ROBE À LA FRANCAISE OU À L’ANGLAISE AU 18E SIÈCLE, QUELLE DIFFÉRENCE ?


Direction le musée de la Mode de Paris, le Palais Galliera, où j’ai appris l’anecdote de cette semaine grâce à l’exposition «Une histoire de la mode. Collectionner, exposer au Palais Galliera» du 2 octobre 2021 au 26 juin 2022.


Cette exposition qui présente l’histoire de la mode du 18e siècle à nos jours s’ouvre sur une très belle robe à la française de 1750-55, mise en regard avec une robe dite à l’anglaise datant de 1780.


Mais alors, justement, quelle est la différence entre une robe à la française et une robe à l’anglaise ?

En 1675, alors que les vêtements d’hommes et de femmes étaient jusque-là l’apanage de tailleurs masculins, Louis XIV, jugeant que les femmes ont le droit d’être habillées par des femmes, ouvre les ateliers de création et de confection mode aux couturières. Celles-ci vont ainsi travailler les détails esthétiques et pratiques des vêtements et des atours féminins, donnant naissance à la robe à la française, caractérisée par son drapé et les doubles plis plats qui ornent son dos, et par ses jupons élargis par des cercles d’osier. Elle est agrémentée d’un buste rigidifié par un corps baleiné, l’ancêtre du corset, qui lui est réalisé par les tailleurs masculins, et qui marque la taille et accentue le maintien des femmes. La robe à la française va s’imposer pendant plusieurs décennies et devenir emblématique de l’élégance féminine au milieu du 18e siècle. Au-delà de son style, sa préciosité est définie par la richesse, la qualité et la créativité des étoffes avec lesquelles elle est confectionnée.

A contrario, la robe à l’anglaise, qui devient à la mode en France dans les années 1780, se caractérise par un dos ajusté et un petit panier ou un bouffant, cet artifice rembourré placé au bas des reins qui accentue la cambrure de la silhouette, et qu’on va vite appeler «le cul de Paris». Les plis et drapés disparaissent de l’arrière des robes et on ajoute un fichu sur les épaules ou dans le corsage pour cacher un décolleté un peu trop profond (on qualifie alors ce fichu de «fichu menteur» car il gonfle souvent artificiellement la poitrine des femmes). Cette robe à l’anglaise qui conquiert Paris offre plus de liberté de mouvement. Elle est donc plus facile à porter en intérieur comme en extérieur, notamment lors des promenades dans les jardins... à l’anglaise eux aussi, bien sûr, comme c’était la mode alors!


Pour en savoir plus sur la mode du 18e siècle et plus généralement sur l’histoire de la mode, rendez-vous au musée Galliera, et dans l’article dédié sur ce blog (rubrique « coups de cœur »).


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