UNE PAGODE CHINOISE EN PLEIN CŒUR DE PARIS?


Saviez-vous qu’au cœur du 8e arrondissement de Paris se nichait une pagode chinoise? Un édifice un peu particulier, atypique voire surprenant pour la capitale française, et qui dénote parmi les immeubles et hôtels particuliers haussmanniens de ce quartier résidentiel bourgeois.


Cette curiosité architecturale, je vous propose de la découvrir aujourd’hui car, si elle est habituellement fermée au public, j’ai eu la chance de la visiter pendant le Printemps Asiatique de Paris il y a quelques jours. Un événement où, depuis 2018, au printemps, les galeries spécialisées en art et antiquités asiatiques, les grandes maisons de ventes aux enchères et les institutions culturelles s’associent pendant une semaine pour exposer et affirmer l’importance des arts venus d’Asie.

Située au 48, rue de Courcelles, à l’angle de la place Gérard Oury et à quelques pas du Parc Monceau, cet immeuble aux allures de pagode chinoise n’est ni un musée ni une institution religieuse. Surnommée la ‘Pagoda’ ou ‘Maison de Loo’, ce bâtiment privé étonne par sa façade entièrement peinte en rouge et ses multiples toits aux influences typiquement chinoises. Mais comment est-il arrivé là?


Nous sommes en 1880. Cette année-là, à l’emplacement de la pagode actuelle est bâti un hôtel particulier dans un style tout ce qu’il y a de plus haussmannien. En effet, dans la droite ligne du réaménagement urbain lancé par le baron Haussmann à la demande de l’empereur Napoléon III au milieu du 19e siècle, sous le Second Empire (1852-70), la plaine Monceau devient le lieu de résidence des bourgeois, riches industriels ou banquiers, qui se font construire de somptueux immeubles et hôtels.

C’est alors que dans les années 1920, un marchand d’art chinois, Ching Tsai Loo, arrivé à Paris en 1902 où il va faire fortune, rachète l’immeuble pour y installer son activité. Amoureux de sa Chine natale, il décide de transformer son hôtel parisien en un palais asiatique luxueux. C’est l’architecte Fernand Bloch qui réalise l’exploit: il garde la structure d’origine mais ajoute 2 étages, des avant-toits courbes, des décors typiques comme les dragons, un portail digne des temples bouddhistes, et le tout recouvert d’une peinture rouge vif. Et bien que les voisins aient cherché à faire démolir l’ensemble, la ‘Maison Loo’, inaugurée en 1926, restera intacte jusqu’à aujourd’hui.

Transmise à sa fille en 1948, la galerie d’art de Monsieur Loo reste dans sa famille jusqu’après sa mort en 1957. Les affaires déclinant, son petit-fils revend la maison en 2010 à une entreprise privée. La Pagoda reste une passerelle culturelle entre la France et la Chine, notamment grâce aux archives de Monsieur Loo qui y sont conservées (2000 livres, porcelaines, mobilier), et l’hôtel particulier devient un musée privé qui ferme ses portes en 2012 avant de devenir, jusqu’à aujourd’hui, un lieu événementiel privatisable.


Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à y entrer. C’est un lieu étonnant et unique à Paris.

Sources

12 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout