« LE CIRQUE, FABRIQUE DE L'ART MODERNE » : NOUVELLE EXPOSITION DU MUSÉE DE MONTMARTRE
Présentée au musée de Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, du 16 octobre 2026 au 14 février 2027, l'exposition « Le Cirque, fabrique de l'art moderne » explore l'influence du cirque sur la création artistique des XIXe et XXe siècles. À travers les œuvres de Degas, Toulouse-Lautrec, Picasso, Chagall ou Fernand Léger, elle retrace l'histoire du Cirque Fernando, devenu Cirque Medrano, et montre comment clowns, acrobates et saltimbanques ont inspiré les grandes évolutions de l'art moderne. Une exposition à découvrir dans un musée emblématique de l'histoire artistique et bohème de Montmartre.

Du 16 octobre 2026 au 14 février 2027, le musée de Montmartre, à Paris, consacre sa nouvelle exposition au cirque et à son influence sur l'art moderne. À travers des peintures, sculptures, dessins, affiches et objets, « Le Cirque, fabrique de l'art moderne » explore comment cet univers populaire, peuplé de clowns, d'acrobates et de saltimbanques, a inspiré de grands artistes des XIXe et XXe siècles, parmi lesquels Degas, Toulouse-Lautrec, Picasso, Chagall ou Fernand Léger.
Une exposition que j'ai eu le plaisir de découvrir dans l'un de mes musées parisiens favoris !
LE CIRQUE, UNE SOURCE D'INSPIRATION POUR LES ARTISTES MODERNES
Comment le cirque, spectacle populaire par excellence, a-t-il influencé les plus grands artistes de l'art moderne ? C'est ce que nous invite à découvrir cette exposition, à travers un parcours en quatre temps qui retrace près d'un siècle de création artistique, de la fin du XIXe siècle au XXe siècle.
"Le Cirque, fabrique de l'art moderne", musée de Montmartre "Le Cirque, fabrique de l'art moderne", musée de Montmartre Max Jacob, A Medrano, 1910
Le Cirque Fernando, au cœur du Montmartre artistique
À la fin du XIXe siècle, Montmartre est l'un des grands centres de la vie artistique et populaire parisienne. Aux côtés des cabarets, cafés-concerts et bals, le cirque occupe une place importante dans les divertissements de l'époque.
En 1873, l'écuyer belge Ferdinand Beert installe un chapiteau au pied de la Butte. Deux ans plus tard, il fait construire un cirque permanent, à l'angle du boulevard Rochechouart et de la rue des Martyrs : le Cirque Fernando.
Réplique du Cirque Fernando affiche affiche Cirque Medrano Sur la piste du cirque Medrano Affiche Medrano L'écuyère, étude de Georges Seurat, 1891 Sydney et Mazzoli dans l'entrée du Bilboquet, 1900, Joseph Faverot Dario et Ceratto, vers 1900, Joseph Faverot Le Clown Boum-Boum et l'Auguste Batiss, vers 1900, Joseph Faverot
Le succès est immédiat ! On vient y admirer des numéros équestres, des acrobates, des clowns et des trapézistes, dont la célèbre Miss Lala, capable de se suspendre dans les airs par la seule force de sa mâchoire ! Une prouesse immortalisée par Edgar Degas dans son tableau « Miss Lala au cirque Fernando » (1879).
En 1897, le cirque est repris par Geronimo Medrano, un ancien clown surnommé « Boum-Boum », qui lui donne son nom. Le Cirque Medrano devient alors l'un des lieux incontournables de la vie montmartroise, attirant de nombreux artistes fascinés par les spectacles et les personnages qui animent sa piste.
De la piste aux grandes révolutions artistiques
Mais le cirque est bien plus qu'un simple divertissement. Pour les artistes, il devient un formidable terrain d'expérimentation. Les mouvements des acrobates, les jeux de lumière, les couleurs des costumes ou encore la géométrie circulaire de la piste offrent de nouvelles possibilités pour représenter les corps, l'espace et le mouvement.
En 1891, Georges Seurat s'intéresse ainsi aux numéros équestres du Cirque Fernando. Avec ses lignes courbes et sa composition dynamique, son tableau « Le Cirque » traduit toute l'énergie du spectacle.
L'écuyère au cirque Fernando, avant 1885, Maurice Blum La Clowness du Moulin Rouge, Cha-U-Kao, 1896, Toulouse-Lautrec Edmond Heuzé, L'écuyère au cirque Medrano, 1920 Toulouse Lautrec Toulouse Lautrec Toulouse Lautrec Toulouse Lautrec Clownesse Cha-U-Kao, 1895, Toulouse Lautrec Saltimbanques, Picasso, 1905 Le Fou, 1905, Picasso Le Repas frugal, 1904, Picaso Le Cirque Medrano, Fernand Léger, 1918 Les Jongleurs, Fernand Léger
Henri de Toulouse-Lautrec, grand habitué des lieux, s'attache quant à lui aux personnages du cirque, dont la célèbre clownesse Cha-U-Kao, qu'il représente en 1895. Une œuvre présentée dans l'exposition.
Une anecdote étonnante : en 1899, alors qu'il est interné dans une maison de santé, Toulouse-Lautrec réalise de mémoire une série de dessins consacrés au cirque. La qualité de ces œuvres contribue à démontrer qu'il a conservé ses facultés artistiques et intellectuelles.
Au début du XXe siècle, Pablo Picasso fréquente à son tour le Cirque Medrano. Les clowns, acrobates et saltimbanques deviennent des figures centrales de sa période rose, incarnant souvent la solitude et la fragilité de l'artiste. Sa sculpture « Le Fou » (1905), inspirée de son ami Max Jacob, en témoigne.
Fernand Léger, lui, explore les formes géométriques et les couleurs vives dans « Le Cirque Medrano » (1918), une œuvre qui célèbre également le retour à la paix après la Première Guerre mondiale.
Clowns et saltimbanques, figures de la modernité
L'exposition s'intéresse aussi à l'évolution du personnage du clown, devenu l'une des figures emblématiques du cirque moderne. Elle revient notamment sur l'histoire des frères Fratellini, Paul, François et Albert, qui connaissent un immense succès au Cirque Medrano à partir de 1915.
En remplaçant le traditionnel duo du clown blanc et de l'auguste par un trio, ils renouvellent profondément l'art clownesque. Leur loge devient même un lieu de rencontre pour les peintres, écrivains et autres artistes de l'époque, qui viennent y échanger leurs idées !
Costules de Clowns Costumes Costumes Les frères Fratellini, Paul Colin, 1925 Les frères Fratellini, Fernand Léger, 1924 Guido Manetti et un autre artiste à Medrano, Achille-mile Othon Friesz Lucie Van Dam Van Isselt, portrait de François Fratellini, 1926 Pierre de Belay, Grock au Cirque Medrano, 1933 La Loge des Fratellini, 1921, Elisabeth Fuss-Amoré Edmond Heuzé, Albert Fratellini dans la parodie du Disloqué, 1923-24 Arthur Fillon, Le Trio Fratellini, 1933 Reconstitution de la loge des Fratellini Clown et danseuse, 1929-30, Georges Rouault Le Cirque, 1931, Marcel Gromaire Georges Rouault, Lutteuse, 1926 La Place Blanche, Marcel Gromaire, 1928 L'avaleur de sabres, Matisse, 1947 Les Acrobates, Alexander Calder, 1944-1966 Picasso, Le Cirque de la vie observé par une petite fille, 1970 Esquisse pour le Grand Cirque, 1956, Marc Chagall
Mais derrière les costumes extravagants et les numéros comiques, les clowns et les saltimbanques inspirent aussi des œuvres plus mélancoliques. Pour Picasso, Rouault ou Chagall, ces personnages incarnent parfois la condition de l'artiste : libre, marginal, mais aussi vulnérable.
L'exposition montre ainsi comment le cirque, au-delà de ses spectacles, a accompagné les grandes transformations artistiques du XXe siècle. Le Cirque Medrano ferme définitivement en 1963, avant la démolition de son bâtiment en 1972 – ironie de l’histoire, il sera inscrit aux Monuments historiques l’année suivant sa destruction. Mais son histoire continue de vivre à travers les nombreuses œuvres qu'il a inspirées.
LE MUSÉE DE MONTMARTRE, UN LIEU CHARGÉ D'HISTOIRE
Le musée de Montmartre est l'un de mes musées favoris à Paris ! Créé en 1960, il est installé au 12-14 rue Cortot, dans deux anciennes maisons qui ont accueilli, entre le XIXe et le XXe siècle, les ateliers de nombreux artistes.
Musée de Montmartre, Paris Musée de Montmartre, Paris Musée de Montmartre, Paris
Parmi eux, Pierre-Auguste Renoir, Émile Bernard, Francisque Poulbot, mais aussi Suzanne Valadon, son fils Maurice Utrillo et son compagnon André Utter, surnommés le « trio infernal » en raison de leurs relations parfois tumultueuses.
Le Trio infernal Montmartre, atelier de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo Construction du Sacré Coeur Le Blute-Fin, Paul Legrand, vers 1890 La Butte Montmartre et l'emplacement de l'avenue Junot, 1910, Alfred Renaudin Le Chat Noir, vers 1895, Eugène Grasset Décor de pièce d'ombres, Henri Rivière, 1891 Reconstitution d'un bar de Montmartre Billets d'entrée du Chat Noir Musée de Montmartre Le Jardin du 12, rue Cortot, 1935, André Utter Divan Japonais, 1885
Au-delà de ses expositions temporaires, le musée propose un passionnant parcours permanent consacré à l'histoire de Montmartre. Photographies, archives, peintures et affiches retracent les transformations du quartier, mais aussi sa vie de bohème, ses cafés et ses cabarets mythiques, comme le Chat Noir, le Moulin Rouge ou le Lapin Agile.
On peut également découvrir l'appartement-atelier reconstitué de Suzanne Valadon, où elle a vécu et travaillé.
Atelier de Suzanne Valadon, Musée de Montmartre, Paris Atelier de Suzanne Valadon, Musée de Montmartre, Paris Atelier de Suzanne Valadon, Musée de Montmartre, Paris Appartamment de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, Musée de Montmartre, Appartamment de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, Musée de Montmartre, Appartamment de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, Musée de Montmartre,
Mais ce que j'aime particulièrement ici, ce sont les jardins Renoir ! Un véritable havre de paix, presque secret, à quelques mètres seulement de l'agitation touristique de la place du Tertre. Ces jardins, qui offrent une jolie vue sur les vignes de Montmartre, doivent leur nom au célèbre peintre impressionniste, qui possédait ici un atelier entre 1875 et 1876. Il y réalisa notamment « Le Bal du moulin de la Galette » et « La Balançoire ».
Jardins, musée Montmartre, Paris Vignes Balançoire de Renoir Café Renoir Jardins, musée Montmartre, Paris Jardins, musée Montmartre, Paris
Et pour prolonger la visite, je vous recommande une pause au Café Renoir, installé dans ce cadre verdoyant. Un endroit idéal pour profiter du calme et s'offrir une petite parenthèse hors du temps, en plein Paris !
MON AVIS SUR L'EXPOSITION
J'ai trouvé cette exposition particulièrement intéressante, notamment parce qu'elle se distingue de nombreuses expositions habituellement proposées par le musée de Montmartre. Plutôt que de se concentrer sur un artiste, un groupe d'artistes ou un mouvement artistique, elle explore une thématique commune à plusieurs générations de créateurs : le cirque.
Une approche qui permet de découvrir des œuvres très différentes, de faire dialoguer de grands noms de l'art moderne et de mieux comprendre les liens entre les divertissements populaires et les évolutions artistiques de leur époque.
C'est aussi une belle manière de redécouvrir l'histoire de Montmartre, dont le cirque a longtemps fait partie intégrante.
INFORMATIONS PRATIQUES
Quoi ? Exposition Le Cirque, fabrique de l'art moderne.
Où ? Musée de Montmartre, 12-14 rue Cortot, Paris 18e.
Accès ? Métro ligne 12, Lamarck-Caulaincourt (6 minutes à pied) ; ligne 2, Anvers, puis funiculaire de Montmartre. Bus 40, arrêt Saules-Cortot ou Mont Cenis-Cortot.
Quand ? Du 16 octobre 2026 au 14 février 2027. Tous les jours de 10h à 18h (dernière entrée à 17h15).
Combien ? Plein tarif : 16 € ; tarif réduit : 10,50 € ; 10-17 ans : 9 € ; gratuit pour les moins de 10 ans.
Plus d'informations et réservations sur le site officiel du musée de Montmartre





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