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LES VOYAGES INTÉRIEURS DE LEONORA CARRINGTON AU MUSÉE DU LUXEMBOURG (PARIS)

Leonora Carrington, musée du Luxembourg
Dando de comer a una mesa [Nourrir une table] (1959)

Le Musée du Luxembourg consacre une exposition d’envergure à Leonora Carrington (1917-2011), figure majeure du Surréalisme, longtemps restée en marge des récits dominants de l’histoire de l’art. Réunissant 126 œuvres, cette rétrospective - qui se tient jusqu'au 19 juillet 2026 - met en lumière une artiste complète, à la fois peintre et écrivaine, dont l’univers singulier continue de fasciner.

 

Chez Leonora Carrington, la réalité ne suffit pas. Il faut la traverser, la transformer, la peupler de créatures étranges et de symboles secrets. Peintre et écrivaine, elle brouille les frontières entre l’art, la littérature et la vie, jusqu’à en faire un territoire unique, profondément personnel. Ses œuvres ressemblent à des passages vers d’autres mondes : des fées y croisent des sorcières, des animaux y parlent, et des rituels énigmatiques semblent s’y dérouler à l’abri des regards. Nourrie par la Renaissance italienne, la littérature victorienne, l’alchimie et les traditions magiques, elle compose un univers dense, mystérieux, presque initiatique.



Proche du Surréalisme sans jamais s’y soumettre, elle se détache des figures dominantes comme Salvador Dalí ou André Breton pour tracer sa propre voie. Car Leonora Carrington refuse les étiquettes - et plus encore celle de muse. Elle est créatrice, pleinement, farouchement.

 

Sa vie elle-même prend des allures de récit romanesque. Née dans une famille aristocratique anglaise, elle s’en échappe pour suivre l’appel de l’art. Sa rencontre avec Max Ernst marque un tournant décisif. Mais la guerre brise cet élan : son arrestation précipite l’artiste dans une crise profonde, suivie d’un internement. De cette épreuve naît une œuvre encore plus habitée. Puis viennent les départs : l’Espagne, New York, et enfin le Mexique, terre d’ancrage où elle passera l’essentiel de sa vie et où son imaginaire trouvera un nouvel espace de résonance. Elle y devient une figure majeure de l’art moderne.

 

L’IMAGINAIRE COMME TERRITOIRE

 

Chez cette artiste, l’imaginaire n’est pas une échappatoire : c’est une force fondatrice. Dès l’enfance, les contes, les légendes irlandaises racontées par sa mère et la littérature fantastique nourrissent son regard. Très tôt, elle invente, écrit, dessine - comme si créer était une nécessité vitale. Indocile, elle est renvoyée de plusieurs écoles. Mais déjà se dessinent les grands axes de son œuvre : mythologies personnelles, récits symboliques, fascination pour l’ésotérisme et le tarot.


 

André Breton voyait en elle « une sorcière au regard velouté et moqueur ». L’image n’est pas anodine : Carrington manipule signes et symboles comme autant de clés d’un langage secret. Ses tableaux ne livrent pas leurs mystères — ils les suggèrent, les dissimulent, les multiplient.

 

Max Ernst, lui, la surnomme « la mariée du vent ». Ensemble, ils inventent un espace de création intense, où peinture et écriture dialoguent sans cesse. Mais cette parenthèse s’achève brutalement avec la Seconde Guerre mondiale.


Aujourd’hui, Leonora Carrington apparaît comme une figure essentielle : artiste libre, inclassable, en avance sur son temps. Féministe, écologiste, exploratrice de l’invisible, elle a construit une œuvre où le rêve devient un outil de connaissance.

 

L’exposition présentée au musée du Luxembourg, révèle toute l’ampleur de cette création foisonnante. Elle met en lumière une artiste totale, dont l’univers, à la fois intellectuel et visionnaire, continue de fasciner.

Longtemps célébrée au Mexique, Carrington connaît aujourd’hui un renouveau en Europe et aux États-Unis. Preuve que ses mondes intérieurs n’ont rien perdu de leur pouvoir d’attraction.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

  • Quoi ? « Leonora Carrington »

  • Quand ? Jusqu’au 19 juillet 2026

    Tous les jours de 10H30 à 19h

    Nocturne les lundis jusqu’à 22 h

  • Où ? Musée du Luxembourg

    19 rue de Vaugirard - 75006 Paris

  • Combien ? Plein tarif : 14 €

    Tarif réduit : 10 € pour les 16-25 ans inclus, demandeurs d'emploi et familles nombreuses

    Spécial jeune : 10 € pour 2 personnes de 16 à 25 ans inclus, du lundi au vendredi après 16h

 

Informations et réservations sur le site du musée du Luxembourg.

 

Article rédigé par Ysabelle Jolly

 

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