L’ŒUVRE DU LOUVRE: LA VICTOIRE DE SAMOTHRACE


Aujourd’hui, direction le département des antiquités grecques du Louvre, au premier étage de l’aile Sully pour découvrir ou redécouvrir une œuvre incontournable du célèbre musée: la Victoire de Samothrace. Majestueuse, cette sculpture grecque est installée depuis 1883 en haut de l’escalier Daru (du nom du comte Pierre Daru, ministre de Napoléon Bonaparte), un escalier monumental construit par Hector Lefuel en 1855 lors des nouveaux aménagements du Louvre commandés par l’empereur Napoléon III (Second Empire: 1852-70).


Haute de 3,28 mètres, la Victoire de Samothrace est l’une des plus grandes statues grecques connues à ce jour. C’est aussi l’une des rares qui soient arrivée jusqu’à nous, car la plupart de celles que nous connaissons le sont souvent à travers des copies réalisées à l’époque romaine. Dans un mouvement on ne peut plus lyrique, cette jeune femme aux ailes déployées, perchée sur la proue d’un bateau, avance la jambe droite et jette ses épaules en arrière comme pour lutter contre un vent violent. Plaqués par les rafales, le manteau en laine (himation en grec) et la draperie qui l’habillent dévoilent son nombril et les courbes sensuelles de son corps. Et, bien que sans bras ni tête, elle semble aujourd’hui encore plus vivante que jamais.


Dans l’Antiquité, les Grecs représentaient la Victoire (nikê en grec) sous les traits d’une femme ailée. Découverte en 1863 par Charles Loiseau, vice-consul de France, sur l’île de Samothrace située en mer Égée entre la Grèce et la Turquie, la statue de la Victoire de Samothrace est principalement réalisée en marbre blanc de l’île des Cyclades de Paros, tandis que la proue du navire est en marbre gris de l’île de Lartos, près de Rhodes dans l’archipel du Dodécanèse. On pense qu’elle a été offerte aux dieux par les Rhodiens, soit pour éviter les naufrages, soit en remerciement d’une victoire navale (sûrement celle qui leur a assuré la suprématie dans la région en 190 av. J.-C.).


Lors de sa découverte, la désormais célèbre statue est brisée en 110 morceaux. Elle aurait été détruite par un tremblement de terre. Quoiqu’il en soit, si la proue et des parties de la main droite ont été retrouvées plus tard, le reste (sa tête et ses bras) manquent toujours, laissant place à l’imaginaire de chacun et chacune depuis plus d’un siècle et demi. Pour la mettre en valeur, sachez que l’escalier Daru a été revu en 1934 pour garantir un éclairage zénithal et lui donner toute sa grandeur. Pour bien l’observer, il faut se placer de trois quarts à sa gauche. C’est comme cela qu’elle était exposée à Samothrace.


Sources

  • Le Guide du Louvre, éditions du Musée du Louvre, RMN

  • Les Carnets des Guides Bleus, ‘Le Louvre dévoilé’, éditions Hachette

  • Le Louvre en 1h30 chrono, éditions Hazan


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