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LE BOSQUET DE LA COLONNADE À VERSAILLES


Dès 1661, Louis XIV confie la transformation et la réalisation des jardins situés à l’arrière du château de Versailles au talentueux André Le Nôtre qui en fait de spectaculaires jardins à la française. Là où Louis XIII avait créé des parterres et de simples carrés boisés, Le Nôtre imagine des bosquets, véritables salons de verdure extérieurs agrémentés de jeux d’eau et de décors stupéfiants.


Ces bosquets (15 aujourd’hui) font encore la réputation de Versailles. J’ai pu les découvrir en musique et en eau cet été lors des Grandes Eaux Musicales annuelles.


Rendez-vous aujourd'hui au bosquet de la Colonnade, l’un de mes favoris. Situé dans les bosquets sud, il est achevé par Jules Hardouin Mansart en 1688 en remplacement du bosquet des Sources créé par André Le Nôtre en 1678 et composé de multiples ruisseaux.


Lorsqu’on entre dans le bosquet de la Colonnade, on est frappé par son architecture majestueuse à l’Antique qui s’impose au milieu de la nature. Le magnifique péristyle en marbre polychrome (rouge du Languedoc, bleu de turquin, brèche violette), qui a donné son nom à l’ensemble, ne fait pas moins de 40 mètres de diamètre. Il se compose de quelques 32 pilastres (colonnes ou demi-colonnes rectangulaires, souvent intégrées à un mur et terminées par une base et un chapiteau) en marbre rouge auxquels répondent, en parallèle, 32 colonnes ioniques (colonnes caractérisées par leur chapiteau à volutes, leur fût -la partie principale- orné de 24 cannelures et par sa base présentant des moulures).

La corniche circulaire, comme les arcades, dont les clefs (haut de la voûte) représentent des mascarons (visages sculptés) et les écoinçons (encoignures) accueillent des bas-reliefs décorés d’amours musiciens, sont en marbre de Carrare. 15 sculpteurs ont participé à la création de l’ensemble, de Coysevox à Le Hongre, en passant par Girardon. François Girardon qui réalisera en 1696 le chef-d’œuvre sculpté qui trône au centre du bosquet: l’Enlèvement de Prospérine, inspiré par la scène mythologique de l’enlèvement de la fille de Cérès (déesse de l'agriculture, des moissons et de la fertilité) par le dieu Pluton, sous les yeux impuissants de la nymphe Cyané.


Ce qui est magnifique et qui fait la rigueur esthétique de ce bosquet, lorsqu’il est en eau, ce sont les jets parfaitement rectilignes qui jaillissent des vasques placées sous les arcades, composant une seconde colonnade aquatique en écho à la colonnade de marbre. Quand en 1704, on crée trois ouvertures en plus de la seule existante pour entrer dans le bosquet, trois vasques sont alors supprimées. L’une d’elles est à Paris, au centre du Grand Bassin du Jardin des Tuileries. Les autres sont dans la salle des Marronniers dans les jardins de Versailles.


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