top of page

LE GRAND DAUPHIN (1661–1711) : FILS DE ROI, PÈRE DE ROI ET JAMAIS ROI — UNE EXPOSITION INÉDITE AU CHÂTEAU DE VERSAILLES

Grand Dauphin
"La Famille du Grand Dauphin", Pierre Mignard, 1687

C’est un nom qu’on croise parfois dans les généalogies royales, entre Louis XIV et Louis XV, mais dont l’histoire s’est peu à peu effacée dans l’ombre du Roi-Soleil. Louis de France (1661-1711), dit le Grand Dauphin, fils aîné du monarque absolu et de la reine Marie-Thérèse d’Autriche, fut pourtant destiné à régner sur le trône le plus puissant d’Europe. Éduqué pour devenir roi, père d’un roi d’Espagne (Philippe V), grand-père d’un roi de France (Louis XV), il ne le fut jamais lui-même.

 

C’est cette figure à la fois centrale et méconnue que met aujourd’hui à l’honneur le Château de Versailles, à travers une exposition ambitieuse et inédite intitulée « Le Grand Dauphin (1661–1711) : fils de roi, père de roi et jamais roi », présentée du 14 octobre 2025 au 15 février 2026.


  • Le Grand Dauphin, Versailles
  • Le Grand Dauphin par Hyacinthe Rigaud
  • Le Grand Dauphin, Versailles

Rassemblant près de 250 œuvres – peintures, sculptures, objets d’art, manuscrits, tapisseries et mobilier – issues de collections françaises et internationales, cette rétrospective retrace le destin d’un prince qui connut la gloire, l’obéissance, la passion des arts… mais jamais la couronne. Entre le faste de Versailles, où il est né, et la splendeur disparue du château de Meudon, où il tiendra une cour éclairée, le parcours invite à redécouvrir un personnage oublié de l’Histoire, témoin privilégié du Grand Siècle et véritable miroir du règne de Louis XIV (1643-1715).

 

LE GRAND DAUPHIN : UNE VIE ENTRE OMBRE ET LUMIÈRE

 

Né le 1er novembre 1661 à Fontainebleau, Louis de France est le premier fils légitime de Louis XIV et de la reine Marie-Thérèse d’Autriche - il est ce qu'on appelle le Dauphin de France. Sa naissance, survenue à peine un an après le mariage royal, scelle la paix entre la France et l’Espagne après des décennies de guerre. L’enfant, célébré dans tout le royaume, devient aussitôt le symbole de la stabilité retrouvée et de la continuité dynastique.


  • Louis XIV
  • Le Dauphin à 2 ou 3 ans, Jean Docret, 1663-64
  • Marie-Thérèse

Contrairement à la tradition séculaire qui voulait que le fils aîné du roi soit désigné par « Monsieur le Dauphin », Louis XIV – et donc la Cour –décide de le faire appeler «Monseigneur» dès sa naissance. Le surnom de « Grand Dauphin » arrivera plus tard, par opposition au « Petit Dauphin », son fils, le duc de Bourgogne.

 

Quoi qu’il en soit, Monseigneur grandit sous l’œil vigilant de son père, dans un monde où rien ne doit être laissé au hasard. Le Roi-Soleil, marqué par les troubles de la Fronde dans son enfance, et par un certain manque de préparation à ses futures fonctions, veut former un successeur exemplaire.

 

À sept ans, le Dauphin « passe aux hommes », comme on le disait alors: il quitte l’univers féminin de sa gouvernante, Louise de Prie de La Mothe-Houdancourt, pour une éducation strictement masculine, encadrée par des figures d’érudition comme l’écrivain Jacques-Bénigne Bossuet, le philosophe Pierre-Daniel Huet, et le très strict duc de Montausier. Religion, histoire, géographie, Latin, mathématiques et stratégie militaire : tout concourt à façonner le futur roi. On lui enseigne la prudence, l’obéissance, la piété et la raison - vertus cardinales du prince idéal.

 

Mais cet élève appliqué, parfois contraint, reste dans l’ombre écrasante de son père. D’une nature calme, respectueuse, peu encline aux intrigues, il n’a ni l’ambition ni la flamboyance du Roi Soleil. S’il ne brille pas par son verbe, il séduit par son sens du devoir, un goût assuré et une curiosité sincère pour les arts et les sciences. En cela, il incarne parfaitement l’esprit du Grand Siècle : un prince cultivé, mécène et collectionneur, plus passionné d’objets d’art que de pouvoir.

 

Marié en 1680 à Marie-Anne de Bavière (1660-1690), il devient le père de trois fils - le duc de Bourgogne (père du future Louis XV), le duc d’Anjou (futur Philippe V d’Espagne) et le duc de Berry - assurant la pérennité de la lignée.

 

Mais son destin, tout tracé, sera interrompu brutalement : il meurt le 14 avril 1711 dans son château de Meudon, à seulement 49 ans, plus de cinq ans avant son père. Il laisse derrière lui un héritage paradoxal : celui d’un homme qui n’a pas régné, mais dont la descendance marquera deux siècles de monarchie européenne.

 

À sa naissance, un jésuite aurait eu cette formule prédictive – qui sert de titre à l’exposition : il sera « Fils de roi, père de roi, et jamais roi ». Une formule reprise par le duc de Saint-Simon, célèbre mémorialiste du Grand Siècle au verbe souvent acerbe. C’est d’ailleurs en partie à cause de ce dernier que l’image du Grand Dauphin sera ternie, à tel point qu’il tombera vite dans l’oubli.

 

À LA DÉCOUVERTE DU GRAND DAUPHIN : PARCOURS DE L’EXPOSITION

 

L’exposition du Château de Versailles se déploie en trois grandes sections, suivant la devise même de Saint-Simon : Fils de roi, père de roi, et jamais roi. De sa naissance à sa mort, du faste de son éducation à la splendeur de Meudon, elle invite à suivre pas à pas la vie d’un héritier exemplaire.

 

I – FILS DE ROI

 

Dans cette première partie, on s’attache à la naissance attendue du premier fils légitime de Louis XIV, et à son éducation comme Dauphin de France et futur roi.


L’ENFANT DE LA PAIX

 

Tout commence dans le faste d’une naissance royale. L’union de Louis XIV et Marie-Thérèse d’Autriche, célébrée en 1660 à Saint-Jean-de-Luz, est avant tout un mariage diplomatique : il met fin au conflit entre la France et l’Espagne et scelle la paix par la promesse d’un héritier. L’année suivante, la naissance du petit Louis de France comble le royaume. Le peuple est en liesse : feux d’artifice à Lyon, Carrousel des Tuileries à Paris, prières populaires – un véritable événement d’État.


  • Louis XIV, Wallerand Vaillant, 1660
  • Anne d'Autriche, Marie-Thérèse d'Autriche et le Dauphin, Charles et Henri Beaubrun, 1664
  • Marie-Thérèse, Wallerand Vaillant, 1660
  • Louis XIV présentant son fils à la Vierge, Mignard, 1665
  • Louis de France dit le Grand Dauphin, 1664, Joseph Werner
  • Rituel de l'abbaye royale de St Germain des Prés

Dès l’enfance, le jeune Dauphin est représenté par les meilleurs peintres : Jean Nocret, Henri et Charles Beaubrun, ou encore Wallerant Vaillant, qui fixent son image d’enfant royal promis à la gloire. L’exposition réunit pour la première fois les trois portraits envoyés au roi d’Espagne, grand-père du Dauphin, aujourd’hui conservés au musée du Prado : l’enfant y apparaît richement vêtu, mais aussi paré de l’ordre du Saint-Esprit, une main posée sur la couronne, comme un pressentiment de son destin ; ou encore avec sa mère, la reine Marie-Thérèse, elle-même fastueusement habillée..


  • Marie-Thérèse et son fils en costume à la Polonaise, Charles et Henri Beaubrun, 1664
  • Portrait du Dauphin à deux ans, 1663, Frères Beaubrun
  • Dauphin en costume de baptême, 1668; Jean Nocret
  • Tapisserie de la tenture de l'Histoire du roi: le baptême du Dauphin, Gobelins

Le visiteur découvre ensuite la cérémonie orchestrée par le peintre Charles Le Brun pour son baptême à Saint-Germain-en-Laye, à l’âge de six ans : un moment fastueux immortalisé par Jean Nocret (exposé pour la première fois en France) et par les tapisseries des Gobelins. Les portraits, les manuscrits enluminés et les reliures aux armes royales rappellent combien la piété et la symbolique dynastique imprégnaient chaque étape de la vie princière.

 

L’ÉDUCATION D’UN FUTUR ROI

 

À sept ans, selon la tradition, le Dauphin « passe aux hommes ». Commence alors une éducation royale exemplaire, orchestrée par le gouverneur Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, assisté du précepteur Bossuet et de l’érudit Pierre-Daniel Huet.

 

  • Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, 1660, Louis I ELLE
  • Louise de Prie, duchesse de Cardonne, 1666, frères Beaubrun
  • Jacques Bénigne Bossuet, 1669-73, Pierre Mignard

Louis XIV, désireux que son fils soit mieux préparé qu’il ne l’avait été lui-même, suit personnellement ses progrès. Le jeune prince apprend l’histoire, le latin, la religion, la diplomatie, le droit français, les mathématiques et la géographie. Il parle espagnol, langue de sa mère, et se passionne pour la cartographie.


L’exposition montre les carnets d’écriture du Dauphin, des jeux d’armoiries européens, des cartes pédagogiques et même un devoir corrigé de la main de Bossuet. Ces objets émouvants révèlent un élève appliqué, docile, parfois en difficulté mais toujours soucieux de plaire à son père.


  • Livre de leçon Latin-Français du Grand Dauphin
  • Abrégé méthodique de l'histoire de France
  • Carnet d'écriture du Dauphin
  • Une parélie pour Mgr le Dauphin, Brianville, 1663
  • Méthode royale, facile et historique du blason, composée pour Mgr ke Dauphin
  • Mémoires de Louis XIV de l'année 1666
  • Jeu de cartes d'armoirie des souverains d'Etats d'Europe
  • Mappemonde dédiée à Mgr le Dauphin, 1694
  • Modèle réduit de canon
  • Grammaire latine

Cette formation intellectuelle s’accompagne d’un apprentissage de la vie de cour et de l’art de gouverner. Le Dauphin apprend à présider, à écouter, à observer. Sous la direction de sa gouvernante, Louise de Prie de La Mothe-Houdancourt, puis des maîtres masculins, il grandit entre Saint-Germain-en-Laye, les Tuileries et Versailles, au rythme des cérémonies et des leçons de pouvoir. Ce que montre l’exposition, c’est la modernité de cette éducation : une pédagogie organisée, documentée, qui servira de modèle à tous les princes de France jusqu’à Louis XVI.

 

L’APPARTEMENT DU DAUPHIN AUX TUILERIES

 

Pour abriter l’héritier du trône, un somptueux appartement est aménagé en 1666 au palais des Tuileries, avec décors de Charles Le Brun et peintures de Jean-Baptiste de Champaigne. Le parcours rassemble pour la première fois les toiles encore conservées de ce décor disparu : scènes mythologiques et allégories morales inspirées d’Achille, de la Poésie et de l’Histoire. Tout ici vise à instruire par l’image, à offrir au jeune prince des modèles de vertu et d’héroïsme.


  • Le Grand Dauphin, Versailles
  • Dessins du plafond de la grande chambre du Dauphin
  • Dessins du plafond de la chambre du Dauphin
  • Chambre du Dauphin aux Tuileries
  • Portrait équestre du Dauphin à 3 ans et 4 mois par Jean Nocret, 1665
  • Le Grand Dauphin, Versailles
  • Le Grand Dauphin, Versailles

 

L’atmosphère évoquée par ces œuvres restitue la beauté du style versaillais naissant : plafonds compartimentés, figures allégoriques, et cette ambition de grandeur qui prépare déjà le règne personnel du Roi Soleil.

 

MONSEIGNEUR À LA GUERRE

 

Destiné à devenir chef des armées, le Dauphin reçoit très tôt une formation militaire. Dès quatre ans, il accompagne son père pour passer les troupes en revue ; un fort miniature est construit pour lui permettre de s’exercer à la stratégie. Sous l’œil du mathématicien François Blondel, il apprend l’art de l’artillerie et du commandement.


  • Le Grand Dauphin par Rigaud
  • Philipsbourg, 30 oct. 1688
  • Paire de pistlets du Dauphin, 1687

À treize ans, il suit Louis XIV sur les champs de bataille, et à vingt-sept ans, il dirige pour la première fois une campagne militaire : la prise de Philippsbourg, en 1688, durant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. La victoire est célébrée dans tout le royaume. Les cartes, gravures et objets d’art exposés témoignent de cet épisode glorieux, qui restera pourtant le seul de sa carrière militaire. Dès lors, Monseigneur se détourne peu à peu des armes pour se consacrer à la musique, à la chasse et aux arts : un prince pacifique, mais formé comme un roi.

 

II - PÈRE DE ROI

 

La deuxième partie s’attache à la vie de famille du Grand Dauphin.

 

LA FAMILLE DU GRAND DAUPHIN

 

En 1680, Louis de France épouse Marie-Anne de Bavière, fille de l’électeur de Bavière, scellant une alliance entre la France et l’un des États catholiques les plus puissants du Saint-Empire. Trois fils naissent de cette union : Louis, duc de Bourgogne (1682), Philippe, duc d’Anjou (1683), et Charles, duc de Berry (1686).

 

  • La Famille du Grand Dauphin, Pierre Mignard, 1687
  • Charles de France, duc de Berry par François de Troy, 1696
  • Marie-Anne de Bavière, Dauphine de France
  • Philippe de France, duc d'Anjou
  • Généalogie des Bourbons, 1688
  • Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne
  • Louis de France, duc de Bourgogne, 1702
  • Duc de Berry, 1710

Le grand portrait de Pierre Mignard, La Famille du Grand Dauphin (1687), trône au cœur du parcours: on y voit le prince entouré de son épouse et de ses enfants, incarnation parfaite d’une dynastie assurée. Restaurée pour l’occasion, cette toile monumentale est l’une des pièces phares de l’exposition.

 

Mais le bonheur est de courte durée : la Dauphine, épuisée par les fausses couches, meurt en 1690. Monseigneur, veuf à vingt-neuf ans, s’enferme peu à peu dans ses résidences, notamment à Meudon, avec un cercle d’intimes, préférant la musique, la chasse – les maîtresses aussi - et ses collections à la vie de cour.

 

DE VERSAILLES À MADRID

 

C’est pourtant sous son autorité que s’accomplit l’un des événements les plus décisifs de la monarchie française : la montée sur le trône d’Espagne de son fils cadet, Philippe d’Anjou, devenu Philippe V en 1700.

 

La mort sans héritier du roi Charles II d’Espagne, petit-fils de Philippe IV, place le Grand Dauphin au cœur de la succession. Il renonce à la couronne pour lui-même au profit de son fils, consolidant ainsi l’alliance entre les deux branches des Bourbons.


  • Allégorie du traité de Nimègue - Charles II d'Espagne et Louis XIV, 1678
  • Philippe V, roi d'Espagne, 1700, Hyacinthe Rigaud
  • allégorie de la reconnaissance du duc d'Anjou comme roi d'Espagne, 16 nov. 1700, H-A de Favann

 

Louis XIV proclame alors la célèbre phrase : « Monsieur, voilà votre roi », annonçant à Versailles la naissance de la dynastie espagnole encore régnante aujourd’hui. C’est à ce moment que le Grand Dauphin devient véritablement père de roi – un rôle symbolique et historique, mais qui le prive de son propre trône espagnol.

 

L’exposition présente un superbe portrait de Philippe V peint par Hyacinthe Rigaud, ainsi que des documents d’époque retraçant cette union franco-espagnole qui allait bouleverser l’Europe : entre 1700 et 1713, la Guerre de Succession d’Espagne verra s’affronter la France – qui en ressort appauvrie - et une coalition d’États menés par l’Angleterre, la Hollande, et l’Empereur Habsbourg du Saint-Empire Romain Germanique.

 

III – JAMAIS ROI

 

Cette dernière partie, la plus spectaculaire, plonge le visiteur dans l’univers raffiné du Grand Dauphin : celui d’un grand collectionneur et d’un prince mécène… qui ne règnera jamais.

 

UN COLLECTIONNEUR ROYAL

 

Louis XIV encourage son fils à développer sa passion pour l’art et les beaux objets. Dès 1681, il lui offre des œuvres pour constituer un «cabinet de toutes les choses les plus rares et les plus belles». Le Dauphin devient l’un des principaux collectionneurs du Grand Siècle : ici un tableau de Raphaël, là des bronzes florentins, ou encore des porcelaines d’Extrême-Orient, du mobilier Boulle, des gemmes et des vases de pierres dures qui rivalisent de beauté et de raffinement.


  • Dona Isabel de Requesens, vice-reine de Naples, par Raphaël, 1518
  • Table à écrire du Grand Dauphin, Pierre Gole, 1680+84
  • La Nourrice de Bacchus, Nicolas Poussin, 1626
  • Sculptures
  • Junon contrôlant les vents, ALgardi 1655-81; gaine octogonale de Boulle
  • Hercule et le sanglier d'Erymanthe, Ferdinando Tacca, 1600-1615; Gaine de Boulle
  • Commode de l'actuel roi d'Espagne signées Renaud Gaudron
  • Commodes de l'actuel roi d'Espagne signées Renaud Gaudron
  • Commode de l'actuel roi d'Espagne signée Renaud Gaudron

L’exposition réunit des chefs-d’œuvre prêtés par le musée du Prado, le Louvre ou les collections royales espagnoles : des bronzes d’Adrien de Vries, des meubles d’André-Charles Boulle, ou encore une exceptionnelle paire de commodes attribuées à Renaud Gaudron – issues des collections de l’appartement privé de l’actuel roi Philippe VI d’Espagne.

 

Ces œuvres, souvent marquées du chiffre double L ou de dauphins enlacés, rappellent l’élégance et la modernité du goût du prince.

 

LE CABINET DES GLACES DE MONSEIGNEUR

 

L’un des points culminants du parcours est la reconstitution du Cabinet des Glaces, joyau disparu de l’appartement du Dauphin à Versailles. Les murs étaient recouverts de marqueteries d’écaille, de laiton et de cuivre incrustées de miroirs.

 

Sur des consoles s’alignaient plus de 350 agates, 200 cristaux et des bronzes précieux, dont plusieurs sont exceptionnellement réunis ici.


  • Aiguière et son bassin, 1610, atelier des Miseroni
  • Bouteille, Vase rouleau, Chine
  • Coupe en jade sur un pied en vermeil, Chine, monture Michel Debourg
  • Vase Fonthill, Dynastie Yuan, 1300-1330
  • Vase rond couvert, 1550
  • Vase rouleau, chine

L’exposition présente notamment l’aiguière en héliotrope du musée du Prado, la coupe en jade offerte par les ambassadeurs siamois en 1686, et le Vase Fonthill du musée national d’Irlande, l’une des porcelaines chinoises les plus anciennes d’Europe. Ces objets fascinants restituent la splendeur d’un univers disparu: celui d’un prince collectionneur avant tout, avec un goût particulier pour l’exotisme et les arts du monde

 

LES DIVERTISSEMENTS DE MONSEIGNEUR

 

Prince du Grand Siècle, le Dauphin partage avec son père la passion des arts et des plaisirs. Il adore la chasse, qu’il pratique à Meudon ou à Versailles, et commande en 1702 à François Desportes une série de toiles animalières, dont La Chasse au Loup, exposée ici.


  • Le Grand Dauphin jouant aux cartes
  • Pochette et instruments
  • Chasse au Loup, Desportes, 1702
  • Partitions
  • Le marquis de Louvois et son épouse chassant à Meudon, 1679-84
  • Le Grand Dauphin, Versailles

 

Mais Monseigneur aime aussi le théâtre, la musique et les fêtes de cour. Il organise lui-même les célèbres Carrousels des Galants Maures et des Galantes Amazones, spectaculaires ballets équestres réunissant cavaliers, costumes et musique. Des estampes de Jean Berain et des dessins préparatoires en restituent toute la richesse.

 

Cette section évoque aussi les grandes fêtes données en son honneur à Chantilly par le prince de Condé, où opéra, feux et labyrinthes se succédaient dans un faste sans égal.

 

MEUDON, UN FABULEUX “CHEZ SOI”

 

C’est au château de Meudon, son domaine favori, que s’exprime le mieux la personnalité du Grand Dauphin. Une résidence offerte par son père en échange de Choisy en 1695, où il transfère une partie de ses collections, et pour laquelle il commande à Hardouin-Mansart de nouveaux aménagements. Le domaine devient sa véritable demeure, plus intime et plus libre que Versailles.

 

L’exposition fait revivre ce lieu disparu à travers des plans, gouaches et peintures : la chapelle du Château-Vieux ornée par Coypel, les miniatures de Jean Cotelle, les vues d’Israël Silvestre.


  • Elévation de la façade du côté parterre du château vieux de Meudon, 1680-91
  • Vue du château de Meudon, 1723
  • Latone et ses enfants, Jean Jouvenet, 1700
  • Alexandre le Grand, 17e.
  • Terme Masculin
  • Les bosquets de Versailles, Jean Cotelle
  • Les Bosquets de Versailles, Jean Cotelle
  • Etude pour le soldat en buste de dos, 1702, Antoine Coypel
  • Elévation de la façade du château neuf de Meudon
  • Tenture des douze Mois grotesques en bandes: Janv.Fev.Mars, Gobelins, 1709-10
  • Vénus Médicis, Keller et Girardon, 1685-87
  • Vue de la griotte du château de Meudon, Israël Silvestre, 1683
  • Cascade en rochers au bas du Vertugadin, Charles Janson, 1730-40
  • Démolition du château de Meudon, Hubert Robert, 1805
  • Château de Meudon bombardé par les Prussiens, en 1870

En 1709, Monseigneur fait construire un Château-Neuf, chef-d’œuvre de modernité annonçant déjà le style rocaille du siècle suivant. Cette partie du parcours, à la fois architecturale et poétique, montre un homme qui se réalise enfin dans l’art et la beauté.

 

Malheureusement, la Révolution, puis la guerre franco-prussienne de 1870-71, mèneront à la destruction des deux châteaux. Gageons que si le faste et le goût artistique de Meudon étaient encore visibles aujourd’hui, le Grand Dauphin ne serait peut-être pas tombé aussi radicalement dans l’oubli.

 

DE LA MORT À L’OUBLI

 

En avril 1711, Monseigneur contracte la variole à Meudon. Louis XIV accourt à son chevet, mais le prince meurt le 14 avril, à 49 ans. Son décès bouleverse le royaume : le Roi-Soleil perd son héritier – il n’a de cesse de pleurer des semaines entières -, et la monarchie son avenir immédiat.

 

Les années suivantes sont tragiques : son fils, le duc de Bourgogne, et la duchesse meurent à leur tour, laissant le petit Louis XV accéder au trône à la mort de son arrière-grand-père, le 1er septembre 1715.


  • Tombeau du Dauphin, 1711
  • La duchesse de la ferté avec le duc d'Anjou, futur Louis XV, et le duc de Bretagne, 1715, Gobert
  • Escalier menant à l'exposition

Aucun monument funéraire ne fut érigé pour le Grand Dauphin à la basilique Saint-Denis. Son nom s’efface peu à peu, éclipsé par son père et par la légende noire de Saint-Simon.

 

L’exposition s’achève sur cette note mélancolique, rappelant que ce prince brillant, cultivé et fastueux, préparé toute sa vie à régner, ne connut jamais la couronne - mais laissa à la postérité un héritage artistique et dynastique immense.

 

MON AVIS SUR L’EXPOSITION

 

C’est une très belle exposition, claire, riche et superbement scénographiée (notamment le Cabinet des Glaces et la partie sur Meudon), qui permet enfin de redécouvrir le Grand Dauphin autrement que comme une simple figure de l’ombre. Le parcours se lit comme une véritable histoire : celle d’un prince né pour régner, élevé dans le faste, mais resté toute sa vie dans la loyauté et la retenue.

 

On y découvre des œuvres magnifiques, des portraits d’une grande douceur, des objets rares, et surtout une vraie émotion devant la vie de cet homme trop souvent oublié. J’ai particulièrement aimé la section consacrée à Meudon, qui restitue toute la personnalité du Dauphin : son goût pour l’art, la nature, et la beauté des choses.

 

Une exposition à la fois instructive et élégante, que je recommande à tous ceux qui aiment Versailles, l’histoire du Grand Siècle et les destins singuliers.

 

Et pour ceux qui connaissent déjà l’appartement du Dauphin ouvert à la visite, cette exposition en offre le prolongement idéal : on y perçoit la même atmosphère feutrée, où s’exprime le goût d’un prince discret mais raffiné. Un hommage tardif, mais profondément juste, à celui qui fut l’un des visages oubliés du Grand Siècle.

 

Retrouvez ici ma visite de l’appartement du Dauphin au château de Versailles.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

  • Quoi ? « Le Grand Dauphin (1661–1711). Fils de roi, père de roi et jamais roi »

  • Quand ? Du 14 octobre 2025 au 15 février 2026

  • Où ? Château de Versailles, 78000 Versailles

    Accessible par le RER C (station : Versailles – Château Rive Gauche), ou les lignes SNCF : N depuis Montparnasse (Versailles – Chantiers) et L depuis Saint-Lazare (Versailles – Rive Droite)

  • Combien ? Exposition incluse dans le billet « Château » ou « Passeport ».

    Gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans résidents de l’Union européenne.

    Visites guidées et audioguides disponibles en plusieurs langues.

 

Réservation sur www.chateauversailles.fr

 

 

804 commentaires


sunwin
il y a 24 minutes

Trong lúc đọc một số nội dung trên mạng, mình thấy https://ee88a.exposed/ được nhắc đến nên cũng truy cập thử để tham khảo. Mục đích chủ yếu là xem giao diện và cách tổ chức thông tin. Mình nhận thấy các nhóm nội dung chính được phân chia khá mạch lạc, từ thể thao đến casino, game bài và slot đều có khu vực riêng. Bảng dữ liệu được trình bày theo từng cột nên nhìn không quá dày. Menu khá dễ nhận biết, giúp việc chuyển mục tương đối nhanh.

J'aime

HY HY
il y a 4 heures

https://qs88a.ninja/ là trang mình tình cờ biết đến sau khi thấy được nhắc qua một vài chia sẻ trên mạng. Vì tò mò nên mình truy cập thử để xem giao diện và cách nội dung được bố trí như thế nào. Ấn tượng đầu tiên là bố cục khá gọn, các phần thông tin được phân chia rõ nên nhìn tổng thể không bị rối. Những nội dung quan trọng đều được sắp xếp theo từng khu vực, giúp việc theo dõi dễ dàng hơn. Khi mở bằng điện thoại, trang vẫn hiển thị tương đối ổn, thao tác chuyển giữa các mục cũng khá mượt. Mình thích cách thiết kế không quá cầu kỳ, màu sắc và các…

J'aime

Mars
Mars
il y a 8 heures

Hôm nọ mình thấy 8k bet được nhắc đến ở một topic khá chìm trong một forum chuyên chia sẻ đủ thứ chủ đề, nên tiện tay mở thử xem. Mình vốn chỉ định xem nhanh rồi thoát, nhưng cách bố trí trên trang lại khiến mình để ý hơn một chút. Các phần nội dung được tách khá rõ, tiêu đề dễ nhận ra và giao diện nhìn không bị quá nhiều chữ. Mình thử xem bằng điện thoại thì thao tác cũng khá mượt, tổng thể tạo cảm giác dễ làm quen.

J'aime

Duong Hoang
il y a 16 heures

Vào thời gian rảnh mình hay lướt mạng, mình thấy nhiều người kể cả bạn bè mình hay bàn tán về trang new88 đặc biệt là về các thông tin thể thao và các trò trơi giải trí trực tuyến. Mình không đi sâu vào từng chi tiết mà chỉ dành chút thời gian để xem cách phân chia các mục và giao diện. Mình thấy nội dung gọn gàng đầy đủ để nắm bắt thông tin cơ bản khi vào thăm trang.

J'aime

addasdasjhvc
il y a un jour

Tôi từng truy cập trang xem bóng đá trực tiếp để tham khảo giao diện và cách sắp xếp nội dung. Ấn tượng đầu tiên là bố cục rõ ràng, dễ theo dõi, các danh mục được trình bày trực quan giúp tìm kiếm thông tin thuận tiện. Trên điện thoại, giao diện hoạt động ổn định, thao tác mượt mà và mang lại trải nghiệm thân thiện ngay từ lần đầu sử dụng.

J'aime
bottom of page