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VISITE: LE PARC, LES CHÂTEAUX & AUTRES TRÉSORS DU DOMAINE DE SCEAUX



Le domaine de Sceaux, situé à 5 kilomètres au sud-ouest de Paris, est la destination parfaite pour une journée de promenade dans de magnifiques jardins aux accents historiques. L’occasion de découvrir son superbe parc boisé de 180 hectares, ses jardins à la Française, son grand château du 19e, son petit château du 17e, ses bassins, son canal et ses cascades, ou enfin ses trois Pavillons, son Orangerie et ses écuries répartis sur l’ensemble de la propriété.


On peut ainsi, aujourd’hui:

  • Admirer et visiter le Grand Château bâti au 19e siècle par le duc et la duchesse de Trévise, et restauré dans ses décors Second Empire, qui accueille le musée de l’histoire du domaine de Sceaux et de ses différents propriétaires, mais aussi de l’art de vivre à la française de Louis XIV à Napoléon III. Il s’élève en lieu et place du château de la fin du 16e acquis en 1670 par Jean-Baptiste Colbert, célèbre ministre et contrôleur général des finances du roi Louis XIV, qui l’agrandit et le fait décorer par les plus grands artistes de l’époque (Le Brun, Coysevox, Girardon), et qui commandera pour son parc de somptueux jardins à la Française au jardinier du roi André Le Nôtre. En 1690, le domaine revient à la duchesse et au duc du Maine, fils légitimé du Roi Soleil et de Madame de Montespan; et en 1775, au duc de Penthièvre, petit-fils de Louis XIV, jusqu’à la Révolution où il est nationalisé. En 1798, le négociant en vin Jean François Hippolyte Lecomte rachète la propriété, avant de détruire le château en 1803 pour en revendre les matériaux. Sa fille et héritière, mariée au duc de Trévise, réhabilite les jardins de Le Nôtre et commande à l’architecte Joseph-Michel Le Soufaché un nouveau château de style Louis XIII, bâti entre 1856 et 1862. Le parc et les monuments sont enfin rachetés par le département en 1923.

  • Parcourir le parc historique et les jardins Le Nôtre, impeccablement restaurés et entretenus: Cascade, grand Canal, bassin de l’Octogone, broderies des grands parterres, statues, fontaines... les tracés reprennent ceux de l’époque de Colbert.

  • S’éblouir du Pavillon de l’Aurore, avec sa sublime coupole peinte en 1672 par Charles Le Brun.

  • Pénétrer dans les écuries du 17e siècle, qui accueillent une boutique.

  • Découvrir l’Orangerie construite par Jules Hardouin-Mansart en 1686, qui est aujourd’hui un lieu d’exposition.

  • S’aventurer jusqu’au Pavillon de Hanovre: bâti pour l’hôtel particulier parisien du maréchal de Richelieu entre 1758 et 1760, et menacé de destruction au 20e siècle, il a été déplacé au sud-ouest du parc de Sceaux en 1932.

  • Visiter le Petit Château, le plus ancien bâtiment du domaine, avec son corps de logis flanqué de deux pavillons et son petit jardin. Construit en 1661 pour un notaire parisien, Nicolas Boindin, il est acquis par Colbert en 1682. Le ministre de Louis XIV y loge alors ses invités. Au 18e siècle, la duchesse du Maine y installe ses enfants, et à la vente du domaine au Département en 1923, la princesse de Cystria conserve le petit château, jusqu’en 1935 où il est acheté par la ville de Sceaux qui le cèdera au département. L’édifice abritera alors la bibliothèque municipale jusqu’en 1985, puis le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Hauts-de-Seine jusqu’en 2009. Depuis 2022 et après d’importants travaux de restauration, on y trouve le pavillon de préfiguration du Musée du Grand Siècle. Il s’agit de donner un aperçu et des informations sur le projet de musée qui ouvrira bientôt ses portes dans l’ancienne caserne de Sully dans le parc de Saint-Cloud: un lieu du culture et d’histoire qui sera consacré au 17e siècle, ce «Grand Siècle de l’histoire de France qui s’étend d’Henri IV (règne 1589-1610) à la Régence de Philippe d’Orléans pendant la minorité de Louis XV (régence 1715-1723), en passant, bien entendu, par le long règne de Louis XIV (1643-1715): arts décoratifs, sciences, religion, politique, société… le Petit Château est pensé comme un musée pédagogique, petit mais riche d’œuvres notables, et qui n’est donc pas négliger lorsqu’on visite le domaine de Sceaux.


LE DOMAINE DE SCEAUX, 4 SIÈCLES D’HISTOIRE


Propriété de la famille Baillet qui y construit un manoir au 15e siècle, la seigneurie de Sceaux passe en 1597 aux mains de Louis Potier de Gesvres, conseiller des rois Henri III, Henri IV puis Louis XIII, et époux d’une des héritières Baillet. Ensemble ils construisent un premier château de style Louis XIII, et le domaine est élevé en baronnie par le roi en 1624.


En 1661, sur les terrains voisins du domaine, Nicolas Boindin, notaire parisien, fait élevé une «maison aux champs», soit une résidence de campagne, qui deviendra ce qu’on appelle aujourd’hui le Petit Château.


C’est alors qu’intervient un personnage important de l’histoire du domaine mais aussi de France: Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), contrôleur général des finances, secrétaire d’État de la Maison du Roi et secrétaire d’État de la Marine de Louis XIV. En 1670, à la mort du baron René Potier, il rachète les terres et le château de la seigneurie de Sceaux à ses héritiers pour en faire sa résidence de campagne, non loin de Paris ni de Versailles.

Colbert commence par agrandir le château, puis il fait appel au célèbre jardinier du Roi, André Le Nôtre (1613-1700) pour dessiner des jardins à la Française agrémentés de bassins, dont le grand bassin de l’Octogone, et d’une cascade, mais aussi d’une riche statuaire. Quant au château, composé d’un pavillon central cerné par deux pavillons, ses décors intérieurs sont réalisés par les plus grands artistes de l’époque: les sculpteurs Antoine Coysevox (1640-1720), François Girardon (1628-1715) et Jean-Baptiste Théodon (1645-1713), et le premier peintre du Roi, Charles Le Brun (1619-1690). Ce dernier créera aussi les décors du Pavillon de l’Aurore, sorte de belvédère bâti à l’est du parc, dont le sublime plafond représente l’Aurore chassant la nuit et ouvrant la voie au Soleil, métaphore de Colbert servant le Roi Soleil. Louis XIV sera d’ailleurs reçu au château pour une série de fêtes en juillet 1677. En 1682, pour accueillir ses hôtes, Colbert achètera le Petit Château, alors aussi appelé la Maison Rouge en raison de sa construction de briques et de pierres.


À la mort de Colbert le 6 septembre 1683, son fils, Jean-Baptiste Antoine Colbert (1651-1690), marquis de Seignelay, hérite du domaine dont il double la surface. Il le dote d’un grand canal creusé par Le Nôtre (1691) et d’une Orangerie bâtie en 1686 par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708). Le 16 juillet 1685, le marquis reçoit Louis XIV pour une journée de promenade dans les jardins, suivie d’une grande réception et de spectacles.

Seignelay meurt le 3 novembre 1690, et ses héritiers vendent le domaine à Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), fils légitimé de Louis XIV et de sa favorite Madame de Montespan. Celui-ci sera marié à Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon (1676-1753), dite Mademoiselle d’Enghien puis Mademoiselle de Charolais, et donc duchesse du Maine. Princesse de France, fille de Louis II de Bourbon-Condé (1621-1686) dit le Grand Condé, cousin du roi, elle n’acceptera jamais de devenir l’épouse d’un bâtard royal. Elle va alors s’épanouir en menant une vie mondaine remplie et en tenant une cour des plus brillantes dans son château de Sceaux. De nombreuses réceptions, qu’on appellera les «Grandes Nuits de Sceaux» y sont organisées, à l’image des fêtes du 4 décembre 1700 imaginées pour les adieux du duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV et futur roi d’Espagne Philippe V. La duchesse du Maine transforme également la poterie de Sceaux en une manufacture de céramique et de faïence renommée.

À la mort de Louis XIV le 1er septembre 1715, son testament ordonne que la Régence du royaume (Louis XV, âgé de cinq ans ne peut régner seul) soit, entre autres, répartie entre le duc Philippe d’Orléans (1674-1723), neveu du défunt roi, et le duc du Maine, son fils légitimé. Mais le Parlement de Paris, aidé par les partisans du duc d’Orléans, casse ce testament. La duchesse du Maine, qui ne décolère pas de cet affront fait à son mari -et à elle-même-, va tenter de jouer un rôle politique sous la Régence du duc d’Orléans, cherchant à se venger. En 1718, elle engage le duc du Maine dans la conspiration de Cellamare, qui tire son nom de l’ambassadeur d’Espagne en France, Antonio del Giudice, prince de Cellamare (1657-1733). Un complot qui doit retirer la régence à Philippe d’Orléans pour la confier à Philippe V d’Espagne. Mais la conspiration est déjouée. Le duc et la duchesse du Maine sont arrêtés à Sceaux le 29 décembre 1718. Il est incarcéré à la forteresse de Doullens dans l’actuelle Somme, elle est emprisonnée à Dijon. Finalement, libérés en 1720, le couple revient à Sceaux où il finit sa vie, elle avec sa cour, lui avec ses livres.


À la mort de la duchesse du Maine le 23 janvier 1753 -le duc est décédé le 14 mai 1736-, c’est leur fils, le prince de Dombes (1700-1755) qui hérite du domaine, puis à sa mort en 1755, son frère le comte d’Eu (1701-1775). À la mort de ce dernier, c’est le duc de Penthièvre (1725-1793) qui récupère les terres et les châteaux de Sceaux. Il est le fils du comte de Toulouse (1678-1737), autre fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, et possède déjà plusieurs domaines dont le château de Rambouillet et le château de Crécy. Lorsqu’il acquiert Sceaux, il décide de revendre Crécy dont il repart avec les décors parmi lesquels des toiles de François Boucher qui décoreront sa nouvelle résidence (et que l’on peut admirer exposées dans le château actuel). Le duc de Penthièvre entretient le château, crée des jardins à l’anglaise et reçoit, entre autres célébrités d’importance, l’empereur d’Autriche Joseph II, frère de la reine Marie-Antoinette, en 1777.

Le duc de Penthièvre entreprend de céder le château à sa fille Marie-Adélaïde de Bourbon (1753-1821), duchesse d’Orléans, mais la Révolution éclate en 1789. Il meurt le 4 mars 1793, tandis que la propriété et tous les biens qui s’y trouvent sont confisqués et nationalisés. Le domaine de Sceaux devient alors une école d’agriculture, jusqu’en 1798 où il est racheté par un négociant en vin, Jean François Hippolyte Lecomte (1757-1819). Ce dernier va alors décider de détruire le château de Sceaux en 1803 pour en revendre les matériaux. Il ne reste désormais plus rien de l’édifice qui, depuis sa construction au 16e siècle, s’était agrandi et enrichi au gré de ses prestigieux propriétaires.


Lorsqu’elle en hérite à la mort de son père, Anne-Marie Lecomte (1808-1870) décide de redonner sa splendeur au domaine de Sceaux. En 1829, elle épouse Napoléon Mortier, duc de Trévise (1804-1869), fils d’Édouard Mortier de Trévise, maréchal du Premier Empire. Ensemble, ils vont rebâtir un château à l’emplacement de celui de Colbert. Un bâtiment réalisé dans un style Louis XIII, en brique et pierre, par l’architecte Joseph-Michel Le Soufaché (1805-1887) entre 1856 et 1862. Ils vont également réhabiliter les jardins de Le Nôtre en restaurant les bassins, bosquets et parterres, comme les sublimes broderies végétales que l’on peut voir depuis la perspective qui descend du château.

Comme au temps du duc et de la duchesse du Maine, de nombreuses fêtes très prisées sous le Second Empire (1852-70) seront données par le duc et la duchesse de Trévise dans leur domaine de Sceaux. Après la mort du duc, le 30 décembre 1869, et de son épouse, le 8 janvier 1870, leur fils Hippolyte Mortier de Trévise (1835-1892) rachète les parts de ses frères et sœurs et devient propriétaire des lieux. Un temps occupé par les Bavarois pendant la guerre franco-prussienne de 1870, le domaine revient, quand le duc de Trévise meurt en 1892, à sa fille Léonie de Faucigny-Lucinge-Cystria, princesse de Cystria, qui, après la mort de sa mère, le délaissera peu à peu.


Finalement, le 11 août 1923, le site est acquis par le Département de la Seine avant d’être restauré dans les années 1930 sous la supervision de l’architecte Léon Azéma (1888-1978). Dès 1937, le château du duc et de la duchesse de Trévise, que nous pouvons encore admirer et visiter aujourd’hui, est transformé en musée. D’abord consacré à l’histoire et aux coutumes d’Île-de-France, il présente depuis 2015 l’histoire du domaine de Sceaux, des différents propriétaires et de l’art de vivre à la française de Louis XIV à Napoléon III. Peintures, mobilier, faïence… dans un décor Second Empire restauré, on y découvre des œuvres remarquables qui ont traversé les siècles de l’histoire des arts décoratifs français.


INFORMATIONS PRATIQUES


Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du domaine de Sceaux.


Le parc est ouvert en entrée libre, seules les visites des différents bâtiments sont payantes. Notez que vous pouvez prendre des billets couplés entre le Grand Château et le pavillon de l’Aurore.


SOURCES

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