top of page

L’HISTOIRE DE LA COCARDE TRICOLORE

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Paris
Bonnet phrygien et cocarde tricolore - Musée Carnavalet

La cocarde tricolore est née pendant la Révolution française. Du bonnet phrygien à la chemise, elle a orné les tenues des sans-Culottes révolutionnaires, comme les chapeaux de la garde nationale. Je vous propose de revenir sur les origines de l’un des emblèmes les plus connus de la lutte patriotique.



UNE FEUILLE D’ARBRE AUX ORIGINES DE LA COCARDE TRICOLORE

 

Tout commence le 12 juillet 1789, dans les jardins du Palais Royal. À cette date, les États Généraux, inaugurés le 4 mai précédent à Versailles par Louis XVI, ont déjà conduit les députés du Tiers-État à se proclamer en Assemblée nationale constituante le 17 juin, avant de faire le serment de donner une constitution à la France pour fixer le rôle de chaque pouvoir – c’est le serment du Jeu de Paume du 20 juin 1789.



En parallèle, tout au long de l’année 1789, face à la crise économique, se sont alterner des révoltes populaires et des réformes législatives menées pour tenter de calmer le peuple.

 

Mais ce 12 juillet, le renvoi du ministre des Finances Necker, populaire pour n’avoir pas voulu augmenter l’impôt, va aviver la fureur du peuple de Paris, déjà en colère face à l’augmentation du prix du pain.

 

Au cœur des jardins du Palais Royal, le journaliste Camille Desmoulins interpelle alors la foule : Il scande à son auditoire que Necker a été renvoyé, et il ajoute, sans que cela soit confirmé, que les bataillons suisses et allemands qui composent la garde royale sont prêts à intervenir pour égorger le peuple s’il se rebelle.



S’appuyant sur la rumeur de cette menace, il décide d’appeler aux armes les citoyens présents. Il se saisit alors d’une feuille d’arbre qu’il tend et montre à la foule avant de la mettre en cocarde. Cette feuille verte, couleur de l’espérance, doit être portée en signe de rassemblement pour tous les amis de la Révolution.

 

DU VERT AU BLEU, BLANC, ROUGE : LA NAISSANCE DE LA COCARDE TRICOLORE

 

On abandonne très vite la couleur verte qui est celle du Comte d’Artois, frère du Roi. Dans le même temps, afin de calmer les esprits et de montrer qu’il est du côté du peuple, Jacques de Flesselles, le Prévot des Marchands de Paris - soit l’ancêtre de notre maire - décide de créer des milices armées pour soutenir et défendre la nouvelle Assemblée nationale et ses travaux.



Cette milice est créée le 13 juillet 1789, et pour se distinguer, ses membres choisissent de porter une cocarde qui, cette fois, arbore les couleurs de Paris, le bleu et le rouge, auxquelles on ajoutera bientôt le blanc, symbole de la Nation - on dit aussi que le blanc était la couleur des militaires, et que l’ajouter marquait l’alliance étroite entre les citoyens et l’armée ; ou encore que l’intégration du blanc devait permettre d’associer la couleur du roi à celles du peuple.

 

Quoi qu’il en soit, la célèbre cocarde tricolore est née ! Dans les heures qui suivent, les citoyens sont eux-aussi fortement invités à porter la cocarde tricolore. C’est cette cocarde qu’ils arboreront lors de la prise de la Bastille le 14 juillet suivant.



Le 17 juillet, trois jours après cette date clé et l’assassinat de Jacques de Flesselle, accusé de trahison, Louis XVI se rend à l’Hôtel de Ville pour rencontrer le nouveau maire, Jean Sylvain Bailly. Il risque sa peau et il le sait. Il est accueilli par une haie de gardes nationaux, et non royaux, qui crient «Vive la Nation!», et non «Vive le Roi!».



Le Marquis de la Fayette, nommé le 15 juillet à la tête de la Garde Nationale, remet alors au roi la nouvelle cocarde tricolore en signe d’accord entre le Roi (la monarchie) et la Nation (le peuple). C’est à cette occasion qu’on raconte que La Fayette aurait expliqué au roi que le blanc, couleur des Bourbons, avait été ajouté aux couleurs de Paris en son honneur, et en signe de «l'alliance auguste et éternelle entre le monarque et le peuple». Si c’était certainement un moyen de faire accepter au roi le port de la cocarde et les couleurs de la nation, ce dernier était cependant peu enclin à s’offusquer dans la mesure où le bleu, le rouge et le blanc étaient ses couleurs personnelles.

cocarde
Louis XVI, citoyen

Finalement, Louis XVI, cocarde au chapeau, reconnait timidement (avait-il le choix?) la nomination de Bailly comme maire de Paris et la formation d’une Garde Nationale, et non plus royale, dirigée par le Général La Fayette.


Depuis la Révolution, le drapeau tricolore a remplacé la cocarde, et le bleu, le blanc et le rouge sont devenus, comme chacune et chacun le sait, les couleurs officielles de la nation et de la République françaises.

Comments


bottom of page