reconnaissance aérienne en Lorraine. Moïse est dévasté. Lui qui organisait de nombreuses réceptions dans son hôtel vit désormais seul, entouré de ses œuvres d’art.


En 1924, il décide de léguer par testament son hôtel et ses collections à l’état français. Il souhaite que l’hôtel soit géré par le Musée des Arts Décoratifs de Paris (c’est toujours le cas aujourd’hui) dans l’état où il sera lorsqu’il décèdera. Il fait aussi le vœu que l’hôtel prenne le nom de « Musée Nissim de Camondo » en hommage à son père et à son fils. Lorsque moïse meurt le 14 novembre 1935, sa fille Béatrice s’attache à respecter les désirs de son père, et le 21 décembre 1936, le musée est inauguré.


Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Béatrice, son mari Léon Reinach et leurs deux enfants, Fanny née en 1920 et Bertrand né en 1923, sont déportés à Auschwitz. Ils meurent tous en détention, et avec eux, la famille Camondo s’éteint.


Fort heureusement, le souvenir de Moïse, Nissim et Béatrice réside aujourd’hui encore dans l’hôtel cher à cette famille qui nous aura laissé le plus beau des héritages : une collection inestimable, riche et superbement conservée d’objets, de meubles, de décors et d’œuvres d’art (peintures, sculptures…) qui témoignent comme nulle part ailleurs de la beauté et des savoir-faire des arts décoratifs du 18e siècle.


Maintenant que vous en savez plus sur l’histoire de cet hôtel particulier atypique du 8e arrondissement de la capitale, comme sur la famille Camondo qui nous a permis de l’admirer encore aujourd’hui, je vous propose sans plus attendre d’y entrer et de m’accompagner dans la visite des lieux.


LA VISITE DU MUSÉE NISSIM DE CAMONDO


Quand on arrive devant le 63 de la rue Monceau, on est surpris de ne pas apercevoir l’hôtel particulier et de se trouver devant une porte qui ressemble à une porte d’immeuble parisien. C’est uniquement lorsque vous poussez cette lourde porte que l’édifice vous apparaît et que tout commence. Vous entrez alors dans la Cour d’Honneur, celle empruntée par les prestigieux invités des Camondo, et vous découvrez une magnifique et imposante façade qui s’élève sur trois étages.

Cette façade est librement inspirée du Petit Trianon de Versailles bâti entre 1763 et 1768 par l’architecte du Roi Louis XV, Ange-Jacques Gabriel. La façon dont la façade est organisée, avec ses trois niveaux, son soubassement à bossages, l’ordre des pilastres -ces demi-colonnes encastrées dans le mur-, ou encore les balustrades, rappelle clairement le pavillon versaillais. En revanche, l’arrondi des bâtiments qui suivent la forme de la cour, comme la construction en sept travées (portion de mur entre deux pilastres) et non cinq, différencient cette façade de celle du Petit Trianon.


Maintenant que nous avons bien observé la cour d’Honneur, je vous propose d’entrer dans l’hôtel particulier. Nous arrivons ainsi dans le vestibule et après avoir réglé nos billets, la visite peut commencer. Il faut savoir qu’à l’époque de Moïse de Camondo, les invités entraient ici lorsqu’il faisait beau ou qu’ils arrivaient à pied. Les jours de pluie, ou s’ils venaient en voiture, les hôtes pouvaient entrer par ce qu’on appelle une descente à couvert, c’est-à-dire un passage fermé et abrité, qui donnait sur la gauche du bâtiment. Mais que l’on arrive à pied ou en voiture, le vestibule était la première pièce que l’on découvrait. Cette pièce se situe dans le rez-de-chaussée bas. En fait, comme je vous le disais, la façade d’honneur est bâtie sur trois étages tandis que celle côté jardin n’en compte que deux. Ce qui est le premier étage pour ceux qui entrent par la cour d’Honneur devient le rez-de-chaussée haut pour ceux qui arrivent par le jardin.


Revenons au vestibule. Dès que l’on entre, on est marqué par les volumes de cette pièce, à la fois impressionnante et accueillante. Sur la gauche, la première œuvre du 18ème siècle qui nous saute aux yeux est ce très beau bureau en bronze et acajou réalisé par Riesener, l’ébéniste de Louis XVI et Marie-Antoinette, dans les années 1780. On découvre aussi de nombreux luminaires en bronze du 18e mais qui, pour correspondre au confort moderne, ont tous été électrifiés par Moïse de Camondo. Face au bureau, on observe un magnifique escalier au pied duquel se trouve une sculpture de marbre blanc représentant Vénus et l’Amour réalisée dans les années 1760-1770. Sachez que les invités pouvaient emprunter cet escalier, comme nous allons le faire, pour se rendre dans les salons de réception, ou utiliser l’ascenseur qui se trouve à l’arrière de l’escalier, face à une superbe fontaine en marbre rouge, et juste avant l’entrée des pièces de services dont je vous parlerai en fin de visite. Vous voyez que cet hôtel particulier, s’il reprend les attributs décoratifs de ceux du 18e siècle, n’en reste pas moins à la pointe de la modernité pour son époque.


Empruntons maintenant le grand escalier. Au Premier et au deuxième inter-paliers vous remarquerez les magnifiques encoignures noires réalisées par l’ébéniste Bernard II Van Risen Burgh en 1750. Typiques du style rocaille sous Louis XV, elles sont en chêne plaqué de laque du Japon et ornées de bronze ciselé et doré. Toujours en montant l’escalier, vous ne pourrez manquer la grande tapisserie qui orne le mur principal. C’est ce qu’on appelle une chancellerie, c’est-à-dire une tapisserie que le Roi offrait au Grand Chancelier de France (le Garde des Sceaux), sur laquelle étaient représentés les armes de France sur fond de fleurs de lys et les armoiries personnelles du Garde des Sceaux. La chancellerie que l’on peut voir ici a été réalisée par la Manufacture des Gobelins vers 1680 et date donc de l’époque de Louis XIV.


Nous arrivons maintenant au niveau du palier du premier étage, ou plutôt du rez-de-chaussée haut. Agrémenté d’une colonnade, il dessert les pièces de réception qui se trouvent de part et d’autre de la rotonde. Parmi les objets qui s’y trouvent, on remarque une paire de cassolettes en athénienne en bronze ciselé et doré datant de 1775. Pour information, une cassolette est un brûle-parfum, un diffuseur d’encens avant l’heure si vous voulez. Ici, ces cassolettes sont à l’athénienne, c’est-à-dire qu’elles présentent un trépied dit à l’antique. Ce style de la fin du 18e siècle marque bien le retour à l’antique qui a influencé le style Louis XVI. Les cassolettes de Camondo pouvaient servir de brûle-parfum mais aussi de brasero ou de bac à fleurs.


Nous allons maintenant découvrir les salons de réception. A l’image du parcours que suivaient les invités de Moïse de Camondo, nous entrons d’abord dans le Grand Bureau. Je vous laisse déambuler dans ce Grand Bureau car il y a énormément de meubles et d’objets intéressants. Des panneaux explicatifs, ainsi que l’audioguide, vous permettent d’en savoir plus sur chacun d’entre eux. J’attire cependant votre attention sur les six tapisseries d’Aubusson intégrées dans les lambris en chêne naturel qui couvrent les murs de la pièce. Issues de l’école militaire de Sorèze dans le Tarn qui en comptait alors huit, elles représentent six des célèbres Fables de la fontaine dont, tout de suite en entrant sur la droite : « le Loup, la Mère et l’Enfant », puis « le Lion amoureux ». Elles ont été réalisées entre 1775 et 1780 selon des cartons, c’est-à-dire des dessins, de Jean-Baptiste Oudry. Parmi les autres meubles intéressants, vous pourrez voir une paire de chaises voyeuses ayant appartenues à Madame Elisabeth, la sœur de Louis XVI.


Point anecdote : qu’est-ce qu’une chaise voyeuse ?

Ces chaises s’utilisaient lors des parties de jeux (de cartes souvent) ou pour des conversations informelles. Leur assise, plus ou moins basse, et leur dossier haut agrémenté d’une sorte d’accoudoir plus épais permettaient de s’asseoir à genoux ou à califourchon (selon la hauteur de l’assise et si l’on était un homme en pantalon ou une femme en robe), le dossier face à soi, et de s’accouder pour regarder les joueurs. Dos à eux, on pouvait observer leurs jeux en toute tranquillité, d’où le qualificatif de « voyeuse ». En dehors des parties de jeux, ces chaises permettaient de discuter en toute décontraction. Créées au milieu du 18e siècle sous Louis XV, les chaises voyeuses ont servi jusqu’à la fin du 19e siècle. On en trouve ainsi chez Louis XVI, Napoléon 1er et Joséphine, ou encore chez Napoléon III et Eugénie.

Revenons au Grand Bureau de l’hôtel Camondo. Les deux chaises voyeuses que nous observons ont été réalisées par le fournisseur du Garde-Meuble royal, Jean-Baptiste-Claude Sené, en 1785. Elles se trouvaient dans la propriété de Madame Elisabeth, la sœur de Louis XVI, dans son château de Montreuil, à Versailles. Il en existait quatre qu’elle avait commandé pour son salon turc en 1789. Sachez que la couverture que l’on voit aujourd’hui n’est pas celle d’origine qui était en toile de Jouy à fleurs et paliers verts sur fond blanc. Je vous propose d’avancer maintenant vers le fond de ce bureau. Sur le côté gauche, vous verrez une alcôve où se trouve un bureau à cylindre. Cette alcôve accueillait à l’origine le piano de Béatrice, la fille de Moïse de Camondo. Au départ de celle-ci en 1924, Moïse y installe le secrétaire à cylindre en acajou et bronze doré réalisé par Claude-Charles saunier en 1780.


Dirigeons-nous à présent vers la pièce suivante : le Grand salon. J’aime beaucoup cette pièce en arrondi qui, bien que richement décorée, dégage une atmosphère paisible avec son ouverture sur le jardin. Le Grand Salon présente de nombreux meubles et objets de collection rassemblés par Moïse de Camondo. Au mur, les boiseries néoclassiques du 18e siècle proviennent de l’appartement du comte de Menou qui se trouvait 11 rue Royale près de la Madeleine à Paris. Parmi les objets curieux et insolites que l’on peut observer, arrêtez-vous sur le vase posé sur le guéridon au centre de la pièce. C’est en réalité une bouteille à saké japonaise en bronze laqué ayant appartenu à Madame de Pompadour, la célèbre favorite et amie du Roi Louis XV. Ici, beaucoup d’objets et de mobiliers proviennent du 18e siècle et sont de véritables chefs-d’œuvre. Notez le grand tapis représentant « l’Air ». C’est l’un des 104 tapis réalisés par la manufacture de la Savonnerie entre 1670 et 1685 pour la Grande galerie du Louvre. Le paravent à six faces tapissées est aussi issu de la manufacture de la Savonnerie. Enfin, avant de quitter le Grand Salon, remarquez la table à gradin dite « bonheur-du-jour » qui présente de magnifiques plaques de porcelaine issue de la manufacture royale de Sèvres. Réalisée en 1766, cette table exceptionnelle est en chêne plaqué de bois de rose. Elle est ornée de bronze ciselé et présente en façade et sur ses différents niveaux de plateaux 17 plaques de porcelaine tendre à décor floral polychrome.


Après avoir pris le temps de bien observer le Grand salon et ses nombreuses œuvres, continuons par le salon des Huet. Ce salon de forme hexagonale porte le nom du peintre Jean-Baptiste Huet (1745-1811), dont on trouve sept de ses peintures, « les Pastorales », peintes en 1775 et insérées ici dans les boiseries, et trois autres présentées en dessus-de-porte. Parmi les meubles remarquables, notez le bureau à cylindre au centre de la pièce. Ce secrétaire en marqueterie florale a été réalisé par Jean-François Oeben (1721-1763), ébéniste et mécanicien du Roi Louis XV. C’est lui qui invente en 1760 ce type de meuble au système ingénieux de fermeture avec un rideau à lamelles. Le secrétaire que l’on peut voir ici est une sorte d’ébauche de celui, plus complexe et plus décoré aussi, qui se trouve à Versailles dans le cabinet d’Angle du Petit Appartement du Roi. Pour information, celui de Versailles a été pensé et commencé par Oeben en 1761, mais il sera livré en 1769 après sa mort par son successeur, le célèbre ébéniste Jean-Henri Riesner. Je vous laisse ensuite observer chaque œuvre. Sachez que le mobilier de salon, chaises et autres fauteuils sculptés, est estampillé Jean-Baptiste-Claude Sené (1748-1803) et a été créé entre 1770 et 1780. Parmi ce mobilier, remarquez les deux fauteuils bergères dont la tapisserie est d’origine.


Depuis le salon des Huet, gagnons maintenant la salle à manger. C’est ici que s’installaient les invités de Moïse de Camondo une fois le tour des salons de réception effectué. La table en Acajou, à laquelle on pouvait ajouter deux demi-lunes, pouvait accueillir une vingtaine de convives, bien souvent des personnalités du monde de l’art et des musées, ou encore des membres du Club des Cents, un club créé en 1912 par de riches gastronomes qui, avec l’arrivée de l’automobile et des voyages touristiques, ont décidé de se réunir pour partager leurs meilleures adresses et leurs meilleures tables. Sachez que ce club existe encore aujourd’hui. Sur cette table, les pièces d’argenterie comme la terrine ou les pots à oille (à ragout si vous préférez) proviennent du service commandé en 1770 par l’impératrice Catherine II de Russie. Le buste de femme noire en bronze qui se trouve sur la cheminée a été réalisé par Pierre-Philippe Thomire (1751-1843) d’après une sculpture de Jean-Antoine Houdon (1741-1828) issue d’un ensemble sculpté qui devait faire partie d’une fontaine installée dans les jardins du duc d’Orléans, l’actuel Parc Monceau. La fontaine devait représenter une servante noire qui versait de l’eau sur une femme de marbre blanc. Avec la Révolution et l’abolition de l’esclavage qui est décrétée une première fois le 4 février 1794, la sculpture est démontée. Le buste que l’on peut observer ici porte ainsi l’inscription : « rendue à la liberté et à l’égalité par la Convention Nationale le 16 Pluviose deuxième de la république Française unie et indivisible », comme pour rappeler que cette esclave a gagné sa liberté.


Rendons-nous dans une petite pièce attenante à la salle à manger : le Cabinet des Porcelaines. Si cette pièce servait à ranger et exposer la collection de porcelaine de Sèvres de Moïse de Camondo, c’est aussi ici qu’il dînait lorsqu’il était seul, et notamment après la mort de son fils Nissim en 1917 qui a aussi marqué la fin des grandes réceptions à l’hôtel de Camondo. On y trouve de magnifiques services Buffon, en référence à Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788). Soutenu par Louis XV et Louis XVI, ce naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain français transformera le jardin royal des plantes en centre de recherche scientifique et en musée (l’actuel Musée d’Histoire Naturelle de Paris). Son œuvre, « Histoire Naturelle », publiée à partir de 1749, le fera entrer à l’Académie Française en 1753. Ce sont les illustrations de François-Nicolas Martinet pour le volume « l’Histoire Naturelle des oiseaux » qui sont reprises sur les pièces de porcelaines réalisées par la Manufacture de Sèvres dans les années 1784-1787.

Ressortons du Cabinet des Porcelaines puis, et traversons la salle à manger. Attenante se trouve une pièce de service importante pour les soirs de réceptions : l’office de la salle à manger. Ici, le maître d’hôtel, en charge du service de la table, recevait les plats grâce au monte-plats qui faisait le lien avec les cuisines du rez-de-chaussée bas. Dans cet office, on dressait les plats et on les réservait dans le chauffe-assiette en fonte jusqu’au service. A l’inverse, signe de modernité, dans l’un des buffets se trouve une glacière qui permettait de conserver les desserts et sorbets au froid. L’office de cet étage possède également deux bacs, dont l’un avec accès à l’eau chaude, où était lavée la vaisselle avant d’être rangée dans les placards.


Avançons un peu dans notre visite et gagnons la Galerie du rez-de-Chaussée Haut qui, depuis la salle à manger, rejoint le palier où nous nous trouvions un peu plus tôt. En réalité, les paliers au premier comme au deuxième étages ont été conçu en « Y » par l’architecte René Sergent afin d’articuler les pièces autour de la rotonde et de faciliter la circulation entre le côté donnant sur la Cour d’Honneur et celui donnant sur le jardin. Je vous invite à bien observer les œuvres exposées dans cette Galerie, notamment les deux tapisseries d’Aubusson réalisées entre 1731 et 1755 et acquises par Nissim de Camondo. Elles représentent des scènes de la vie chinoise, comme c’était la mode au milieu du 18e siècle.

Je vous propose maintenant de monter à l’étage supérieur qui, lui, est dédié aux appartements privés. Un escalier agrémenté de tapisseries d’Aubusson et de miroirs vous y conduit. A mi-chemin, un palier de repos vous offre une très belle vue sur la Galerie du rez-de-chaussée haut. C’est l’endroit idéal pour quelques photos et surtout pour observer la forme en « Y » de ce palier. Arrivé à l’étage, une galerie circule autour des différentes pièces, à l’image de ce que l’on pouvait observer à l’étage inférieur.


Tout de suite à gauche, nous pénétrons dans une première pièce : le Petit Bureau. Aménagé par Moïse de Camondo en cabinet de peintures, c’est une petite pièce assez étonnante car dans un espace assez exigu sont rassemblés de nombreuses œuvres du 18e siècle, certaines ayant appartenues à Louis XV ou encore Louis XVI et Marie-Antoinette : objets, peintures, meubles… Il y a beaucoup à observer dans ce petit bureau donc je vous invite à vous référer à la planche explicative qui s’y trouve pour en savoir plus.


Ressortons maintenant et dirigeons-nous vers le Salon Bleu, via la Galerie où vous pouvez admirer, entre autres, une très belle collection d’estampes. Ce salon qui réunit la chambre et le boudoir de Béatrice, la fille de Moïse de Camondo, est créé en 1923 lorsque cette dernière quitte la résidence. Dès sa création, cette pièce va servir de bureau. Si on l’appelle le Salon Bleu, c’est en raison de la couleur bleu canard qui revêt les lambris muraux (aujourd’hui ils sont malheureusement plus verts que bleus à cause de l’effet de la lumière). L’ensemble des assises confortables qui gravitent autour du bureau datent du 19e siècle. Au mur, vous pourrez observer de nombreux tableaux. Vous trouverez des vues de Paris au 18e siècle ; une peinture assez atypiques représentant six hommes de dos : il s’agit des « Gentilhommes du duc d’Orléans dans l’habit de Saint-Cloud », une œuvre étonnante de Félix Philippoteaux datant de 1839. Autre peinture intéressante, celle intitulée « portrait du duc et de la duchesse de Chartres entourés des familles de Penthièvre et de Conti », réalisé en 1775 par Jean-Baptiste-André Gautier-Dagoty. Lorsqu’il l’achète, Moïse ne sait de qui il s’agit, mais le sujet est plus qu’approprié puisque Louis-Philippe d’Orléans, duc de Chartres, est celui qui fit aménager un jardin anglo-chinois appelé « Folie de Chartres » à l’endroit-même du futur Parc Monceau… situé derrière l’Hôtel de Camondo.


Quittons le salons Bleu pour la pièce suivante : la Bibliothèque. Cette pièce est très chaleureuse avec ses murs, ses étagères et son parquet tout en bois. Cette bibliothèque, en arrondi, se trouve au cœur des appartements privés, au centre de la rotonde. Parmi les livres exposés, on trouve de nombreux numéros de « la Gazette des beaux-arts » que Moïse de Camondo consultait dans cette pièce pour dénicher de nouveaux meubles ou objets.


La pièce suivante ouvre sur l’appartement privé de Moïse à proprement parler qui est aussi accessible directement par la Galerie. On entre alors dans la chambre à coucher. Les boiseries néoclassiques claires, le mobilier 18e, le tapis coloré réalisé à la manufacture royale de la Savonnerie en 1760 et destiné à Mesdames de France, les filles de Louis XV, ou encore les nombreux petits tableaux accrochés au mur, donnent à cette pièce une atmosphère intime et chaleureuse. Ajoutez à cela le lit à la turque placé dans une alcôve et je suis sûr que vous verriez bien y dormir confortablement.


Depuis la chambre, une porte ouvre directement sur la salle de bain de Moïse de Camondo. On comprend ici qu’on est dans un hôtel du début du 20e siècle et que tout l’aménagement très 18e n’a enlevé en rien la volonté de bénéficier de tout le confort moderne de l’époque. On y trouve tout ce dont on a besoin dans une salle de bain : de la faïence murale blanche et bleue, une baignoire et un bidet, un double lavabo, de la robinetterie en laiton, une arrivée d’eau chaude et même un chauffe-serviette qui fonctionne à l’eau chaude, ou encore des toilettes. Pour finir sur cette salle de bain, sachez que si les plafonds sont voûtés, c’est pour une bonne raison : ainsi conçus, ils évitent à la buée de s’accumuler au plafond.

La pièce suivante, attenante à la chambre, n’est autre que « l’habillage » de Moïse, ou comme on dirait aujourd’hui, son dressing. Il est aménagé à l’anglaise, tout en boiserie, avec notamment des lambris en acajou du Brésil qui proviennent de l’ancien appartement des Champs-Elysées d’Isaac de Camondo, le cousin de Moïse.


Nous quittons maintenant l’appartement de Moïse pour pénétrer dans celui de son fils Nissim, et tout d’abord dans son ancien bureau. Après la mort de son fils en 1917, Moïse a transformé cette pièce en chambre mémorial. Il s’agit ici pour lui de rassembler du mobilier, des peintures, des photographies et des objets rappelant le souvenir des deux Nissim qui ont compté dans sa vie : son père et son fils.


La pièce suivante était la chambre de Nissim de Camondo. Aujourd’hui, elle sert de « musée dans le musée » où est présentée l’histoire de la famille de Camondo. Attenante, la salle de bain de Nissim démontre, comme celle de son père, la modernité des équipements de l’hôtel. Elle donne sur l’habillage (ou dressing) de Nissim qui accueille aujourd’hui des informations sur l’histoire et la construction de l’hôtel de Camondo et sur son voisin du 61, rue Monceau.


Sortons de l’appartement de Nissim de Camondo et regagnons la Galerie. Nous pouvons maintenant descendre et regagner le rez-de-chaussée bas pour découvrir la dernière partie de la visite : les espaces de services.


A l’arrière de la galerie du vestibule, à côté de l’ascenseur qui permettait aux invités de monter dans les étages sans se fatiguer, une double porte conduit aux pièces de services situées dans le soubassement de la rotonde qui donne vers l’arrière de l’hôtel. Je ne sais pas si vous avez vu la série britannique Downton Abbey, mais ici, on se croirait dans les scènes dédiées aux employés de service.

Au fond d’un couloir, nous accédons à la cuisine. Elle est entièrement carrelée pour faciliter l’entretien. On y trouve un fourneau central qui permettait de faire fonctionner quatre fours et de faire mijoter de nombreuses poêles, marmites ou autres casseroles. Sur le côté gauche, on est interpelé par un impressionnant meuble en fonte. Il s’agit d’une rôtissoire qui permettait de faire griller et rôtir tout type de viande en grande quantité. Alimentée au bois puis au gaz, elle a été électrifiée en 1931. Pour finir sur cette cuisine, sachez qu’elle possède un double plafond pour éviter de propager la chaleur et les odeurs aux étages supérieurs et notamment dans la salle à manger située juste au-dessus.


Au fond à gauche de la cuisine, se trouve une petite pièce appelée la laverie. Ici, un double bac en cuivre, avec de grands et profonds éviers, permettait de laver les plats et autres ustensiles de cuisines. Le bac de droite possède une double enveloppe permettant la circulation d’eau chaude en continu afin de maintenir l’eau de plonge à bonne température. Le bac de gauche, non doublé, servait de bac de rinçage.

Attenante à la laverie et à la cuisine, la salle des Gens permettait d’accueillir une quinzaine de domestiques pour leurs repas. Ici, on est vraiment dans Dowton Abbey !


Enfin, à l’entrée de la cuisine, l’Office du Chef communique avec l’office de la salle à manger à l’étage grâce à un monte-plats dont je vous ai déjà parlé tout à l’heure. Actionné par des poulies, il permettait d’envoyer les plats dressés pour être servis aux convives de Moïse de Camondo. Cet office communiquait aussi avec l’entrée de service où était livrées les denrées. Cette entrée de service donne sur une impasse à l’arrière de l’hôtel. Les livraisons arrivaient discrètement par cette impasse qui donne au niveau du 105 Bd Malesherbes, et le personnel pouvait ainsi aller et venir sans passer par les espaces officiels.


La visite de l’Hôtel de Camondo se termine ici, dans les espaces de services. J’espère vous avoir donner envie de découvrir ce lieu unique à Paris.

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Mon avis sur cette visite


J’ai déjà visité deux fois l’Hôtel de Camondo, et je pense que j’y retournerai.


Ce lieu qui est resté intact et intégralement meublé et décoré à la mort de son propriétaire est d’abord un témoignage précieux du fonctionnement d’un hôtel particulier du début du 20e siècle.


Ensuite, par la richesse des collections qui y sont exposées, c’est aussi un musée exceptionnel où vous pourrez découvrir des pièces remarquables des arts décoratifs du 18e siècle. Pour cela, il faut bien prendre le temps d’observer toutes les œuvres. Je vous invite à prendre l’audioguide qui est très bien fait pour cela. Vous pouvez choisir de n’écouter que l’histoire générale du lieu qui donne les informations principales concernant les aménagements et les précisions les plus importantes concernant les objets. Mais vous avez aussi l’option d’aller plus loin et d’écouter des explications plus détaillées sur le mobilier, les œuvres d’art ou les objets présentés dans chaque pièce.


Informations pratiques


Situé près du Parc Monceau, l’Hôtel est accessible en métro (lignes 2, 3 & 13) ou en bus.


Il est ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 17h30.

Le Musée Nissim de Camondo est géré par le Musée des Arts Décoratifs de Paris, MAD Paris. Vous pouvez ainsi, si vous le souhaitez, prendre un billet double à tarif préférentiel pour visiter les deux musées.


Pour le reste des informations pratiques, rendez-vous sur le site du musée.


Sources :

  • Le guide du Musée Nissim de Camondo, édité aux Arts Décoratifs

  • L’audioguide du musée

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