ANECDOTE: L’ORIGINE DU DRAPEAU FRANÇAIS

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En ce week-end présidentiel, revenons sur l’un des emblèmes français : le drapeau bleu, blanc, rouge. S’il est aujourd’hui le symbole de la nation, son origine n’est pas clairement attestée par les historiens, mais voici les hypothèses les plus probables.


Nous sommes au début de la Révolution française, en 1789. Le 12 juillet, dans les jardins du Palais Royal, le journaliste Camille Desmoulins interpelle la foule. Il scande que le ministre des Finances Necker (populaire pour n’avoir pas voulu augmenter l’impôt) a été renvoyé et que les bataillons suisses et allemands qui composent la garde royale sont prêts à intervenir pour égorger le peuple. Rumeur fondée ou non, il appelle aux armes et cueille sur un arbre une feuille verte, couleur de l’espérance, qu’il met en cocarde en signe de rassemblement pour tous les amis de la Révolution. On abandonne vite la couleur verte qui est celle du Comte d’Artois, frère du Roi. Pour se reconnaitre, la milice créée le 13 juillet par le Prévôt des Marchands de Paris, Jacques de Flesselle, pour soutenir et défendre la nouvelle Assemblée Nationale et maintenir l’ordre public, portera ainsi une cocarde bleue et rouge aux couleurs de Paris. Dans les heures qui suivent, les citoyens sont fortement invités à porter la cocarde à laquelle on va rapidement ajouter le blanc.


Et c’est là que les explications diffèrent.


1. On dit tout d’abord que le blanc, symbole de la Nation, est ajouté aux couleurs de Paris pour exprimer l’association de la nation et du peuple français aux révoltes parisiennes.


2. On dit aussi que le blanc était la couleur des militaires et que l’ajouter marquait l’alliance étroite entre les citoyens et l’armée.


3. Mais une troisième hypothèse est plus officiellement admise. Tout se passe le 17 juillet 1789, 3 jours après la prise de la Bastille et l’assassinat de Flesselle. Louis XVI se rend à l’Hôtel de Ville pour rencontrer le nouveau maire, Jean Sylvain Bailly. Il risque sa peau et il le sait. Il est accueilli par une haie de gardes nationaux et non royaux qui crient «Vive la Nation!» et non «Vive le Roi!».

Le Marquis de la Fayette, nommé le 15 juillet à la tête de la Garde Nationale, remet à Louis XVI la nouvelle cocarde tricolore en signe d’accord entre le Roi (la monarchie) et la Nation (le peuple). On raconte alors qu’il aurait expliqué au roi que le blanc, couleur des Bourbons, avait été ajouté aux couleurs de Paris en son honneur, et en signe de «l'alliance auguste et éternelle entre le monarque et le peuple». Si c’était certainement un moyen de faire accepter au roi le port de la cocarde et les couleurs de la nation, ce dernier était peu enclin à s’offusquer dans la mesure où le bleu, le rouge et le blanc étaient ses couleurs personnelles.


Quoi qu’il en soit, le bleu, le blanc et le rouge sont dès lors symboles de patriotisme, et le drapeau est adopté par l’Assemblée Nationale constituante à l’automne 1790. Tous les navires français doivent alors arborer le pavillon tricolore. Un drapeau différent d’aujourd’hui puisque les couleurs, disposées verticalement pour se distinguer du pavillon néerlandais, s’ordonnent ainsi: rouge, blanc et bleu. L’ordre actuel est finalement voté le 15 février 1794 par la Convention Nationale. On dit d’ailleurs que ce choix émanerait du célèbre peintre Jacques Louis-David.


Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Après la Révolution et l’Empire de Napoléon 1er, le retour de la monarchie pendant la Restauration (1814-30) marque aussi le retour du drapeau blanc royal comme emblème de la nation. Mais les révolutionnaires des Trois Glorieuses (27, 28 & 29 juillet 1830) qui s’opposent au roi Charles X vont reprendre le drapeau tricolore sur les barricades, comme on peut le voir illustré sur le tableau d’Eugène Delacroix ‘Le 28 juillet 1830. La Liberté guidant le peuple’ (1831). Propulsé alors sur le trône, le roi des Français Louis-Philippe accepte le retour du drapeau tricolore et proclame que ‘la nation reprend ses couleurs’.

Pourtant, le 25 février 1848, lors de la proclamation de la 2e République après une nouvelle révolution qui renverse la monarchie de Juillet de Louis-Philippe, on va tenter d’imposer un drapeau révolutionnaire totalement rouge. Mais sous l’impulsion du poète et homme politique Alphonse de Lamartine, qui rappelle la symbolique patriotique du drapeau tricolore, celui-ci est finalement sauvé et reste l’emblème de la nation.


Le drapeau bleu, blanc, rouge est aujourd’hui le seul emblème national que définit l'article 2 de la constitution de la Cinquième République. Et quelle que soit son origine, n’oubliez pas de voter pour la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.

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