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L’ŒUVRE DU LOUVRE : LES ESCALVES DE MICHEL-ANGE

Dernière mise à jour : 14 mars 2023


Parmi les départements du musée du Louvre, celui des sculptures est l’un de mes favoris. À l’entresol de l’aile Denon, on peut admirer une collection variée de sculptures italiennes, du Haut Moyen-Âge (6e-11e) au 19e siècle, en passant par la Renaissance. Parmi les œuvres marquantes de cette période, se trouvent Les Captifs ou Esclaves réalisés par Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564).


Artiste de génie, il créera des œuvres parmi les plus célèbres de la Renaissance italienne: en peinture (comment ne pas citer la fresque du plafond de la chapelle Sixtine au Vatican ou celle du Jugement dernier réalisée sur le mur de son autel?), en architecture (il bâtit par exemple la sacristie de la basilique San Lorenzo, mausolée des Médicis à Florence, ou le dôme de la basilique Saint-Pierre de Rome), mais aussi et surtout dans la sculpture. Car c’est en sculpteur virtuose du marbre qu’il s’est le plus souvent exprimé. Passionné d’anatomie humaine et inspiré par les sculptures antiques, Michel-Ange réalisera de nombreux nus sculptés, à l’image de son célèbre David (1501) exposé à la Galleria dell’ Academia de Florence.


Au Louvre, ce sont Les Captifs, dit aussi Les Esclaves, sculptés entre 1513 et 1515, qui créent l’admiration, au point de donner le nom de «Galerie Michel-Ange» à la salle où ils sont présentés. Ces deux statues en marbre blanc de Carrare ne laissent pas indifférent et interpellent par leur dimension impressionnante - 2,09 mètres de hauteur – et leur expression toute dramatique. L’une est appelée L’Esclave mourant et l’autre L’Esclave rebelle. Pourtant, ces deux chefs-d’œuvre sculptés gardent encore une grande part de mystère.

Ils faisaient partie d’un groupe de six (les quatre autres sont à Florence) et étaient destinés au tombeau du Pape Jules II (1443-1513) pour la basilique Saint-Pierre de Rome. Mais jugés trop onéreux, ils ne seront finalement pas retenus, provoquant la colère de Michel-Ange. Ils resteront ainsi inachevés, et en 1546, Michel-Ange lui-même offrira les deux Esclaves du Louvre à son ami Roberto Strozzi qui, exilé en France, les donnera au roi François 1er (règne 1515-1547).


Si on connaît leur histoire, on a peu de certitude sur leur signification. On pense qu’elles pourraient symboliser les provinces ou les villes soumises à l’autorité du Pape de son vivant. On dit aussi que, dans la continuité du style néoplatonicien qui influença Michel-Ange et pour lequel le corps n’est qu’une prison terrestre de la pensée, les Esclaves représenteraient les âmes impuissantes, dévorées par la passion et désireuses de se libérer de leur enveloppe corporelle. Leur posture improbable laisse ainsi paraître les tourments de leur âme, tandis que les lignes élancées et massives de leur silhouette leur confèrent une véritable force physique dont ils semblent prisonniers.

L’Esclave mourant est un exemple parfait de la sensualité et de l’harmonie recherchée par l’artiste dans son travail de création. Sa façon de se déhancher (appelée contrapposto) reflète l’instabilité de son esprit, cette âme avide de liberté, contrainte par ce corps ultra musclé. Le singe inachevé, sculpté à l’arrière de cet esclave, semble lui-aussi, en symbole de l’art qui imite la nature, représenter l’infériorité de l’homme dont l’âme est enchaînée au corps physique.


Si vous visitez le Louvre, ne manquez pas ces deux œuvres incontournables, sensuelles et qui, j’en suis certain, sauront vous captiver.


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