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ANECDOTE: L’HISTOIRE DU CHOCOLAT

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L’hiver est bien là, et avec lui, les envies de chocolat aussi. Si son histoire en France est assez récente et remonte au 17e siècle, il est rapidement adopté par la cour et l’aristocratie française, notamment au 18e siècle, avant de se démocratiser au 19e. Parmi les amateurs de chocolat célèbres, on compte Louis XV, Madame Du Barry ou encore la reine Marie-Antoinette. Mais comment est-il arrivé à la cour de France?


Dès 1400 avant J.C., en Amérique du Sud, les Mayas et les Aztèques consomment le chocolat en boisson avec des épices. Il faut cependant attendre 1502 pour qu’un Européen, le célèbre explorateur Christophe Colomb, goûte à ce met exotique pour la première fois. Bien qu’il n’en soit pas adepte, il va rapporter avec lui des fèves de cacao et, avec les conquistadors, les cours européennes, espagnole notamment, vont commencer à s’approprier le chocolat, surtout sous forme de liqueur.

En France, c’est la fille du roi d’Espagne Anne d’Autriche qui, en épousant Louis XIII le 28 novembre 1615 à Bordeaux, introduit le chocolat à la cour où elle arrive avec son personnel qui sait le lui préparer comme elle aime, en boisson chaude. Le 9 juin 1660, son fils Louis XIV (règne 1643-1715) épouse l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche, elle-aussi adepte de boisson chocolatée. Elle va ainsi inciter le développement de plantations de cacaoyers en Martinique, et l’import des fèves en France, notamment via le port de Bayonne, capitale française du chocolat. Si le Roi Soleil s’enthousiasme peu pour le cacao, ce produit rare et exotique devient cependant à la mode à la cour où on le sert tous les lundis, mercredis et jeudis dans les appartements. Louis XIV autorise alors l’ouverture par un certain David Chaillou d’une première boutique dédiée au chocolat, rue de l’arbre sec dans l’actuel 1er arrondissement.

De son côté, la reine Marie-Thérèse, délaissée par le roi, comble ses manques par le cacao, à tel point que, paraît-il, ses appartements embaument le chocolat. Madame de Maintenon, dernière favorite puis épouse morganatique du Roi Soleil, impose dans les hautes sphères de la société le rituel du chocolat chaud. On le sert dans une chocolatière, objet que l’on s’arrache, et on le boit dans de grandes tasses dont le couvercle percé permet de glisser le moussoir avec lequel on fouette le breuvage pour le rendre mousseux. Le roi crée même une charge dédié à la préparation du chocolat: la charge très convoitée de «chocolatier du roi». Le mot chocolat entre ainsi dans le dictionnaire en 1680, et au-delà d’être une gourmandise, on dit qu’il possède de nombreuses vertus médicinales digestives et dynamisantes.

Mais à Versailles, c’est surtout Louis XV (règne 1715-74) qui va amplifier l’engouement pour le chocolat. Il en est tellement adepte qu’il apprend à préparer lui-même son chocolat chaud. Sa recette est d’ailleurs encore bien connue: prendre autant de chocolat que d’eau et faire bouillir le tout; puis incorporer un jaune d’œuf pour quatre tasses, et remuer sans laisser rebouillir. La boisson est prête, et meilleure, selon le roi, préparée la veille. Vous le voyez ici, pas de lait ajouté chez Louis XV. Comme son royal amant, Madame Du Barry, la dernière favorite du roi, apprécie aussi particulièrement le chocolat chaud supposé aphrodisiaque. A cette époque, plusieurs ateliers spécialisés munis de machines pour fabriquer le chocolat s’installent à Paris.

Après Louis XV, Marie-Antoinette va soutenir la mode du chocolat dont elle est très friande. À son arrivée à Versailles en 1770, elle est accompagnée de son propre chocolatier qui devient le très officiel «chocolatier de la Reine» et qui crée de nouvelles recettes, notamment en incorporant au chocolat de la fleur d’oranger ou de l’amande douce.


C’est après la Révolution, dans la première moitié du 19e siècle, que le chocolat se démocratise, notamment grâce à la création de grandes usines de fabrication. Parmi elles, celle de la famille Menier, créée en 1816, qui lancera les premières tablettes de chocolat en 1836, avant d’accroître considérablement sa production sous le Second Empire (1852-70) et de pouvoir ainsi proposer ses produits à un plus large public.


Et vous, vous l’aimez comment votre chocolat chaud?

Sources


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