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LE CHÂTEAU DE JOSSELIN : MILLE ANS D’HISTOIRE AU CŒUR DE LA BRETAGNE

Dominant l’Oust de ses trois imposantes tours, le château de Josselin est l’un des joyaux du patrimoine breton. Son histoire commence au XIe siècle avant qu’Olivier de Clisson n’en fasse une puissante forteresse, puis que les Rohan ne la transforment en prestigieuse résidence. Toujours habité par leurs descendants, le château dévoile aujourd’hui une spectaculaire façade gothique flamboyante, des intérieurs largement réaménagés au XIXe siècle, des jardins et d’anciennes douves. Je vous emmène découvrir son histoire et suivre sa visite guidée, l’un de mes coups de cœur de mon périple en Bretagne.


Josselin depuis les berges
Château de Josselin

Dominant l’Oust de ses hautes tours de pierre, le château de Josselin est l’un des monuments les plus spectaculaires du Morbihan. Forteresse médiévale devenue résidence aristocratique, il présente aujourd’hui deux visages radicalement différents : côté rivière, l’imposante silhouette défensive héritée du Moyen Âge ; côté cour, une extraordinaire façade sculptée, entre gothique flamboyant et premières influences de la Renaissance.


  • Château de Josselin côté Oust
  • Château de Josselin côté cour

Mais Josselin est aussi l’histoire d’une famille. Propriété des Rohan depuis plusieurs siècles et toujours habitée par leurs descendants, la demeure conserve des intérieurs meublés, des portraits et de nombreux souvenirs familiaux. La visite guidée, que j’ai choisie, permet en outre d’accéder au premier étage, fermé lors de la visite libre – enfin, la moitié de l’étage car tout ce qui n’est pas ouvert à la visite est encore utilisé par les propriétaires du château, la famille de Rohan-Chabot.

 

Une heure particulièrement dense mais passionnante et vivante, pour traverser près de mille ans d’histoire bretonne. Un véritable coup de cœur pour ma part, comme la ville qui entoure le château.

 

JOSSELIN, UNE CITÉ NÉE AUTOUR DE SON CHÂTEAU

 

Le château se dresse au cœur de Josselin, à une quarantaine de kilomètres au nord de Vannes. La ville s’est développée sur un promontoire rocheux dominant l’Oust, aujourd’hui intégré au canal de Nantes à Brest, aménagé au XIXe siècle.

 

Ancienne capitale du comté de Porhoët – soit, en breton, le « pays d’outre-forêt » –, Josselin est née autour de sa forteresse. Son nom viendrait de Josselin Ier, fils et successeur de Guéthenoc, premier vicomte de Porhoët. Autour du château s’est progressivement constitué un bourg castral, complété par plusieurs prieurés et par l’église Notre-Dame du Roncier, devenue basilique en 1891.


  • Château de Josselin depuis la rivière
  • entrée de la vieille ville
  • chapelle de la congrégation (18e)
  • rue de Josselin
  • Notre-Dame du Roncier
  • ND du Roncier
  • ND du Roncier
  • ND du Roncier
  • Tombeau de Marguerite de Rohan et Olivier de Clisson

La cité prospère ensuite grâce à ses foires, à son pèlerinage marial et à la fabrication de draps de laine connus sous le nom de « Josselin bureaux », autrefois exportés jusqu’en Angleterre et en Espagne. Ses maisons à pans de bois des XVIe et XVIIe siècles, ses ruelles et les vestiges de ses remparts composent aujourd’hui un remarquable ensemble patrimonial (Plus d’informations sur ma visite de la ville en fin d’article).

 

LE CHÂTEAU DE JOSSELIN : PLUS DE MILLE ANS D’HISTOIRE

 

Avant d’explorer les pièces du château, revenons sur son histoire millénaire, afin de mieux comprendre ses évolutions.

 

De Guéthenoc de Porhoët à la première forteresse

 

L'histoire du château débute traditionnellement en 1008. Guéthenoc, vicomte de Porhoët, quitte alors sa résidence de Château-Tro, située dans l'actuelle commune de Guilliers, pour installer une nouvelle forteresse sur un promontoire dominant la vallée de l'Oust.

 

Le site est stratégique : il permet de surveiller la rivière et plusieurs voies de communication. Le premier château est probablement essentiellement construit en bois – comme souvent les mottes castrales féodales. Son nom, puis celui de la ville qui se développe autour de lui, proviendrait de Josselin, fils de Guéthenoc.


  • Guéthenoc, vicomte de Porhoët
  • Henri II de Plantagenet
  • Conan IV
  • reste de la première forteresse
  • Château de Josselin

La première forteresse ne nous est pas parvenue. Au XIIe siècle, Eudon II de Porhoët, propriétaire du château et ancien tuteur du duc de Bretagne Conan IV, entre en conflit avec celui-ci. En 1168, Henri II Plantagenêt (1133-1189), roi d'Angleterre et allié de Conan IV, intervient : le château est pris et détruit. Eudon (ou Eudes) le fait ensuite reconstruire. De cette seconde forteresse ne subsistent aujourd'hui que les fondations, situées à l'extrémité sud du rocher visibles depuis les bords de l’Oust.


Olivier de Clisson transforme Josselin en puissante forteresse

 

Une nouvelle étape commence en 1370, lorsque le château devient la propriété d'Olivier V de Clisson (1336-1407).

 

Personnage majeur de la guerre de Succession de Bretagne puis de la guerre de Cent Ans, il épouse Marguerite de Rohan (1330-1406) et devient en 1380 connétable de France, c'est-à-dire le plus haut responsable militaire du royaume après le souverain.


  • Olivier de Clisson
  • Marguerite de Rohan
  • Jean de Montfort
  • Jeanne de Penthièvre
  • Charles de Blois

Pour rappel, la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) éclate à la mort du duc Jean III de Bretagne, le 30 avril 1341, sans héritier direct. Deux camps revendiquent alors le duché : Jean de Montfort, demi-frère du défunt, soutenu par le roi d’Angleterre, et Jeanne de Penthièvre, nièce de Jean III, dont les droits sont défendus par son époux Charles de Blois, soutenu par le roi de France.

 

Le conflit breton s’inscrit ainsi dans le contexte plus large de la guerre de Cent Ans - une suite de conflits et de trêves entre la France et l'Angleterre de 1337 à 1453, opposant la dynastie française des Valois à la dynastie anglaise des Plantagenêts pour la succession au trône de France et le contrôle des territoires.

 

Après plus de vingt ans d’affrontements, la guerre de Succession de Bretagne s’achève militairement le 29 septembre 1364 à la bataille d’Auray, où Charles de Blois est tué et où Jean IV, fils de Jean de Montfort, l’emporte et s’impose comme duc de Bretagne.

 

Quoi qu’il en soit, Olivier de Clisson transforme profondément Josselin. Profitant de la position stratégique et géographique du site, il agrandit la forteresse et l'intègre dans un vaste réseau de possessions lui permettant de contrôler une grande partie de la Bretagne centrale et méridionale.

 

Le château est alors doté de neuf tours et d’un puissant donjon. Quatre tours sont disposées le long de l’Oust, quatre autres sur le front nord et une dernière à l’ouest. Une vaste enceinte protège l’ensemble. L’édifice est alors une véritable forteresse, bien plus étendue que le château que nous découvrons aujourd’hui.


  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin

Olivier de Clisson meurt en 1407. Le domaine passe à sa fille Béatrice de Clisson, épouse d’Alain VIII de Rohan : Josselin entre ainsi durablement dans le patrimoine de la maison de Rohan.

 

Des Rohan à Jean II : de la forteresse à la résidence

 

Leur petit-fils, Jean II de Rohan (1452-1516), joue un rôle essentiel dans l’apparence actuelle du château. À la fin du XVe siècle, le contexte politique breton est particulièrement agité. Jean II soutient le roi de France contre le duc François II de Bretagne (1435-1488). En représailles, le château de Josselin est pris et en partie démantelé en 1488.


  • Jean II
  • François II
  • Charles VIII
  • Anne de Bretagne

La situation change rapidement. En 1491, Charles VIII (1470-1498) épouse Anne de Bretagne (1477-1514). Jean II, qui a soutenu le parti français, retrouve les faveurs du pouvoir et entreprend la reconstruction du logis de Josselin.

 

C’est alors que s’élève, entre 1490 et 1510 environ, le grand corps de logis que l’on admire aujourd’hui côté cour. Adossé aux structures de l’ancienne forteresse, il traduit une évolution fondamentale : Josselin reste un château fort, mais devient également une résidence confortable et prestigieuse.


  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin

1603 : les Rohan deviennent ducs

 

En 1603, Henri IV (1553-1610) érige la vicomté de Rohan en duché-pairie au profit d’Henri II de Rohan (1579-1638). Protestant, celui-ci devient l’un des principaux chefs huguenots du royaume sous Louis XIII. Dans le contexte des affrontements opposant la monarchie aux protestants, les places fortes contrôlées par ces derniers constituent un enjeu majeur.


  • Henri II de Rohan
  • Louis XIII
  • Richelieu
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin

Après les rébellions huguenotes, le cardinal de Richelieu (1585-1642) mène une politique visant notamment à réduire leur puissance militaire. En 1629, il fait démanteler une partie du château de Josselin : plusieurs tours et éléments des fortifications sont abattus. Le château perd alors définitivement une grande partie de sa fonction militaire.

 

Les Rohan-Chabot : un mariage d’amour à l’origine d’une nouvelle branche familiale

 

Un autre tournant dynastique intervient au XVIIe siècle avec Marguerite de Rohan (1617-1684), héritière du duché. Protestante, elle souhaite épouser Henri Chabot (1616-1655), catholique et issu d’une famille de rang inférieur à celui des Rohan. Son père, Henri II de Rohan (1579-1638), s’oppose catégoriquement à cette union : de son vivant, le mariage est impossible. Qu’à cela ne tienne ! Marguerite attendra 14 années entre ce refus et la mort du duc son père en 1638 avant d’enfin envisager son mariage.


  • Marguerite de Rohan
  • Henri Chabot
  • Henri II de Rohan
  • Anne de Bretagne

Un autre problème se pose cependant : en épousant Henri Chabot, Marguerite risque de voir son nom, son rang et l'immense patrimoine des Rohan passer à son époux et à une autre lignée. Elle sollicite alors Anne d’Autriche (1601-1666), veuve de Louis XIII, régente et mère du jeune Louis XIV, afin d’obtenir l’autorisation de conserver et de transmettre les titres et le nom de sa famille.

 

L’accord est obtenu, mais à une condition : Marguerite, jusque-là protestante, doit se convertir au catholicisme et ses descendants devront eux aussi être catholiques. Pour la régente, le retour dans le giron catholique de l’héritière d’une famille aussi puissante que les Rohan, longtemps à la tête du parti protestant, représente également un succès politique et religieux.

 

Marguerite accepte et épouse Henri Chabot en 1645. De cette union naît la maison de Rohan-Chabot : leurs descendants portent le nom et les titres des Rohan tout en conservant l’héritage des Chabot. Leur blason raconte encore cette alliance, puisqu’il associe les célèbres macles des Rohan, ces losanges évidés, aux chabots, les poissons figurant dans les armes de la famille Chabot.


  • Blason des Rohan
  • Blason des Rohan
  • Blason des Rohan-Chabot
  • Blason des Rohan-Chabot
C’est cette branche des Rohan-Chabot qui possède encore aujourd’hui le château de Josselin.

Du délaissement à la sauvegarde du château

 

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Rohan résident de moins en moins à Josselin, lui préférant notamment leurs résidences parisiennes – lorsqu’on a des ambitions nationales et internationales, mieux vaut se rapprocher du pouvoir, à Paris. Le château connaît alors différentes utilisations.


En 1776, une partie du rez-de-chaussée accueille notamment une manufacture de coton destinée à fournir du travail aux enfants pauvres. Pendant la Révolution française, le château est réquisitionné et sert notamment de dépôt et de prison.

 

Au début du XIXe siècle, son état devient préoccupant. Notre guide cite d’ailleurs le constat sévère de Prosper Mérimée (1803-1870) qui, en 1836, estime que les transformations successives rendent difficile la compréhension des différentes époques du monument.

 

Au XIXe siècle, le château renaît

 

Cependant, vers 1835, Charles-Louis-Josselin de Rohan-Chabot (1788-1875), 10e duc de Rohan, entreprend la restauration du château. Le chantier s’intensifie à partir des années 1850. Les parties les plus dégradées sont restaurées et les intérieurs profondément réaménagés grâce à Alain de Rohan-Chabot (1844-1914), 11e duc de Rohan, et son épouse Herminie de la Brousse de Verteillac (1853-1926). Le résultat est, entre autres, le travail de l’architecte Jules de La Morandière (1813-1883) puis de son successeur Henri Lafargue (1852-1931).


  • Alain de Rohan
  • Herminie
  • Alain de Rohan
  • Plis de serviette
  • Salle à Manger avec cheminée "ALAIN"
  • Salon d'Herminie

Les intérieurs que l’on visite aujourd’hui portent donc fortement la marque du XIXe siècle : boiseries (notamment ces panneaux de chênes sculptés en « pli de serviette » typiques de l’époque) , cheminées, mobilier et décors recréent l’atmosphère d’une grande demeure aristocratique tout en intégrant des éléments plus anciens.

 

Le château redevient progressivement une véritable résidence familiale. Il l’est encore aujourd’hui.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, il accueille également un hôpital destiné aux soldats convalescents. Plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, il est réquisitionné par les Allemands. Une explosion survenue le 6 août 1944 endommage une partie de la charpente et des toitures, qui devront être restaurées.

 

Maintenant que vous connaissez son histoire, poussons les portes de la façade côté jardin du château de Josselin.

 

UNE ARCHITECTURE À DEUX VISAGES

 

C’est probablement l’une des choses les plus fascinantes à Josselin : selon le côté depuis lequel on l’observe, on pourrait presque croire que l’on regarde deux châteaux différents.

 

Côté Oust : la forteresse médiévale

 

Depuis les berges de l’Oust, le château conserve toute sa puissance militaire – je vous conseille de vous positionner sur le pont qui mène au quartier de Sainte-Croix. La vue est saisissante !


  • Vue du Château de Josselin depuis le pont
  • Rive opposée au Château de Josselin et pont
  • Château de Josselin

Trois grandes tours rondes coiffées de hautes toitures en poivrière encadrent le corps de logis. Murailles, mâchicoulis et élévation sur le promontoire rocheux rappellent la forteresse développée par Olivier de Clisson au XIVe siècle.

 

Côté cour : l'exubérance du gothique flamboyant

 

Le contraste est spectaculaire lorsque l’on pénètre dans la cour. La façade élevée sous Jean II de Rohan entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle s’étend sur plus de 60 mètres. Son décor, caractéristique du gothique flamboyant auquel se mêlent les premières influences de la Renaissance – comme beaucoup de nobles de l’époque, il a lui aussi réalisé son « grand tour », ce voyage à la découverte des merveilles de l’Italie - transforme le granit en véritable dentelle de pierre.


  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin

De grandes lucarnes interrompent la haute toiture d’ardoise tandis qu’un exceptionnel ensemble sculpté court le long de la façade : pinacles, arcs en accolade, sculptures et motifs héraldiques enrichissent le tout.

 

Et il faut regarder attentivement les détails. On retrouve notamment les macles, ces losanges évidés qui constituent l’emblème héraldique des Rohan, ainsi que l’hermine, symbole de la Bretagne.

 

Apparaît également à plusieurs reprises la lettre A couronnée qui pourrait renvoyer à Alain VIII de Rohan (1355-1429), mais aussi à la duchesse Anne de Bretagne (1477-1514), principale bénéficiaire politique de l’alliance entre les Rohan et le pouvoir royal à cette époque.


  • Devise "A Plus"
  • Château de Josselin
  • Macles

Enfin, la façade porte la devise de Jean II de Rohan : « À PLUS ». Une formule bien différente de notre « à plus » - à plus tard – qui signifie «  sans plus », autrement dit « sans supérieur » - sous-entendu à la famille de Rohan. Une manière pour les Rohan d’affirmer, jusque dans la pierre, leur rang et leurs ambitions.

 

VISITER LE CHÂTEAU DE JOSSELIN

 

Deux formules permettent de découvrir les intérieurs : une visite libre limitée au rez-de-chaussée, et une visite guidée donnant également accès au premier étage. J’ai choisi cette seconde formule – vous vous en doutez - et je la recommande vraiment. Pendant environ une heure, on traverse les principales pièces du château en remontant à la fois l’histoire des Rohan et celle du monument.

 

La visite est très complète et particulièrement vivante. Elle est aussi assez dense : une heure passe vite et le rythme est soutenu, mais sans jamais nous perdre dans des explications inutiles ou tout au moins trop complexes.

 

LE REZ-DE-CHAUSSÉE : ESPACES DE VIE ET DE RÉCEPTION

 

Commençons par le rez-de-chaussée. Une visite commune aux parcours libre et guidé.

 

L’antichambre : le château médiéval derrière le décor

 

La visite commence par une première antichambre. Un détail permet immédiatement de comprendre la construction du château : le mur de l’une des anciennes tours médiévales est encore visible à l’intérieur de la pièce. Il montre très concrètement comment le logis construit sous Jean II de Rohan a été adossé aux murailles de la forteresse préexistante. Le château résidentiel n’a donc pas remplacé entièrement le château fort : il est venu s’appuyer contre lui.


  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin

C’est également l’occasion d’observer les armoiries des Rohan-Chabot, dans lesquelles les macles des Rohan côtoient les poissons – les chabots – de la famille Chabot.

 

La salle à manger

 

On rejoint ensuite la grande salle à manger, dont l’aménagement actuel appartient essentiellement aux restaurations du XIXe siècle.

 

Son décor néogothique est particulièrement spectaculaire : grande cheminée où on peut lire, en toute modestie, le nom d’Alain, en référence à Alain de Rohan-Chabot ; boiseries où sont inscrits les noms d’Alian et Herminie de Rohan-Chabot et leurs enfants ; mobilier et armes familiales… participent à la reconstitution d’un décor médiéval idéalisé tel que le XIXe siècle aimait à l’imaginer.


  • Salle à manger - Château de Josselin
  • Salle à manger - Château de Josselin
  • Salle à manger - Château de Josselin
  • Salle à manger - Château de Josselin
  • Salle à manger - Château de Josselin
  • Salle à manger - Château de Josselin

Face à la cheminée monumentale trône une grande statue équestre d’Olivier de Clisson, réalisée par Emmanuel Frémiet (1824-1910) – sculpteur du « Saint-Michel terrassant le dragon » (1897) en haut du Mont-St-Michel, ou encore de la Jeanne d'Arc (1874) dorée près des Tuileries à Paris.

 

Le grand salon

 

Le parcours se poursuit dans le grand salon, lui aussi largement réaménagé au XIXe siècle. Le mobilier mêle différentes époques et rappelle que Josselin est moins un château-musée figé dans une période précise qu’une demeure familiale constituée et enrichie au fil des générations.


  • Salon- Château de Josselin
  • Salon- Château de Josselin
  • Salon- Château de Josselin
  • Salon- Château de Josselin
  • Salon- Château de Josselin
  • Salon- Château de Josselin
  • Salon- Château de Josselin
  • Salon- Château de Josselin

Parmi les œuvres conservées figure notamment un portrait de Louis XIV (1638-1715) par Hyacinthe Rigaud (1659-1743) offert à la famille par le Roi Soleil lui-même au 17e siècle. On retrouve également des portraits de membres de la famille et plusieurs œuvres et objets d'art accumulés par les Rohan, comme cette horloge de 1770 réalisée en bois doré par l’horloger Jean-François Ageron et offerte par le roi Luis XV à la famille de Rohan. Au-delà d’être remarquable, elle a manqué de disparaître : le 12 juillet 1998, la France fête sa victoire à la coupe du monde de football. À Josselin, comme dans tout le pays, les scènes de liesse envahissent les rues. Des cambrioleurs vont alors profiter du bruit ambiant qui couvre les alarmes pour s’infiltrer dans le château et dérober la pendule. Heureusement, répertoriée et invendable, elle est retrouvée par la police alors que les brigands tentaient de la revendre – ils seront arrêtés.

 

La cheminée du début du XVIe siècle est sculptée de la devise « A PLUS » - et si vous regardez bien, le visage de Jean II de Rohan apparaît au centre du « P ».

 

La bibliothèque et la petite antichambre

 

La bibliothèque conserve environ 3 000 ouvrages, dont l’essentiel date du XIXe siècle. On y observe une table-escabeau du XVIIIe siècle qui permettait à la fois de servir de bureau mais aussi d’échelle pour attraper les livres. La cheminée, elle aussi du XVIe siècle a été repeinte au XIXe.


  • Bibliothèque - Château de Josselin
  • Bibliothèque - Château de Josselin
  • Bibliothèque - Château de Josselin
  • Bibliothèque - Château de Josselin
  • Bibliothèque - Château de Josselin
  • Bibliothèque - Château de Josselin
  • Antichambre - Château de Josselin
  • Antichambre - Château de Josselin

La bibliothèque conduit à une seconde antichambre, espace plus intime où sont réunis plusieurs portraits familiaux, notamment ceux de Marguerite de Rohan, Henri de Chabot et leurs trois filles. Notez que cette petite pièce est un lieu de passage réservé à la famille. C’est pourquoi ces tableaux ne possèdent pas nécessairement la perfection attendue d’un portrait d’apparat. On s’aperçoit par exemple que Jeanne Pélage de Rohan, au centre, a été peinte avec… six doigts ! Un de ces petits détails que l’on ne remarquerait probablement jamais sans la visite guidée.

 

La salle aux portraits

 

On pénètre ensuite dans une pièce installée dans l’une des anciennes tours médiévales. Au XIXe siècle, elle sert notamment de cabinet de travail au duc Alain de Rohan-Chabot. Un escalier intérieur lui permet alors de rejoindre directement sa chambre située à l’étage.


  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin

Les murs rassemblent plusieurs générations de portraits familiaux : la grande histoire du château laisse ici davantage de place à celle de ceux qui l'ont habité.

 

Un système de chauffage sous le château

 

La visite permet également de comprendre certains aspects beaucoup plus pratiques de la vie quotidienne. Au sous-sol subsistent notamment les éléments d’un calorifère, système permettant de produire puis de diffuser de l’air chaud dans la demeure. Un rappel que la restauration du XIXe siècle ne cherchait pas uniquement à recréer un décor historique : il fallait aussi rendre cette immense demeure habitable et relativement confortable.


  • Château de Josselin
  • Château de Josselin

À L’ÉTAGE : DANS L’INTIMITÉ D’HERMINIE DE ROHAN

 

C’est ici que la visite guidée prend tout son intérêt : contrairement au parcours libre, elle permet de monter au premier étage.

 

La chambre d’Herminie

 

On découvre notamment la chambre d’Herminie de La Brousse de Verteillac (1853-1926), épouse d’Alain de Rohan-Chabot. Femme de lettres, poétesse et personnalité de la vie mondaine et culturelle de son époque, elle publie plusieurs ouvrages : elle sera la première lauréate du Prix Femina, pendant féminin du Prix Goncourt.


  • Chambre d'Hermini - Château de Josselin
  • Chambre d'Hermini - Château de Josselin
  • Chambre d'Hermini - Château de Josselin
  • Chambre d'Hermini - Château de Josselin
  • Chambre d'Hermini - Château de Josselin
  • Chambre d'Hermini - Château de Josselin

Sa chambre, aux murs rouges, rassemble mobilier, portraits et souvenirs familiaux. On y découvre notamment des œuvres représentant plusieurs générations de femmes de la famille.

 

L’engagement d’Herminie durant la Première Guerre mondiale est aussi rappelé ici : elle transformera son hôtel particulier parisien en hôpital auxiliaire, et recevra pour cela la Légion d’Honneur, dont la médaille est présentée ici.

 

Le salon d’Herminie

 

La visite se poursuit dans son salon, qui rassemble une étonnante diversité d’objets et de mobilier. Mobilier du XVIIIe siècle, chaise à porteur, portraits, objets de collection ou encore habits masculins du XVIIIe siècle évoquent autant l’histoire familiale que le mode de vie de l’aristocratie sous l’Ancien Régime.


  • Salon d'Hermini - Château de Josselin
  • Salon d'Hermini - Château de Josselin
  • Salon d'Hermini - Château de Josselin
  • Salon d'Hermini - Château de Josselin
  • Salon d'Hermini - Château de Josselin

C'est précisément ce mélange qui fait l'intérêt des intérieurs de Josselin : on ne visite pas une succession de pièces reconstituées autour d'une seule époque, mais une demeure habitée dont les collections se sont constituées au fil du temps.

 

LES JARDINS, LES DOUVES ET LES DÉPENDANCES

 

La visite ne s’arrête évidemment pas aux appartements. Il faut absolument profiter des extérieurs.

 

La roseraie et le parc

 

Les jardins actuels sont principalement liés à la restauration du domaine entreprise à partir du XIXe siècle. Lorsque les Rohan décident de réinvestir Josselin, ils achètent plusieurs parcelles afin d’agrandir le domaine. Platanes, tulipiers de Virginie, séquoias géants et autres essences viennent progressivement enrichir le parc.


  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Tour de la forteresse restante
  • roseraie
  • roseraie

Dans les années 1910, le célèbre paysagiste Achille Duchêne (1866-1947) dessine le jardin à la française qui s’étend devant la façade sculptée. Plus récemment, le parc a été réaménagé et enrichi de nombreuses espèces. La roseraie compte une quarantaine de variétés, dont la Duchesse de Rohan, créée en 1838, et la rose Herminie, créée en 2018 en hommage à la duchesse.

 

Marcher dans les anciennes douves

 

On peut également descendre dans les anciennes douves. J’ai particulièrement apprécié cet espace, car il permet de changer totalement de point de vue sur le château et de retrouver physiquement l’emprise de l’ancienne forteresse. Les douves abritent plusieurs sculptures, dont deux lions en marbre réalisés par le duc Alain de Rohan à la fin du XIXe siècle.


  • douves
  • douves
  • douves

Les anciennes cuisines et les écuries

 

Sous le château se visitent également les anciennes cuisines. Après les salons et chambres d’apparat, elles permettent d'aborder une autre facette du domaine :  celle de son fonctionnement quotidien et de tous ceux qui travaillaient au service de la famille.


  • cuisines
  • cuisines
  • cuisines
  • écuries
  • écuries

De la même façon, en remontant un peu plus haut dans les jardins, on découvre une évocation des anciennes écuries avec du matériel équestre et des tenues portées par les hommes et les femmes au XIXe siècle pour monter à cheval. Mais la majeure partie des écuries a été transformée en musée de Poupées et de Jouets.

 

LE MUSÉE DE POUPÉES ET DE JOUETS

 

L’origine de la collection du musée de Poupées et de Jouets remonte à 1880, lorsque Herminie de Rohan-Chabot commence à réunir poupées, souvenirs et objets. Près d’un siècle plus tard, Antoinette de Rohan retrouve ces collections dans les greniers du château et décide de les inventorier et de les enrichir. Le musée ouvre en 1984.


  • Musée de Poupées et de jouets - Château de Josselin
  • Musée de Poupées et de jouets - Château de Josselin
  • Musée de Poupées et de jouets - Château de Josselin
  • Musée de Poupées et de jouets - Château de Josselin
  • Musée de Poupées et de jouets - Château de Josselin
  • Musée de Poupées et de jouets - Château de Josselin
  • Musée de Poupées et de jouets - Château de Josselin
  • Musée de Poupées et de jouets - Château de Josselin

Les collections comprennent aujourd’hui plusieurs milliers de poupées, jouets, jeux, trains, voitures et autres objets provenant de différentes époques et de nombreux pays. Une partie seulement est présentée à la fois, permettant au musée de renouveler régulièrement ses expositions.

 

MON AVIS : UN VRAI COUP DE CŒUR

 

Josselin aura été l’un de mes véritables coups de cœur de ce séjour breton, aussi bien pour le château que pour la ville. Difficile d’abord de ne pas être impressionné par la silhouette de cette forteresse dominant l’Oust. Mais le château devient encore plus intéressant lorsqu’on en franchit les portes : derrière les trois puissantes tours médiévales se cache la spectaculaire façade de Jean II de Rohan, puis une demeure familiale profondément transformée au XIXe siècle et toujours habitée aujourd’hui.



Je recommande particulièrement la visite guidée. Elle dure environ une heure, elle est vivante, très complète et surtout permet d’accéder à des pièces fermées au public – et ça, j’aime beaucoup. Les explications et anecdotes données par la guide permettent également de remarquer quantité de détails qui passeraient autrement inaperçus.

 

Il faut enfin prendre le temps de poursuivre par les jardins, les anciennes douves, les cuisines et, selon ses centres d’intérêt, le musée de Poupées et de Jouets.

 

Une visite riche qui permet de comprendre à la fois une grande forteresse bretonne, une demeure aristocratique et l’histoire exceptionnelle d’une famille présente ici depuis plusieurs siècles.

 

POUR ALLER PLUS LOIN : VISITER JOSSELIN

 

Surtout, ne repartez pas après la visite du château ! Josselin mérite largement quelques heures supplémentaires. La ville conserve un patrimoine particulièrement riche et le circuit proposé par l’Office de Toursime permet de découvrir ses principaux monuments à pied.

 

Je vous conseille notamment la basilique Notre-Dame du Roncier, où se trouve le monumental tombeau d’Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan. Commandé au début du XVe siècle par leur gendre Alain VIII de Rohan, il constitue un lien particulièrement intéressant avec l’histoire découverte quelques minutes auparavant au château.


  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin

Mais au fait, pourquoi ce nom de « Notre-Dame du Roncier » ? Tout se passe au Xie siècle. Un paysan aurait trouvé une statue de la Vierge dans un buisson de ronces (ronce / roncier, vous l’avez ?). Chaque jour il l’aurait rapportée chez lui, et chaque matin on la retrouvait de nouveau dans les ronces. On décide alors d’ériger sur ces mêmes ronces une chapelle. Aujourd’hui, la statue a disparue, brûlée à la Révolution.

 

Une fois la basilique visitée, montez en haut du clocher. De là, la vue est imprenable sur le château et les environs !


  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin
  • Notre-Dame de Roncier - Josselin

Poursuivez par les rues du centre historique et leurs nombreuses maisons à pans de bois des XVIe et XVIIe siècles, notamment la maison des Porches et la maison des Cariatides, construite en 1538.


  • rue Beaumanoir et rue des Trente
  • chapelle de la Congrégation
  • Josselin
  • rue des Vierges
  • Maison des Porches
  • Maison des Cariatides

La rue des Trente rappelle quant à elle le célèbre Combat des Trente de 1351, épisode de la guerre de Succession de Bretagne opposant trente combattants franco-bretons commandés par Jean de Beaumanoir à trente combattants du camp adverse.

 

Enfin, traversez l’Oust pour rejoindre le quartier Sainte-Croix. C’est depuis cette rive que l’on obtient l’une des plus belles vues sur le château. Le quartier conserve également la chapelle Sainte-Croix, dont la nef remonte au XIe siècle, ainsi que plusieurs anciennes maisons de marchands.


  • quartier Sainte-Croix - Josselin
  • quartier Sainte-Croix - Josselin
  • quartier Sainte-Croix - Josselin
  • quartier Sainte-Croix - Josselin
  • quartier Sainte-Croix - Josselin
  • quartier Sainte-Croix - Josselin

Quoi qu’il en soit, l’ensemble château + vieille ville + berges de l’Oust forme pour moi l’une des plus belles étapes patrimoniales de mon voyage en Bretagne.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

  • Quoi ? Le château de Josselin avec le château, les jardins, les anciennes cuisines, la sellerie et le musée de Poupées et de Jouets.

  • Où ? Château de Josselin

    Place de la Congrégation

    56120 Josselin

  • Accès ? Josselin se situe dans le Morbihan, à environ 40 kilomètres au nord de Vannes. En voiture, la ville est notamment accessible par la RN24. Plusieurs parkings publics permettent ensuite de rejoindre le centre historique et le château à pied.

  • Quand ? Pour la saison 2026, le domaine est ouvert du 4 avril au 1er novembre. Les horaires peuvent varier selon les périodes : mieux vaut les vérifier avant la visite.

  • Combien ? En 2026, la visite guidée est proposée à 14,50 € pour un adulte, contre 11,50 € pour la visite libre. Des tarifs réduits et enfants sont proposés.

 

Toutes les informations sur le site du château de Josselin.

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