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LE CHÂTEAU DE PONTIVY : L’UNE DES DERNIÈRES FORTERESSES MÉDIÉVALES DE BRETAGNE

il y a 18 heures
15 min de lecture

Construit à la fin du XVe siècle par le puissant Jean II de Rohan, le château de Pontivy est à la fois une forteresse adaptée à l’artillerie et une résidence seigneuriale. De son étonnant décor sculpté à ses anciens appartements en passant par son chemin de ronde, sa visite raconte plus de cinq siècles de transformations. Aujourd’hui en pleine restauration, le château offre une découverte aussi passionnante qu’inhabituelle.


Château de Pontivy
Château de Pontivy - Bretagne

Au cœur du Morbihan, à égale distance ou presque des côtes nord et sud de la Bretagne, Pontivy possède un visage singulier. La ville réunit en effet deux ensembles urbains très différents : une cité ancienne dominée par le château des Rohan, avec ses ruelles étroites et ses maisons à pans de bois, et une ville nouvelle aux avenues rectilignes, imaginée sous Napoléon Ier lorsque Pontivy fut rebaptisée Napoléonville.


  • Ville de Pontivy
  • Ville de Pontivy
  • Ville de Pontivy
  • Chapelle Saint-Ivy dans le centre ville de Pontivy
  • Basilique Notre-Dame-de-la-Joie, centre ville de Pontivy
  • Basilique Notre-Dame-de-la-Joie, centre ville de Pontivy
  • Basilique Notre-Dame-de-la-Joie, centre ville de Pontivy
  • Basilique Notre-Dame-de-la-Joie, centre ville de Pontivy
  • Basilique Notre-Dame-de-la-Joie, centre ville de Pontivy
  • Hôtel de Roscoët, XVIe
  • Hôtel de Roscoët, XVIe
  • Château de Pontivy, Bretagne

C’est au nord du centre historique que se dresse le château de Pontivy. Également appelé château des Rohan, il fut construit à la fin du XVe siècle pour Jean II de Rohan (1452-1516), à la fois comme forteresse et comme résidence seigneuriale, pour montrer toute sa puissance et sa richesse face aux ducs de Bretagne.

 

Avec son plan quadrangulaire, ses puissantes tours rondes, ses douves et ses mâchicoulis, il compte parmi les derniers grands châteaux forts bâtis en Bretagne. Mais derrière son apparence médiévale se lisent déjà les transformations de la Renaissance, notamment dans l’aménagement de ses espaces résidentiels et dans son décor sculpté.

 

Longtemps propriété de la famille de Rohan, le château appartient depuis 2015 à la Ville de Pontivy. Fragilisé par l’effondrement d’une partie de sa courtine sud en 2014, il fait aujourd’hui l’objet d’un vaste projet de restauration et de valorisation. Il reste néanmoins accessible lors de visites guidées, qui permettent d’en découvrir l’histoire mouvementée, l’architecture et une partie des espaces intérieurs, en fonction de l’avancement des travaux. Une visite guidée que j’ai suivie et que je recommande : vivante, riche, et emmenée avec expertise et humour par notre guide, je l’ai trouvée passionnante.

 

LE CHÂTEAU DE PONTIVY, FORTERESSE ET RÉSIDENCE DES ROHAN

 

Pontivy, capitale de la vicomté de Rohan

 

L’histoire du château de Pontivy est indissociable de celle de la maison de Rohan, l’une des plus puissantes familles de la noblesse bretonne puis française. La lignée apparaît au début du XIIe siècle, lorsque la grande vicomté de Porhoët, dont le siège se trouve à Josselin, est divisée. Une partie du territoire revient à Alain de Porhoët, frère du vicomte. Vers 1124, celui-ci fait construire une forteresse au lieu-dit Roc’han ou Roch’an, « petit rocher » en breton, sur les bords de l’Oust. Il adopte alors le nom de ce nouveau fief et devient Alain Ier de Rohan.

 

Les Rohan étendent progressivement leurs possessions dans le centre de la Bretagne. À la fin du Moyen Âge, leur territoire s’organise notamment autour de plusieurs places fortes, parmi lesquelles Josselin, La Chèze et Pontivy. Cette dernière, située dans une position plus centrale que le bourg de Rohan, devient en 1396 le chef-lieu de la vicomté.


  • Château de Josselin
  • Château de Josselin
  • Château de Josselin

La famille appartient alors à la haute noblesse bretonne. Elle multiplie les alliances avec les grandes maisons du duché et du royaume de France, exerce d’importantes responsabilités politiques et militaires et affirme son rang par la construction de châteaux, de chapelles, de manoirs et de palais. Son influence dépasse largement la Bretagne : les Rohan posséderont également des demeures à Paris, Strasbourg ou Bordeaux.

 

Un premier château au bord du Blavet

 

Le château que l’on visite aujourd’hui n’est pas la première forteresse construite à Pontivy. Un ancien château féodal, appelé château des Salles, se trouvait en contrebas, à proximité du fleuve le Blavet. Attesté au Moyen Âge, il fut notamment assiégé en 1342 par des troupes anglaises pendant la guerre de Succession de Bretagne.

 

Pour rappel, la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) éclate à la mort du duc Jean III de Bretagne, le 30 avril 1341, sans héritier direct. Deux camps revendiquent alors le duché : Jean de Montfort, demi-frère du défunt, soutenu par le roi d’Angleterre, et Jeanne de Penthièvre, nièce de Jean III, dont les droits sont défendus par son époux Charles de Blois, soutenu par le roi de France. Le conflit breton s’inscrit ainsi dans le contexte plus large de la guerre de Cent Ans. Après plus de vingt ans d’affrontements, il s’achève militairement le 29 septembre 1364 à la bataille d’Auray, où Charles de Blois est tué et où Jean IV, fils de Jean de Montfort, l’emporte et s’impose comme duc de Bretagne.


  • Jean III de Bretagne
  • Jean de Montfort
  • Jeanne de Penthièvre
  • Charles de Blois
  • Jean IV de Bretagne
  • Bataille d'Auray

Endommagé puis progressivement abandonné, le premier château disparaît. En 1456, son emplacement fut donné aux Cordeliers, qui y installèrent un couvent. Jean II de Rohan choisit alors un nouveau site, plus élevé et mieux adapté aux besoins défensifs de son époque, pour construire une forteresse capable de contrôler l’accès à Pontivy.

 

Jean II de Rohan, le « Grand Vicomte »

 

Le château actuel est principalement l’œuvre de Jean II de Rohan, né en 1452 et mort en 1516. Fils d’Alain IX de Rohan et de Marie de Lorraine, il appartient à la branche aînée de la maison de Rohan. Il est vicomte de Rohan, comte de Porhoët et seigneur de nombreuses terres bretonnes.

 

Surnommé le « Grand Vicomte » en raison de sa puissance et de son immense fortune, Jean II est l’un des principaux personnages politiques de la Bretagne de la fin du XVe siècle. Il épouse Marie de Bretagne, fille du duc François Ier de Bretagne, ce qui le rapproche directement de la famille ducale.


  • François 1er de Bretagne
  • Jean II de Rohan
  • Marie de Bretagne
  • François II de Bretagne
  • Charles VIII
  • Château de Pontivy

Sa position politique reste cependant complexe. Tantôt allié, tantôt adversaire du duc François II, Jean II de Rohan nourrit de grandes ambitions et joue un rôle important pendant les dernières décennies de l’indépendance bretonne. Il soutient ensuite le rapprochement de la Bretagne avec le royaume de France et reçoit en 1489 le collier de l’ordre de Saint-Michel des mains du roi Charles VIII (1470-1498).

 

La construction du château de Pontivy aurait commencé dans les dernières décennies du XVe siècle, probablement autour de 1479. Le chantier se poursuit jusqu’au début du XVIe siècle, le château étant vraisemblablement habitable dès les années 1480. Certaines sources élargissent néanmoins la période de construction de 1484 à environ 1510, ce qui correspond sans doute aux différentes campagnes d’aménagement et de décoration du monument.

 

Une forteresse adaptée à l’artillerie

 

Le château de Pontivy conserve l’apparence générale d’une forteresse médiévale. Son plan forme un quadrilatère irrégulier autrefois cantonné de quatre tours circulaires, reliées par de hautes courtines.

 

Cette architecture est toutefois conçue à une époque où le développement des armes à feu transforme profondément les techniques militaires. Les murailles sont donc moins hautes et particulièrement épaisses  – l’enjeu n’est plus d’empêcher les adversaires de passer les murailles avec leurs échelles, mais la résistance aux projectiles : elles atteignent par endroits plusieurs mètres afin de mieux résister aux tirs de canon. Les tours rondes offrent moins d’angles morts que les anciennes tours carrées et permettent une défense plus efficace.


Le château est implanté dans une vaste cuvette creusée à flanc de coteau. Les douves qui l’entourent n’auraient jamais été mises en eau : elles constituent surtout un obstacle sec, destiné à maintenir les assaillants à distance des murailles. L’élévation d’une contrescarpe – un talus de terre très haut – autour de ces douves permettaient également d’empêcher les coups de canon d’arriver jusqu’à la forteresse.


  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Château de Pontivy, Bretagne

Les parties basses sont élevées en moellons de schiste local. Au-dessus, les mâchicoulis, les encadrements de fenêtres et les éléments sculptés utilisent notamment le granite. Les mâchicoulis permettaient aux défenseurs de surveiller et de protéger le pied des murs depuis le chemin de ronde, et d’y jeter des pierres ou de la poix – et non de l’huile ou de l’eau bouillante, deux denrées trop précieuses.

 

L’entrée s’effectue aujourd’hui par un pont dormant en pierre, aménagé au XVIIIe siècle. À l’origine, le château possédait deux pont-levis en bois : un pont charretier et un pont piéton. Ils ont disparu, mais les rainures verticales visibles au-dessus des portes témoignent encore de leur mécanisme et accueillaient les flèches permettant de relever leurs tabliers.

 

Entre château fort et résidence de la Renaissance

 

Malgré ses puissantes défenses, Pontivy n’est pas seulement une place militaire. Jean II de Rohan souhaite également disposer d’une résidence confortable, prestigieuse et adaptée au mode de vie d’un grand seigneur de la Renaissance. Une manière de montrer son rang et sa richesse.

 

La façade donnant sur la ville conserve un caractère défensif très marqué. À l’intérieur de la cour, en revanche, l’aspect militaire s’efface au profit de la fonction résidentielle du château. Les aménagements ont cependant beaucoup évolué au cours des siècles, notamment aux XVIIe et XVIIIe siècles, lorsque l'ancienne forteresse se transforme progressivement en résidence de plaisance. Les pont-levis et leurs contrepoids disparaissent, le chemin de ronde est en partie transformé pour accueillir de petites pièces, tandis que certaines fenêtres sont agrandies ou nouvellement percées afin d'apporter davantage de lumière et de confort.


  • Cour intérieure, Château de Pontivy, Bretagne
  • Cour intérieure, Château de Pontivy, Bretagne
  • Cour intérieure, Château de Pontivy, Bretagne
  • Blason des Rohan
  • Détail façade, Château de Pontivy, Bretagne
  • Détail façade, Château de Pontivy, Bretagne
  • Détail façade, Château de Pontivy, Bretagne
  • Détail façade, Château de Pontivy, Bretagne

La façade extérieure n’est pourtant pas dépourvue d’ornements. Son décor sculpté se glisse jusque dans l’architecture militaire : les mâchicoulis présentent un décor particulièrement soigné et une frise de feuilles de chou rappelle le vocabulaire du gothique flamboyant. Lions, singes, chiens, dragons et autres créatures empruntées au bestiaire médiéval peuplent également la façade. Parmi les sculptures les plus intrigantes figure un personnage masculin surnommé « le constructeur », qui pourrait représenter Jean II de Rohan, commanditaire du château, sans que cette identification soit certaine. Une autre représente la fée Mélusine sous la forme d’une sirène, personnage légendaire auquel le Moyen Âge attribuait la construction de nombreux châteaux.

 

La famille de Rohan affirme également son identité à travers ses armoiries : neuf macles d’or – des losanges évidés – sur fond rouge. Sculptées dans le granite, ces macles sont visibles à différents endroits du château. À gauche de la porte piétonne, elles ne sont aujourd’hui plus que six : la transformation d’une ancienne meurtrière en petite fenêtre a modifié la composition originelle.

 

Une forteresse disputée

 

En 1488, alors que la Bretagne traverse une grave crise politique et militaire, le château est pris et occupé par les troupes du duc François II, adversaire de Jean II de Rohan. La forteresse revient néanmoins à la famille en 1490.

 

Cet épisode montre que le château n’est pas seulement une demeure prestigieuse. Il constitue aussi un point stratégique dans le contrôle du centre de la Bretagne, à proximité des routes traversant le duché.

 

Le château, bastion du protestantisme breton

 

Au XVIe siècle, une partie de la famille de Rohan adopte la Réforme protestante. Le château de Pontivy devient alors l’un des principaux foyers du protestantisme breton. En 1561, Henri Ier de Rohan y fonde une Église réformée. La chapelle du château est transformée en lieu de culte protestant et accueille notamment, en 1572, un synode provincial. Elle aurait ainsi compté parmi les premiers temples protestants établis en France.

 

  • Henri 1er de Rohan
  • Henri IV
  • Duc de Mercoeur
  • Entrée de la chapelle
  • Chapelle
  • Intérieur de la chapelle

Pendant les guerres de Religion, Pontivy est une place particulièrement convoitée. En 1589, le château est assiégé par les troupes de la Ligue catholique, dans le cadre du conflit qui oppose en Bretagne Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, gouverneur de la province et chef des Ligueurs bretons, aux partisans du roi Henri IV. Soutenu notamment par l’Espagne, Mercœur cherche alors à imposer son autorité sur la Bretagne. Le château capitule et sa chapelle, transformée en temple protestant quelques décennies plus tôt, retrouve sa fonction catholique.

 

La ville et le château sont rendus aux Rohan à la fin des guerres de Religion. Plusieurs parties du monument sont alors remaniées ou disparaissent, notamment l’ancien logis oriental, dont la destruction est traditionnellement replacée dans ce contexte troublé.

 

Transformations et occupations successives

 

À partir du XVIIe siècle, le rôle militaire du château diminue. Les Rohan, devenus ducs et pairs de France en 1603, l’une des plus hautes fonctions du royaume, séjournent de moins en moins régulièrement à Pontivy. Ils privilégient notamment leur château de Josselin ainsi que leurs résidences parisiennes – bien mieux pour renforcer un pouvoir et des charges nationales voire internationale.

 

Le château connaît alors plusieurs transformations. Une construction en terrasse occupe l’angle sud dès le début du XVIIe siècle. Les espaces intérieurs sont remaniés au fil du temps afin de s’adapter à de nouveaux usages.


  • Terrasse
  • façade intérieure
  • détail façade intérieure
  • Escalier de Marguerite de Rohan
  • Escalier de Marguerite de Rohan
  • Marguerite de Rohan

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la forteresse perd progressivement une partie de son caractère militaire pour devenir une résidence de plaisance. Plusieurs dispositifs défensifs disparaissent ou sont transformés : les pont-levis sont supprimés, le chemin de ronde est en partie aménagé en petites pièces et certaines ouvertures sont agrandies. Au XVIIIe siècle, Marguerite de Rohan (1617-1684) fait notamment aménager un nouvel escalier, volontairement décentré afin de desservir directement ses appartements.


  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Chambre XVIIIe
  • Chemin de ronde

Après la Révolution française, l’édifice perd sa fonction seigneuriale. Puis au XIXe siècle, certaines interventions cherchent au contraire à redonner au château une silhouette jugée plus pittoresque. Le chemin de ronde redevient visible depuis les tours donnant sur la rue, tandis que la contrescarpe occidentale est abaissée de plus de trois mètres et que les terres retirées servent à remblayer une partie du fossé.

 

Au XIXe et au début du XXe siècle, il accueille alors différents occupants et usages. Des familles y sont logées, certaines pièces sont subdivisées, tandis que le château sert ponctuellement à des associations, aux scouts ou à des activités sportives.

 

De la famille de Rohan à la Ville de Pontivy

 

Le château reste juridiquement la propriété de la famille de Rohan jusqu’au XXIe siècle. En 1953, un bail emphytéotique de 99 ans est signé entre la famille et la Ville de Pontivy pour un franc symbolique. La municipalité prend alors en charge l’entretien, la restauration et la valorisation du monument.

 

Une importante campagne de travaux est conduite de 1955 à 1972 sous la direction de René Lisch, architecte en chef des Monuments historiques. Le château restauré est ensuite utilisé pour des expositions et des manifestations culturelles. Sa protection patrimoniale s’effectue en plusieurs étapes. Certaines parties sont d’abord inscrites au titre des Monuments historiques, avant que les façades, les toitures, la cour et les fossés ne bénéficient d’un classement.

 

En février 2014, après un hiver particulièrement pluvieux et le passage de la tempête Petra, une partie de la courtine sud s’effondre. Cet accident entraîne la fermeture du monument et le lancement d’un vaste chantier de sécurisation, de reconstruction et d’étude archéologique. La courtine est reconstruite à l’aide d’une structure en béton armé, ensuite habillée d’un parement de pierres. Les matériaux anciens encore utilisables sont réemployés et complétés par de nouveaux moellons.


  • Ecroulement au Château de Pontivy, Bretagne
  • Fouilles et vestiges
  • fouilles et vestiges

Au cours des travaux, des fouilles archéologiques mettent notamment au jour deux anciens fours dans la cour. Le plus grand pourrait avoir servi à cuire le pain, tandis que le plus petit aurait peut-être été destiné à des préparations plus fines, éventuellement des pâtisseries.

 

Dans ce contexte, Josselin de Rohan, alors propriétaire du château, accepte de le céder à la Ville pour un euro symbolique. L’acte de cession est signé en 2015. La commune devient ainsi pleinement responsable de son avenir.

 

Un château en pleine transformation

 

Depuis la reconstruction de la courtine sud, achevée en 2019, la Ville poursuit un projet plus large de restauration et de valorisation. L’objectif n’est pas seulement de conserver les murs, mais de transformer progressivement le château en un véritable équipement patrimonial, culturel et touristique. Le projet associe trois dimensions : la restauration architecturale, l’aménagement paysager et la création d’un parcours muséographique.

 

À terme, le monument doit notamment comprendre un accueil du public, une librairie, des espaces de détente, une boucle de visite permanente au premier étage, des expositions temporaires ainsi que des salles destinées aux ateliers, aux visites accompagnées et aux événements. En attendant l’achèvement de ce programme, le château reste vivant. Des visites guidées, des ateliers, des conférences, des animations familiales, des visites nocturnes et des événements ponctuels y sont organisés tout au long de l’année.

 

VISITER LE CHÂTEAU DE PONTIVY

 

Une visite guidée indispensable

 

En raison des travaux en cours, le château n’est pas accessible en visite libre – exceptées la cour et la chapelle. Il se découvre principalement lors des visites guidées proposées par l’Office de tourisme de Pontivy. La visite dure environ une heure et demie. Elle retrace les différentes vies du monument : forteresse et résidence seigneuriale des Rohan, place stratégique, bastion protestant pendant les guerres de Religion, édifice progressivement délaissé, puis monument restauré et ouvert au public.

 

L’accès aux espaces peut évoluer en fonction de l’avancement du chantier. Le parcours exact est donc susceptible de changer légèrement d’une visite à l’autre. Voici celui que j’ai suivi.

 

L’approche extérieure

 

La découverte commence par une lecture du site depuis les abords du château. Sa position est assez étonnante. Contrairement aux forteresses installées au sommet d’un éperon, le château paraît presque encaissé dans le coteau. Jean II de Rohan fit en effet creuser le terrain afin de placer l’édifice dans une vaste cuvette défensive.

 

Depuis l’extérieur, la visite permet d’observer les fossés, les puissantes tours circulaires, l’épaisseur des murailles et les mâchicoulis. Le guide explique ainsi comment le château fut adapté au développement de l’artillerie et comment son architecture combine encore les formes du Moyen Âge avec les innovations de la fin du XVe siècle.


  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Mélusine

La façade occidentale, tournée vers la ville, permet également d’observer son riche décor sculpté : animaux du bestiaire médiéval, motifs du gothique flamboyant, macles des Rohan, mais aussi l’énigmatique « constructeur », qui pourrait représenter Jean II de Rohan, et une représentation de la fée Mélusine – une figure souvent associée à la construction des châteaux.

 

On découvre également l’ancien système d’accès au château. Le pont de pierre actuel date du XVIIIe siècle : il a remplacé les deux pont-levis en bois qui permettaient autrefois de franchir les fossés.

 

La cour intérieure

 

Le passage du pont dormant et de la porte permet d’accéder à la cour. Et le contraste est frappant : une fois franchies les puissantes murailles, l’aspect militaire s’efface largement au profit de celui d’une résidence.

 

Les façades donnant sur la cour témoignent cependant de plusieurs siècles de transformations. Les ouvertures ont notamment été agrandies au XVIIIe siècle afin d’améliorer le confort et la luminosité des appartements. La disparition de certains bâtiments, notamment l’ancien logis oriental, rend par ailleurs aujourd’hui le château beaucoup plus ouvert qu’il ne l’était à l’origine.


  • Cour intérieure, Château de Pontivy, Bretagne
  • Cour intérieure, Château de Pontivy, Bretagne
  • Cour intérieure, Château de Pontivy, Bretagne
  • Cour intérieure, Château de Pontivy, Bretagne

Les fouilles conduites après l’effondrement de 2014 ont également renouvelé la connaissance de cette cour, avec la découverte de deux fours anciens. Leur présence rappelle que le château était aussi un lieu de vie, peuplé de serviteurs, de soldats, d’artisans et d’officiers chargés du fonctionnement quotidien de la résidence. Les fouilles ont aussi permis de mettre à jour les fondations d’une tour derrière la chapelle – une tour similaire à celles que l’on observe encore aujourd’hui.

 

Les salles accessibles

 

La visite intérieure débute par la chapelle, qui occupe une place essentielle dans l’histoire du château. Tour à tour catholique, temple protestant puis de nouveau catholique, elle rappelle notamment le rôle joué par Pontivy comme l’un des foyers du protestantisme breton au XVIe siècle. Elle accueille aujourd’hui régulièrement des œuvres d’art contemporain.


  • Chapelle, Château de Pontivy, Bretagne
  • Chapelle, Château de Pontivy, Bretagne
  • Chapelle, Château de Pontivy, Bretagne
  • Galerie
  • Escalier de Marguerite de Rohan

De là, le parcours rejoint une galerie dont les fenêtres ont été agrandies au XVIIIe siècle, puis l’escalier aménagé à la même époque par Marguerite de Rohan. Sa position décentrée n’est pas fortuite : plutôt que d’occuper le centre du bâtiment, il lui permettait de rejoindre directement ses appartements.

 

La visite se poursuit à travers les anciens espaces résidentiels, avec une antichambre puis une chambre aménagée dans l’une des tours, avec son alcôve du XVIIIe siècle ornée de boiseries sculptées qui témoigne des transformations apportées à l'ancienne forteresse pour l'adapter à un mode de vie beaucoup plus confortable.


  • Chemin de Ronde
  • chemin de ronde
  • vue depuis le chemin de ronde
  • Galerie
  • Chambre XVIIIe
  • Chambre XVIIIe

On rejoint ensuite le chemin de ronde, avant de poursuivre dans le corps de bâtiment donnant sur l’avant du château. La galerie que l’on traverse aujourd’hui n’est pas une disposition ancienne : elle résulte des restaurations menées au XXe siècle, dans les années 1960. À l’origine, cet espace était vraisemblablement divisé en plusieurs pièces disposées en enfilade.

 

Le parcours conduit ensuite dans une autre tour, qui conserve un élément particulièrement précieux : la seule charpente du XVe siècle encore conservée dans le château.


  • Charpente XVe
  • cheminée
  • Cheminée
  • Château de Pontivy, Bretagne
  • Cheminée
  • Cheminée

Plusieurs grandes cheminées attirent également le regard au fil de la visite. Malgré leur apparence parfaitement adaptée aux lieux, elles ne sont pas originaires du château de Pontivy : datées du XVIe siècle, elles proviennent d’un autre château et ont été installées ici lors des restaurations du XXe siècle. C’est aussi pourquoi les armoiries que l’on pourrait s’attendre à trouver sur leurs manteaux ne sont pas celles des Rohan.

 

Ce parcours permet finalement de lire les différentes strates de l’histoire du monument : derrière la forteresse de Jean II de Rohan apparaissent les transformations résidentielles des siècles suivants, puis les restaurations du XXe siècle et, désormais, le vaste chantier engagé pour préparer le château de demain.

 

Un monument que l’on découvre en chantier

 

Le caractère encore partiellement inaccessible du château pourrait sembler frustrant. Il constitue aussi l’un des intérêts particuliers de la visite actuelle. Pontivy permet en effet d’observer un monument au milieu de sa transformation. La visite ne raconte pas seulement un château figé à la fin du Moyen Âge : elle montre comment un édifice historique est étudié, consolidé, restauré puis adapté à l’accueil du public.

 

Le futur parcours muséographique doit mettre en relation l’histoire de la famille de Rohan, l’architecture militaire, la vie quotidienne dans la résidence, le protestantisme, les usages successifs du château et les découvertes réalisées lors des fouilles.

 

MON AVIS

 

Visiter le château de Pontivy aujourd’hui est une expérience assez inhabituelle, puisque le monument est encore en plein chantier de restauration. On ne découvre donc pas un château entièrement restauré et aménagé, mais un édifice en pleine transformation, dont certaines parties restent encore inaccessibles et dont le parcours est susceptible d’évoluer au rythme des travaux.

 

Loin d’être un défaut, j’ai trouvé que cette situation faisait aussi tout l’intérêt de la visite. Notre guide était passionnant, plein d’anecdotes, tout en restant très rigoureux sur l’histoire et l’architecture du château. Ses explications permettent notamment de distinguer ce qui appartient réellement au château de la fin du XVe siècle de ce qui résulte des transformations des XVIIIe et XIXe siècles ou des restaurations plus récentes.

 

Une visite que je recommande donc, d’autant qu’elle offre presque une photographie du château à un moment précis de son histoire. Et elle donne surtout envie de revenir dans quelques années, lorsque le chantier aura encore avancé, pour découvrir comment Pontivy poursuit sa nouvelle vie.

 

Attention pour les visites guidées : le point de rendez-vous n’est pas situé au château, mais à la Boutique Côté Tourisme, 21 quai Presbourg, à environ dix minutes à pied. Je n’avais pas compris cette indication et me suis directement rendu devant le château : j’ai finalement pu rejoindre le groupe sur place, mais j’ai manqué les premières explications consacrées à la ville. Mieux vaut donc prévoir quelques minutes supplémentaires et bien rejoindre le point de départ indiqué lors de la réservation.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

  • Quoi ? La visite guidée du château de Pontivy

  • Où ? Château de Pontivy

    63, rue du Général-de-Gaulle

    56300 Pontivy

    Le départ des visites guidées estivales s’effectue à la Boutique Côté Tourisme, 21 quai Presbourg, à proximité du Blavet.

  • Accès ? Le château se situe à quelques minutes à pied du centre historique.

    L’accès peut se faire par un escalier situé face au 40, rue du Général-de-Gaulle, ou par un chemin incliné partant du Jardin des Sens, au 53 de la même rue.

  • Quand ? Du 6 juillet au 29 août 2026 :

    lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 11 h et 16 h ;

    mardi : 16 h ;

    samedi : 15 h.

    Chaque visite dure environ 1h30. Les horaires et le parcours peuvent évoluer en fonction des travaux. Réservation conseillée, le nombre de places étant limité.

  • Combien ?

    • Tarif plein : 7,50 euros ;

    • Tarif réduit : 5 euros pour les 8-18 ans, les étudiants, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RSA et les personnes en situation de handicap ;

    • Gratuit pour les moins de 8 ans ;

    • Tarif famille : 23 euros pour deux adultes et deux enfants.

 

Réservation auprès de l’Office de tourisme de Pontivy Communauté ou sur sa billetterie en ligne. Téléphone : 02 97 25 04 10.

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