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LE MUSÉE MARIA CALLAS D’ATHÈNES : DE MARIA À LA DIVINA

Musée Maria Callas Athènes silhouette studio 1
Musée Maria Callas Athènes

En 2023, le monde de l’opéra, et plus généralement celui de la culture, célébrait le 100e anniversaire de la légendaire soprano grecque à la voix d’or, Maria Callas (2 décembre 1923 – 16 septembre 1977).

 

À cette occasion, la municipalité d’Athènes a inauguré, le 26 octobre dernier, le Musée Maria Callas, le tout premier musée au monde dédié à la cantatrice la plus iconique du 20e siècle. Situé au cœur de la ville, à deux pas de la célèbre place Syntagma où se trouve le parlement grec, ce nouveau lieu culturel propose une immersion inédite et passionnante dans la vie et l'œuvre de celle qui, de Maria Anna Cecilia Sofia Kalogeropoulos, la jeune fille un peu gauche née dans le quartier grec de New-York, à la célébrissime diva Maria Callas, bouleversera les codes de l’art lyrique.



J’ai eu la chance d’être invité par la ville d’Athènes pour visiter ce musée atypique qui s’inscrit comme un véritable hommage à la diva internationale qui a fait, et fait encore, la fierté nationale du peuple grec. Comme le dit d’ailleurs Kostas Bakoyannis, le maire d'Athènes: « Athènes doit cet honneur à la légendaire Divina. Le Musée Maria Callas, le premier au monde, nous rend tous fiers.»

 

Le Musée Maria Callas est ainsi un lieu incontournable pour les admirateurs de l’artiste comme pour les amateurs de musique et de culture du monde entier. Car ce lieu étonnant, et inédit dans son genre, n’est pas réservé aux seuls experts de la Callas et d’opéra. Son objectif est simple : faire découvrir Maria Callas à un large public, sa personnalité complexe, son histoire et la grandeur de son talent.

 

LE MUSÉE MARIA CALLAS : UNE EXPÉRIENCE CULTURELLE IMMERSIVE

 

Au cours de ma visite, j’ai eu le plaisir de rencontrer Erato Koutsoudaki, architecte et commissaire de l’exposition, Andromaque Gkazi, conservatrice du Musée, et Maria Florou, Directrice. Chacune m’a accompagné dans ma découverte du musée, partageant les enjeux et les spécificités innovantes de ce lieu atypique, mais aussi leur passion pour la personnalité, la carrière et l’œuvre de Maria Callas.

 

Dans une scénographie à la fois didactique, interactive et inspirante, le Musée Maria Callas offre aux visiteurs une expérience immersive unique qui permet d’explorer les différentes facettes de la femme et de l’artiste, bien au-delà de la légende.

 

Tout au long du parcours, textes, objets, vidéos et extraits audio déroulent la vie et la carrière de celle qu’on n’appellera très vite plus que «La Callas» : son histoire – de son enfance newyorkaise à sa révélation internationale en Italie, en passant par ses débuts prometteurs en Grèce ; sa vie privée, un peu - sa famille, ses amours (son mari Giovanni Battista Meneghini et son amant Aristote Onassis), son entourage ; sa vie publique – la célébrité, la vie mondaine ; l’opéra, surtout - son extraordinaire technique vocale, sa tessiture unique et ses grands rôles ; ou encore sa personnalité singulière et son héritage culturel et artistique.



Richement documenté, le musée n’a cependant pas pour but l’exhaustivité. Il s’agit avant tout de montrer que derrière les robes, la vie privée et publique parfois mouvementée de l’icône, réside une artiste de talent, une femme à la vie remplie, travailleuse, professionnelle et fragile à la fois. On découvre alors la richesse de sa carrière, combien elle a compté dans l’histoire de l’art lyrique, mais aussi pourquoi et comment elle compte encore aujourd’hui : modernisant l’opéra, ses talents d’actrice et sa présence scénique vont ainsi changer la manière de jouer des cantatrices qui, jusqu’alors statiques sur scène, étaient souvent réduites à leur seule voix.

 

Enfin, la vocation du musée se veut également pédagogique. En proposant un programme d’éducation musicale et de formation accessible à tous les âges, il s’agit ainsi d’encourager la passion pour la musique et l’art lyrique auprès de tout type de public.

 

LE MUSÉE MARIA CALLAS : UNE COLLECTION RICHE ET UNIQUE

 

La collection du musée, constituée de près de 1 000 pièces, témoigne de la richesse et de la diversité de la vie de Maria Callas. Initiée en 2 000 par la municipalité d'Athènes à la suite d’une vente aux enchères historiques à Paris, elle s'est enrichie au fil des années grâce à des dons de particuliers (comme le couple d’artistes et mécènes Konstantinos et Victoria Pilarinos) et d'institutions (notamment l’Association hellénique Maria Callas). Encore aujourd’hui, des collectionneurs et amoureux de la Callas, heureux qu’un tel lieu lui soit enfin dédié, contactent le musée pour prêter ou donner des pièces qu’ils possèdent.



Quoi qu’il en soit, à travers les nombreux documents (livres, carnets, extraits audio et vidéo…), objets personnels (vêtements, bijoux, lettres) ou témoins de son immense carrière (costumes de scène, livrets d’opéra…), le musée Maria Callas offrent une rencontre intime et inédite avec la Divina, et s’impose comme un hommage franc et touchant à la femme comme à l’artiste talentueuse, pionnière et audacieuse qu’elle a été.

 

LE MUSÉE MARIA CALLAS : UN BÂTIMENT CHARGÉ D'HISTOIRE

 

Bâti dans l’entre-deux-guerres (1928) et classé depuis les années 1950, le bâtiment qui abrite le musée a d’abord accueilli un hôtel, l’Hôtel Royal, avant d’héberger les services de la municipalité d’Athènes, propriétaire des lieux depuis les années 2010.



Lorsque l’idée d’un musée dédié à Maria Callas émerge, la ville propose alors de l’installer dans cet édifice historique. Un lieu du patrimoine athénien que je vous recommande d’explorer également d’un point de vue architectural, et que l’on ne peut manquer avec sa superbe façade jaune vif.

 

Petit plus : si vous le pouvez, demandez à monter au troisième étage. D’ici, la vue sur l’Acropole et la cathédrale d’Athènes est magnifique.



Enfin, sachez que la mise en œuvre du Musée Maria Callas, ainsi que sa gestion, ont été confiées à Technopolis, l’un des centres culturels les plus animés d’Athènes. Créé en 1999 dans une ancienne usine à gaz reconvertie par la municipalité, Technopolis accueille un musée (le musée du Gaz industriel), des événements culturels, un incubateur de startups (Innovathens) et la station de radio municipale (Athènes 9.84 FM).

 

LE MUSÉE MARIA CALLAS : UN PARCOURS DE VISITE MULTISENSORIEL

 

C’est dans l’ascenseur de l’ancien hôtel particulier où est logé le musée que débute la visite. Ici, la rencontre avec Maria Callas est immédiate : nous sommes en effet accueillis par l’un des rares enregistrements que nous ayons d’elle parlant grec.

 

Le parcours débute alors au deuxième étage. Après la découverte d’un glossaire interactif qui permet à chacun.e de comprendre le langage de l’opéra, l’immersion dans le monde de la Callas commence.



À travers quatre salles, ou plutôt quatre studios, qui s’enchaînent, nous sommes instantanément et durablement plongés dans l’univers lyrique de la Divina.

 

La première salle, feutrée, sombre, révèle une silhouette en ombre chinoise de la cantatrice et, autour de nous, puissant, le son de sa voix dans Norma. On peut rester ici autant de temps qu’on le souhaite, et je dois dire que j’y ai passé un bon moment, tant la sensation est intense.



Le deuxième studio allie le son à l’image. Dans un décor de théâtre, où l’on peut s’assoir, on admire les talents d’actrice de Maria Callas dans La Tosca.



La troisième salle que l’on découvre nous transporte dans l’intimité de l’appartement parisien de la Diva, le tout bercé par un extrait chanté de La Traviata.



Enfin, le quatrième studio permet d’écouter les conseils précieux dispensés par Maria Callas aux étudiants de la célèbre école de musique new-yorkaise Julliard, lors de deux masterclass en 1971 et 1972. On découvre ici aussi des extraits vidéos de certaines des plus grandes performances de la cantatrice qui illustrent ses principales caractéristiques vocales. J’ai ainsi pris plaisir à réécouter l’un de mes airs préférés : « O mio babbino caro » de l’opéra « Gianni Schicchi » (1918) de Giacomo Puccini.



La suite de l’exposition se poursuit au premier étage par une découverte à la fois chronologique et thématique de la Callas. Vous serez d’abord accueillis par une bibliothèque composée de livres lui ayant appartenu, puis par des œuvres d’art contemporaines inspirées par la Divina. Le parcours débute alors.



Pour faciliter la visite, chacune des différentes sections de l’exposition présente les grandes étapes et caractéristiques de la vie de Maria Callas suivant un même ensemble d’outil : une frise avec des dates liées à des événements importants succinctement résumés, puis des objets, documents, photos et/ou vidéos servent d’illustrations. Faciles d’accès, ces différents éléments permettent à toutes et tous, même aux moins expert.e.s, de comprendre rapidement la chronologie des faits. Et pour les plus fervents amateurs ou connaisseurs, un deuxième niveau de lecture est possible pour chaque section grâce à des documents plus précis, des livres et des extraits audios plus détaillés.



Suivant ce parti-pris muséographique, l’exposition se divise entre des espaces dédiés à la vie de Maria Callas et d’autres reprenant les grandes caractéristiques de sa personnalité privée et publique – carrière, image, entourage.

 

LES GRANDES ÉTAPES DE SA VIE, D’ABORD.

 

Les débuts (1923-1940)

 

Maria Anna Cecilia Sofia Kalogeropoulos naît le 2 décembre 1923 à New-York. Ses parents, originaires du Péloponnèse, y ont émigré en 1920 (certainement après avoir perdu leur fils aîné).


Chérie de son père, elle est souvent dénigrée par une mère autoritaire qui, en 1937, décidera de quitter son mari pour regagner la Grèce. Témoin de sa jeunesse newyorkaise abrégée, le musée présente un carnet où ses camarades de classes ont tous écrit un mot d’adieu.



De retour à Athènes, sa mère, qui s’est aperçu qu’elle était dotée d’une belle voix, décide d’inscrire la jeune Maria au Conservatoire National. Cependant, les inscriptions ne sont ouvertes qu’à partir de 16 ans. Qu’à cela ne tienne ! Pleine d’ambition pour sa fille de 14 ans, elle n’hésite pas à mentir sur son âge et à la vieillir pour arriver à ses fins. Maria se souviendra plus tard avoir été privée de son enfance.

 

Dès la première année, en 1938, la jeune fille se fait remarquée sur la scène du Conservatoire National. À tel point qu’elle est transférée au Conservatoire d’Athènes en 1939, où enseigne l’une des plus grandes chanteuses du début du 20e siècle, l’espagnole Elvira de Hidalgo (1891-1980).

 

Sa carrière en Grèce (1940-1945)

 

En 1940, à peine trois ans après son arrivée à Athènes, celle qui n’a pas encore pris le nom de Callas, signe son premier contrat avec l’Opéra National de Grèce. Sa carrière est lancée, la presse parle d’elle, et malgré la guerre, elle se fera remarquée dans plusieurs productions, n’hésitant pas, parfois, à jouer pour de la nourriture aux heures les plus sombres de l’occupation allemande.



Cependant, en désaccord avec les décisions de l’Opéra National Grec, elle décide de claquer la porte en 1945 et de rejoindre son père à New-York où elle espère entamer une carrière internationale.

 

Sa carrière internationale (1945-1965)

 

Le succès ne sera pas au rendez-vous aux États-Unis. Maria, qui se fait désormais appelée Maria Callas, quitte une nouvelle fois New-York pour l’Italie en 1947 où elle doit jouer le rôle-titre de la Giocconda de Ponchielli dans les arènes de Vérone. C’est un succès !

 

Là, elle rencontre son mentor, le célèbre chef d’orchestre Tullio Serafin qui lui apprend les rouages du métier et lui explique comment elle doit servir la musique. Sa voix, bien sûr, mais aussi ses costumes, son attitude, ses expressions et son jeu d’actrice doivent transcender les notes et porter l’émotion des airs qu’elle interprète.



C’est aussi en Italie qu’elle rencontre son mari : l’homme d’affaire Giovanni Battista Meneghini qu’elle épouse en 1949. Il a 30 ans de plus qu’elle mais il est riche et ambitieux. Il devient son manager en même temps que son sponsor. Libérée de toute question financière, Maria Callas peut alors se consacrer entièrement au travail de son art et au développement de sa carrière.

 

En 1951, elle signe son premier contrat avec la Scala de Milan. Elle enchaîne ensuite les rôles - Les Vêpres siciliennes , La Traviata, La Vestale, Norma, Médée, La Tosca… - et conquiert les plus grandes scènes du monde : l’opéra de Rome, la Scala de Milan, la Fenice de Venise en Italie ; le Metropolitan Opera de New York où elle chante pour la première fois en 1956 ; le Covent Garden Opera à Londres ; l’opéra Garnier à Paris où elle fait un triomphe en 1958…

 

Sa carrière internationale est donc belle et bien lancée., à ceci près qu’elle ne reviendra chanter en Grèce que trois fois : en 1957 à Athènes, et en 1960 & 1961 à Epidaure, où elle demandera à ce que toutes les recettes soient reversées à l’opéra d’Athènes pour ouvrir une bourse à destination des étudiants en musique.



Cette section dédiée à sa carrière est riche de nombreux extraits vidéo que je vous invite à prendre le temps d’écouter.

 

Sa vie mondaine et sociale (1959-1968)

 

En parallèle de sa carrière internationale, Maria Callas embrasse une vie mondaine et sociale des plus étourdissante.

 

Cette période de vie fastueuse correspond à la naissance de son histoire d’amour la plus connue, et aussi la plus mouvementée : la rencontre avec Aristote Onassis, le richissime armateur grec.


Elle le rencontre lors d’un dîner en 1957 (le musée présent ici le menu de cette soirée). Il est célibataire, elle est toujours mariée, ce qui n’empêche pas leur idylle de commencer rapidement.



Avec lui, elle découvre la vie sociale, la vie de femme. C’est le seul homme dont elle aura été réellement amoureuse, et à ses côtés, elle est rayonnante.

 

Dans cette section, on découvre ainsi des affaires personnelles – bijoux, albums photos – comme des extraits vidéos qui retracent ces moments de bonheur mondains ou intimes. Mais le destin va rompre brutalement cette parenthèse enchantée. Maria Callas, qui attendait qu’Onassis la demande en mariage, va bientôt tomber de très haut.



En 1968, celui qu’elle pensait être l’homme de sa vie l’abandonne et la quitte sans le lui dire officiellement. Mais le pire reste à venir : c’est en effet dans les journaux qu’elle apprend le mariage d’Aristote Onassis avec Jackie Kennedy, et dans le même coup que son histoire d’amour est finie. Elle est dévastée.

 

Les dernières lueurs de gloire (1968-1977)

 

A partir de sa séparation tragique d’avec Onassis, elle va peu à peu négliger sa carrière. Elle s’essaiera au cinéma, dans une version filmée de Médée par son ami, le réalisateur Pier Paolo Pasolini, en 1969. Mais le film ne rencontre pas le succès escompté.



Moins présente sur scène, elle participera cependant à deux masterclass à la Julliard School de New-York en 1971 & 1972, et se produira ensuite lors d’une tournée mondiale avec le ténor Giuseppe Di Stefano en 1973-1974. La dernière apparition de la Divina sur la scène d’un opéra sera à Sapporo au Japon le 11 novembre 1974.

 

Installée à Paris à cette époque, ses proches la disent triste et fatiguée. Le destin va décider d’écourter sa peine. Le 16 septembre 1977, à 54 ans, celle qui aura révolutionné l’art lyrique et rempli les plus grandes salles internationales va en effet disparaître, terrassée par une attaque cardiaque dans son appartement parisien. Elle repose aujourd’hui dans le colombarium du cimetière du Père Lachaise à Paris.



CARACTÉRISTIQUES ET TALENTS DE MARIA CALLAS.

 

Au-delà de la chronologie de sa vie, le musée Maria Callas propose également des pôles thématiques autour des personnes qui ont compté pour elle, de son talent et de sa carrière, comme de son image et de sa légende.

 

Ses professeurs et ses mentors

 

On découvre ici, d’abord, les femmes qui ont accompagné la jeune Maria dans l’épanouissement de son art et de son talent : Maria Trivélla, son enseignante au Conservatoire National, et Elvira de Hidalgo, sa professeure au Conservatoire d’Athènes. On peut ici découvrir des lettres échangées avec Elvira de Hidalgo -dont on peut apprécier la lecture grâce à un dispositif audio spécifique- ou écouter une interview vidéo (en français) de cette dernière qui explique combien elle a été éblouie par le talent et la ténacité de son élève.



Une seconde section s’intéresse plus particulièrement à son mentor, Tullio Serafin. On peut ici aussi lire et écouter des lettres qu’il a échangé avec Maria Callas, mais également entendre cette dernière exposer en vidéo les différents conseils qu’il lui a prodigué alors qu’elle débarquait tout juste en Italie.



Ses grands rôles

 

Le musée présente des objets et vidéos témoignant des principaux rôles que la Divina a joué durant sa carrière.

 

On peut ainsi admirer et observer :

  • Le miroir en argent utilisé dans La Traviata à la Scala de Milan, qu’elle utilisera ensuite personnellement dans sa chambre à Paris.



  • Le poignard qu’elle utilisera dans Norma en 1960 à Épidaure.

  • Deux costumes prêtés par la Scala de Milan : Une robe bleue que Maria Callas portait dans le rôle d’Iphigénie, dans l’opéra « Iphigénie en Tauride » de Christoph Willibald Gluck (1957) ; et une robe médiévale qu’elle portera dans Lady Macbeth de Giuseppe Verdi en 1952.



  • On peut aussi voir la perruque qu’elle portera dans Médée, un rôle emblématique qu’elle jouera en tout et pour tout 38 fois dans sa carrière.


Notez ici que les costumes sont amenés à tourner au fil des mois et années. Une bonne raison de revenir au musée !

 

Sa technique et son professionnalisme

 

Cette section regroupe des partitions et des livres de chants, ainsi que des citations qui témoignent du professionnalisme de Maria Callas. Contrairement à ce que l’on pense souvent, elle n’était pas la diva capricieuse décrite par certains détracteurs. On apprend ici combien elle était travailleuse et impliquée dans la réussite des opéras qu’elle interprétait.



On découvre aussi une anecdote plus insolite. Maria Callas était très myope (on peut voir ici ses lunettes). Or, il n’était pas question qu’elle apparaisse sur scène avec ses verres épais. Ainsi, elle avait mis au point deux astuces. D’abord, lors des répétitions, pour ne pas oublier les paroles des opéras qu’elle chantait, elle les écrivait en très grosses lettres sur de grands mémos. Ensuite, toujours lors des répétitions, elle repérait les croix qui, sur la scène, indiquaient les endroits où elle devait se placer pendant le spectacle ; puis elle comptait le nombre de pas entre chacune d’entre elles, afin de pouvoir reproduire le parcours scénique dans sa tête, sans avoir à se soucier de regarder le sol – sa myopie l’en empêchant de toute façon.

 

La naissance d’un mythe et d’une icône

 

La dernière section s’intéresse plus particulièrement à l’image de Maria Callas, de son vivant comme pour la postérité.

 

Icône de mode, elle avait un rapport particulier à sa silhouette. Accompagnée par la styliste italienne Biki, elle a su se créer une image glamour, à l’élégance intemporelle. Encore aujourd’hui, son style suscite admiration et inspiration. On voit ici une sélection de robes et d’accessoires qui est aussi amenée à évoluer et à tourner selon les partenariats et les prêts.



Dans cette partie, on s’attache aussi au mythe voué à la Divina. Une série d’objets témoignent de l’engouement qu’elle a pu susciter et qu’elle suscite encore aujourd’hui : du carré Hermès « Fleurs de l’Opéra » créé en hommage à l’élégance de la femme, à la mèche de cheveux recueillie et revendue par son coiffeur comme une relique de la légende, en passant par un jeu de cartes mexicain à son effigie, une médaille commémorative ou au dessin d’une chaussure signée Manolo Blahnik inspirée par la Callas…