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ANECDOTE: COMMENT FÊTAIT-ON NOËL À VERSAILLES?

 

Noël est aujourd’hui synonyme de réunions de famille (plus ou moins animées), de multiples cadeaux cachés sous le sapin et déposés secrètement par le Père Noël, ou encore de repas riches et arrosés qui s’éternisent… Mais qu’en était-il à Versailles, sous l’ancien régime?

 

A cette époque, d’abord, il n’était pas question de s’offrir de cadeaux qui sont plutôt distribués le 1er janvier, pour la nouvelle année. En effet, Noël est alors une fête à la dimension toute religieuse où, à la Cour de France, les prières et la dévotion remplacent les jeux et les présents. La soirée est rythmée par les célébrations liturgiques, avec les vêpres en début de soirée et les mâtines dans la nuit, ponctuées de trois messes nocturnes organisées dans la chapelle Royale.

Entre ces pieuses cérémonies, un repas est cependant proposé, car si le roi et la cour sont rigoureusement religieux, les plaisirs de la bonne chère restent essentiels lorsqu’il s’agit de fêter. Le souper au Grand Couvert, que le roi et sa famille prennent en public, est ainsi riche et copieux. On y trouve, entre autres, des mets introduits sous le règne de Louis XIV et qui vont devenir, jusqu’à aujourd’hui, des incontournables des fêtes de fin d’année: la dinde, importée d’Amérique et élevée à Versailles; les marrons glacés, créés à cette époque; et le vin pétillant, c’est-à-dire le champagne, que l’on dit inventé par le moine Dom Pérignon à la fin du 17e siècle.



La tradition du sapin de Noël, qui se répand dans les populations germaniques au 16e siècle, n’a pas encore conquis Versailles. Après une tentative par la Princesse Palatine, belle-sœur de Louis XIV, c’est la femme de Louis XV, Marie Leszczynska, d’origine polonaise, qui tentera d’importer cette tradition de son enfance à Versailles, où en 1738 est érigé le premier sapin de Noël. Mais considérée comme trop païenne, cette coutume ne prendra pas. Il faut attendre Noël 1837 pour que la belle-fille allemande du roi Louis-Philippe, Hélène de Mecklembourg, installe un sapin aux Tuileries et lance cette mode auprès de la bourgeoisie. Cependant, la tradition se répand surtout en France avec l’arrivée d’immigrés d’Alsace-Lorraine fuyant leur région après la guerre franco-prussienne de 1870.



Le père Noël, quant à lui, ne passera jamais par les 352 cheminées du château de Versailles. Inspiré de la légende germanique de Saint-Nicolas, il est créé aux États-Unis au 19e siècle. Quant à son costume rouge, on raconte que Coca-Cola l’aurait inventé en 1931 dans une publicité. La célèbre marque américaine l’aurait en fait remis d’actualité et popularisé puisque déjà à la fin du Moyen-Âge, Saint-Nicolas est représenté avec sa barbe blanche et vêtu d’une cape rouge.



Mais revenons à Versailles où se déroule, à Noël, une autre tradition née sous Louis XV et qui se perpétuera sous le règne de son petit-fils et successeur, Louis XVI. Tout se passe dans le petit appartement du Roi, dans la salle à manger dite ‘aux Salles neuves’, encore appelée ‘salon des porcelaines’ -et vous allez comprendre pourquoi. Construite en 1769 dans un style qu’on appellera Louis XVI, elle accueille alors les soupers au petit Couvert des souverains. Chaque année, à Noël, une tradition va ainsi s’organiser dans ce salon: ici et dans les pièces suivantes, on va exposer les plus belles porcelaines fabriquées par la manufacture royale de Sèvres, que la Cour, les princes et d’autres invités vont pouvoir acheter. Cette tradition, qui donnera son surnom au ‘salon des Porcelaines’, est aussi une façon de soutenir financièrement la manufacture royale et d’animer la cour pour les fêtes de fin d’année.



A toutes et tous de très belles fêtes!

 

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