POINT ANECDOTE : UN DRAPEAU AMÉRICAIN À PICPUS


Aujourd’hui, je vous propose un point anecdote autour d’un drapeau américain… parisien.


Pour trouver ce fameux drapeau dont je parle, direction le cimetière privé de Picpus dans le 12 arrondissement de la capitale. Du 14 juin au 27 juillet 1794 en pleine période de Terreur, sous la Révolution, le cimetière de Picpus accueillait 2 fosses communes où seront inhumés les 1306 guillotinés de la place du Trône Renversé (aujourd’hui la place de l’Île de la Réunion, près de l’actuelle place de la Nation). Au début du 19e siècle, les familles de guillotinés -notamment les familles nobles- vont retrouver les fosses et transformer le terrain en un lieu de mémoire et créer un cimetière où les descendants des guillotinés pourront être enterrés.

Parmi les guillotinés qui sont enterrés dans les fosses communes de Picpus, on va trouver des membres d’une famille d’aristocrates, les de Noailles, dont Adrienne de Noailles est la parente.

Elle sera donc inhumée à Picpus à sa mort en 1807, et sera rejointe par son mari, qui n’est autre que le Général-Marquis de la Fayette, qui mourra, lui, le 20 mai 1834.


Le Général de la Fayette est célèbre pour son rôle pendant la Révolution, à la fois engagé pour la liberté et protecteur de la Monarchie. Mais il est aussi connu et fêté aux USA pour son rôle déterminant dans la guerre d’indépendance américaine face aux Anglais.

C’est pourquoi le drapeau américain flotte en permanence sur sa tombe. Il est renouvelé tous les 4 juillet par la Société des Cincinnati de France et la Société des Fils de la Révolution Américaine, à la date anniversaire de la Déclaration d’Indépendances des Etats-Unis.


Mais cette tradition n’est pas née à la mort du Général Lafayette. Elle date en réalité de la Première Guerre Mondiale. En 1917, alors que les USA entrent en guerre, le Général Pershing est chargé de conduire les troupes américaines en Europe. Arrivé à Paris, le 4 juillet 1917 il se rend au cimetière de Picpus avec le ministre français de la guerre, Paul Painlevé, et des journalistes pour honorer le héros français. Accompagné de son aide de camp le colonel Stanton, Pershing dépose une gerbe sur la tombe du marquis et élève le drapeau américain. On dit qu’il aurait prononcé une célèbre phrase marquant la solidarité des USA avec les troupes françaises, comme un juste retour de l’Histoire : «Lafayette, here are we!», soit «Lafayette, nous voilà!».

En réalité, rien ne dit si cette phrase a bien été prononcée et si c’est Pershing et non Stanton qui l’aurait dite. Un seul journal la cite à l’époque, et selon des témoignages recueillis après le discours de Pershing. Ce dernier refusera d’ailleurs toujours de se l’approprier. Mais l’histoire est belle et symbolique. Notez enfin que le drapeau américain qui se trouve sur la tombe de Lafayette serait le seul à n’avoir jamais été baissé, pas même sous l’occupation nazie.


Pour en savoir plus sur le cimetière de Picpus, je vous donne aussi rendez-vous sur ce blog pour retrouver le podcast et l’article dédiés.
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