« MADAME DE SÉVIGNÉ, LETTRES PARISIENNES »AU MUSÉE CARNAVALET DU 15 AVRIL AU 23 AOÛT 2026

À l’occasion du 400ᵉ anniversaire de la naissance de Madame de Sévigné (1626-1696), née à Paris le 5 février 1626, le Musée Carnavalet – Histoire de Paris consacre une exposition aussi élégante qu’intelligente à l’une des figures les plus célèbres de la littérature française.
Avec « Madame de Sévigné, Lettres parisiennes », c’est tout un monde qui renaît: celui du Paris du XVIIᵉ siècle, de ses salons, de ses intrigues, de ses rumeurs… et surtout de son quotidien, saisi avec finesse par une plume exceptionnelle.
Réunissant plus de 200 œuvres - peintures, manuscrits, objets, dessins - l’exposition propose bien plus qu’un portrait: une immersion dans une époque à travers le regard d’une femme libre, observatrice attentive et chroniqueuse incomparable de son temps.
MADAME DE SÉVIGNÉ, UNE PLUME AU CŒUR DU GRAND SIÈCLE
Née à Paris le 5 février 1626, place Royale (actuelle place des Vosges), Marie de Rabutin-Chantal appartient à une ancienne noblesse bourguignonne. Orpheline très jeune, elle est élevée par ses grands-parents maternels, les Coulanges, qui lui offrent une éducation soignée et rare pour une jeune fille de son temps.
Madame de Sévigné par Claude Lefebvre vers 1665
En 1644, elle épouse Henri de Sévigné, gentilhomme breton. De cette union naissent deux enfants, Françoise-Marguerite et Charles. Mais en 1651, son mari meurt en duel: à seulement 25 ans, Madame de Sévigné se retrouve veuve. Cette situation, douloureuse mais décisive, lui confère une liberté nouvelle qui lui permet de s’imposer dans les cercles les plus brillants de la capitale.
Elle fréquente alors les salons du Marais, notamment ceux de la marquise de Rambouillet ou de Madeleine de Scudéry, et participe pleinement à cette culture galante où la conversation et l’esprit règnent en maîtres.
C’est pourtant dans l’écriture épistolaire qu’elle trouve sa véritable voix. À partir de 1671, lorsque sa fille épouse le comte de Grignan et s’installe en Provence, au château de Grignan, Madame de Sévigné entame avec elle une correspondance régulière, souvent plusieurs lettres par semaine. Pendant près de trente ans, elle y raconte tout: la vie quotidienne, les événements politiques, les intrigues de cour, les modes, les maladies, les émotions.
Château de Grignan Château de Grignan Château de Grignan Françoise-Marguerite de Grignan Sépulture de Madame de Sévigné Collégiale Saint-Sauveur de Grignan
Installée à partir de 1677 à l’hôtel Carnavalet, dans le Marais, elle partage son temps entre Paris, la Bretagne (aux Rochers) et la Provence, où réside sa fille.
En 1694, elle quitte définitivement Paris pour rejoindre Françoise-Marguerite au château de Grignan. C’est là qu’elle s’éteint le 17 avril 1696, à l’âge de 70 ans. Elle y est enterrée dans la collégiale Saint-Sauveur adjacente au château, scellant pour toujours le lien profond qui l’unissait à sa fille et à cette terre provençale.
UNE EXPOSITION AU CŒUR DE SON HISTOIRE… ET DE SA MAISON
Le choix du lieu n’est pas anodin. Le Musée Carnavalet est installé dans l’hôtel particulier où Madame de Sévigné vécut près de vingt ans, de 1677 jusqu’à sa mort.
Dans ses lettres, elle évoque d’ailleurs avec enthousiasme cette demeure du Marais, qu’elle surnomme affectueusement « la Carnavalette ».
Hôtel Carnavalet Hôtel Carnavalet Hôtel Carnavalet Hôtel Carnavalet
L’exposition prend ainsi une dimension presque intime : on découvre l’écrivaine dans son propre cadre de vie, entre espaces reconstitués, évocations du quotidien et objets liés à son univers.
PARCOURS DE VISITE : UN VOYAGE DANS LE PARIS DU XVIIᵉ SIÈCLE
Postérités
Le parcours s’ouvre sur la manière dont Madame de Sévigné a traversé les siècles. Publiée après sa mort par sa petite-fille Pauline de Simiane, sa correspondance rencontre un immense succès et contribue à forger une image durable de chroniqueuse libre du Grand Siècle.
Madame de Sévigné, étude préparatoire à la sculpture du jardin du Parc de Vitré en Ille-et-Vilaine Coffret de la tabatière de Louis XVIII, Sèvres, 1819-20 Bureau dit "de Madame de Sévigné", 1730-1750 Recueil des lettres de Madame de sévigné, 1737 Lettres de Madame de Sévigné, 1907 Boîtes pour la maison La Marquise de Sévigné (Chocolats), vers 1930
Dès le XVIIIᵉ siècle, elle est érigée en modèle du style épistolaire, avant de devenir au XIXᵉ siècle une figure majeure du patrimoine littéraire français. Portraits, objets, références artistiques ou populaires témoignent de cette véritable « sévignémania » qui participe à sa légende.
Une jeunesse dans le Marais
Le parcours nous ramène ensuite aux origines, dans ce quartier du Marais où naît et grandit Madame de Sévigné.
Au XVIIᵉ siècle, ce secteur est un centre majeur de la vie aristocratique et intellectuelle parisienne. Entre hôtels particuliers, lieux de sociabilité et institutions religieuses, il façonne durablement son regard sur le monde.
Saint-François de Sales remettant les Règles et Constitutions à Jeanne de Chantal (grand-mère) Place Royale vers 1665 La Place Royalle ou l'amoureux extravagant, Pierre Corneille, 1637
On y découvre une jeune femme évoluant dans un environnement privilégié, nourri de culture et d’échanges.
Dans le cercle des femmes
L’exposition met alors en lumière le rôle déterminant des femmes dans la vie culturelle du Grand Siècle.
Madame de Sévigné fréquente des salons prestigieux, notamment celui de la marquise de Rambouillet ou encore les réunions de Madeleine de Scudéry. Ces cercles, où se développe la culture galante, constituent de véritables foyers d’invention littéraire et sociale.
Exposition Madame de sévigné, Musée Carnavalet Françoise d'Aubigné, Madame de Maintenon, Pierre Mignard, après 1674 Boiseries de la chapelle dorée de l'église Saint-Gervais Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, Philippe de Champaigne, 1646 Marquise de sévigné, Jean Nocret, 1645-50 Combat de Filandre et du Maure, Manufacture de Nevers, 1660-65 L'Astrée, Honoré d'Urfé, 1647 Madeleine de Scudéry, Juste d'Edgmot, 1640 François VI, duc de la Rochefoucauld, Pierre Mignard, 1662 Lettre à Gilles Ménage sur la poésie italienne Le Grand Dictionnaire des Précieuses, 1661 Anne d'Autriche, 1643 Episode de la Fronde, 1652 Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville, 1640 gobelet et soucoupe, atelier des Laudin
Ils permettent aussi l’émergence d’une parole féminine influente, dans un monde encore largement dominé par les hommes.
Chroniques politiques
Observatrice attentive de son époque, Madame de Sévigné suit de près les événements politiques du règne de Louis XIV (1643-1715).
À travers ses lettres, elle relate les affaires marquantes - comme le procès de Nicolas Fouquet ou l’affaire des Poisons - mais aussi les intrigues de cour, les rivalités et les jeux de pouvoir.
Nicolas Fouquet Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle Colbert Madame de Montespan soutenue par les Grâces et couronnée par les Amours, Ferdinand, 1667 Feu d'artifices du 9 mai 1664 marquanr la fin des Plaisirs de l'île enchantée, 1664 Louis XIV devant la grotte de Téthys, après 1670 La Marquise de Brinvilliers Scène de Sabbat, 1633 Le Labyrinthe de Versailles d'après Jean de La Fontaine, 1675
Sans occuper de fonction officielle, elle en livre une lecture personnelle, souvent vive et lucide, qui constitue aujourd’hui une source précieuse pour comprendre les coulisses du pouvoir.
« Paris comme il est »
C’est sans doute l’une des sections les plus vivantes de l’exposition.
À travers ses lettres, Madame de Sévigné nous entraîne dans un Paris en mouvement, fait de promenades, de visites, de conversations et de nouvelles glanées au fil de la journée.
Le Galérien, Sébastien Leclerc, 1664 Les Bains en Seine devant le pont Rouge, avant 1664 Vue de Paris depuis le Pont Neuf, 1665-69 Les cris de Paris: le marchand d'oublies, Abraham Bosse, vers 1630 Le marché aux Fleurs, quai de la Mégisserie, vers 1680
Elle décrit une ville animée, où se croisent les mondes, entre vie mondaine, pratiques religieuses et préoccupations du quotidien. Ses écrits deviennent ainsi une véritable cartographie sensible de la capitale.
La « Carnavalette »
Au cœur du parcours : une immersion dans l’intimité de Madame de Sévigné, au sein même de l’hôtel Carnavalet. Installée ici à partir de 1677, elle organise sa vie entre sociabilité et moments de solitude, nécessaires à l’écriture et à la réflexion.
Exposition Madame de sévigné, Musée Carnavalet Marquise de Sévigné, Robert Nanteuil, 1666-71 Carte de Paris de Madame de Sévigné Cabinet au Jugement de Pâris, 17e Tapisserie
L’exposition évoque ce quotidien à travers les objets, les usages et les rythmes de vie, offrant un regard sensible sur la femme derrière l’écrivaine.
MON AVIS
Une exposition à l’image de celles du Musée Carnavalet : juste, élégante et remarquablement documentée. On y apprend beaucoup, sans jamais se sentir submergé. Le parcours est clair, fluide, et surtout très incarné.
Ce qui frappe, c’est la modernité de Madame de Sévigné : son regard, sa liberté, son humour… autant d’éléments qui rendent la visite vivante et accessible.
Une belle manière de redécouvrir une figure majeure du patrimoine littéraire, tout en plongeant dans le Paris du Grand Siècle.
INFORMATIONS PRATIQUES
Quoi ? Exposition « Madame de Sévigné, Lettres parisiennes »
Où ? Musée Carnavalet – Histoire de Paris
23 rue Madame de Sévigné, Paris 3ᵉ
Accès ? Métro : Saint-Paul ou Chemin Vert
Quand ? Du 15 avril au 23 août 2026
Ouvert tous les jours de 10h à 18h (sauf le lundi)
Combien ? Plein tarif : 15 € / Tarif réduit : 13 €
Gratuit pour les moins de 18 ans
Toutes les informations sur le site du musée Carnavalet – Histoire de Paris.



I found the way Madame de Sévigné’s letters reveal everyday life in 17th-century Paris especially fascinating. After reading about history and culture, I sometimes relax with That's Not My Neighbor for a completely different kind of observation challenge.