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ANECDOTE: QUI EST LE SOLDAT INCONNU DE L’ARC DE TRIOMPHE?

En ce 11 novembre, date anniversaire de l’armistice de la Première Guerre Mondiale qui a bouleversé l’Europe et l’ordre du monde entre 1914 et 1918, je vous propose de nous rendre sous l'Arc de Triomphe de la place de l'Étoile à Paris, l'un des sites les plus emblématiques de la capitale française. Car au-delà de son architecture grandiose et de sa signification historique, il abrite un monument intime et poignant: la tombe du Soldat Inconnu. Symbole de sacrifice et de reconnaissance, elle est un hommage silencieux aux victimes des guerres, et un rappel constant du lourd tribut que la France a payé au cours de ses conflits.

Cependant, bien qu’il soit placé aux pieds de l’un des plus célèbres monuments de l’Hexagone, peu de touristes, de Français ou de Parisiens connaissent réellement les origines et l’histoire de ce Soldat Inconnu.


L'idée de créer un monument pour honorer les soldats tombés au combat naît au lendemain de la Première Guerre mondiale, qui a laissé derrière elle une génération décimée. Les pourparlers vont durer presque deux ans. On évoque ainsi l’élévation d’un cénotaphe, potentiellement sous l’Arc de Triomphe, ou encore l’inhumation d’un Soldat inconnu. C’est cette seconde option qui est retenue.

On pense alors un temps à l’inhumer au Panthéon, mais ce choix ne fait pas l’unanimité: ce soldat étant «inconnu», il ne s’agit pas d’un «Grand Homme» célèbre, à l’image des écrivains, scientifiques ou politiques qui y reposent, mais d’un «Très Grand Homme» qui surpasse tous les autres puisqu’il représente des millions d’hommes sacrifiés pour la Liberté. Finalement, on pense à un lieu exceptionnel, laïc et rassembleur: l’Arc de Triomphe, site emblématique d’hommage aux victoires françaises.

Tout va devoir aller très vite car nous sommes déjà en novembre 1920. Ainsi, le 9 novembre, un corps non identifié est choisi parmi huit victimes des tranchées du front Est (il y en avait neuf, mais on soupçonne le 9e d’être de nationalité allemande). Il doit ainsi représenter l'ensemble des combattants français tombés au champ d'honneur. Ce choix symbolique vise à reconnaître l'anonymat de nombreux soldats et à rappeler le sacrifice collectif du pays. Le cercueil contenant le corps du soldat inconnu est ainsi transporté dans la nuit du 9 au 10 novembre depuis Verdun, site tragiquement symbolique des combats de la Première Guerre mondiale, jusqu’à la place Denfert-Rochereau à Paris, où il est installé dans une chapelle ardente.

Nous sommes maintenant le 11 novembre 1920, deux ans après la signature de l’Armistice qui s’est tenue dans un wagon de train, à Rethondes, près de Compiègne. Un armistice qui a stoppé les combats entre, d’un côté, les Alliés, composés de la France, de l’Empire britannique, de l'Italie (à partir de 1915), de l'Empire russe (jusqu’en 1917) et des États-Unis (à partir de 1917); et de l’autre la Triplice, emmenée par l'Empire allemand, la double monarchie austro-hongroise et le royaume d'Italie (jusqu’en 1915).


Ce jour-là, le 11 novembre 1920, donc, une cérémonie funéraire est organisée à Paris. Un cortège transportant le cercueil du Soldat Inconnu, recouvert du drapeau tricolore, part depuis la place Denfert-Rochereau pour l’Arc de Triomphe. Il est suivi par une famille fictive et par une foule de milliers de citoyens.

Arrivé en haut des Champs-Élysées, le Soldat inconnu est placé dans la Salle des Palmes à l’intérieur de l’Arc de Triomphe. En effet, les décisions ayant été prises rapidement, la tombe n’est pas encore prête pour l’accueillir.


La cérémonie d'inhumation aura ainsi lieu quelques mois plus tard, le 28 janvier 1921. Le cercueil est alors placé dans une tombe creusée à même le sol, et des personnalités officielles, dont le Maréchal Foch, assistent à une cérémonie solennelle.

Deux ans plus tard, sur l’idée du journaliste et poète Gabriel Boissy, une Flamme Éternelle est allumée à côté de la tombe du Soldat Inconnu, où elle brûle encore aujourd’hui. La bouche à feu, le bouclier circulaire, composé au centre d’une gueule de canon d’où jailli la Flamme et de vingt-cinq glaives qui l’entourent, sont réalisés par le ferronnier Edgar Brandt et l’architecte Henri Favier. Sur la tombe, on peut lire: «Ici repose un soldat français mort pour la patrie».

Cette flamme symbolique représente le souvenir continu des sacrifices consentis par les soldats français. Elle est allumée tous les soirs à 18 heures 30, et c’est un lieu de recueillement pour de nombreux visiteurs et citoyens qui viennent lui rendre hommage.


Finalement, et de manière plus métaphorique, le Monument du Soldat Inconnu et la Flamme Éternelle ne sont pas simplement des symboles de guerre, mais aussi des rappels de la paix et du devoir de mémoire. Ils rappellent aux générations actuelles et futures l'importance de préserver la paix et de respecter le sacrifice de ceux qui ont donné leur vie pour défendre leur patrie. Un message important à rappeler, peut-être aujourd’hui plus encore.


Chaque année, des cérémonies commémoratives ont lieu sous l'Arc de Triomphe, et en particulier le 11 novembre, date de l'Armistice de 1918, ou le 8 mai, date anniversaire de l’Armistice de 1945 qui met fin aux combats de la Seconde Guerre Mondiale. Il s’agit ainsi d’honorer les anciens combattants et de rendre hommage aux soldats tombés au front.

Le Soldat Inconnu sous l'Arc de Triomphe est un rappel émouvant de l'humanité et de la solidarité en temps de guerre. Il incarne le respect, la reconnaissance et l'hommage éternel à tous ceux qui ont donné leur vie pour leur pays, pour la France. Aussi, bien plus qu'une sculpture ou un monument, le Soldat Inconnu est une incarnation tangible de l'héroïsme anonyme, de la lourde perte des vies humaines lors des conflits, et de l'engagement pour la paix.


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