ANECDOTE: LE CALENDRIER RÉVOLUTIONNAIRE, C’EST QUOI?

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Vous le savez sûrement, le calendrier Grégorien, que nous utilisons encore aujourd’hui, a disparu un temps pendant la Révolution française, remplacé par le calendrier Républicain ou Révolutionnaire. Mais pourquoi change-t-on ce calendrier séculaire et quelle forme prend-il alors?


Tout d’abord, rappelons e ce qu’est le calendrier Grégorien. Basé sur l’année solaire, il est décomposé en 4 saisons liées au rythme du soleil, elles-mêmes divisées en 12 mois de 4 semaines et 30 ou 31 jours. Il a été instauré en octobre 1582 par le pape Grégoire XIII en remplacement du calendrier Julien, assez similaire, créé par Jules César. Mis en place par les catholiques, son année 1 est celle de la naissance de Jésus Christ. Il est rythmé par les fêtes religieuses et célèbre chaque jour les saints chrétiens et saintes chrétiennes.


A l’inverse, le calendrier Républicain démarre le 22 septembre 1792, à l’équinoxe d’automne, mais surtout le jour de proclamation de la Première République par la Convention nationale en charge de rédiger la nouvelle constitution et au pouvoir pendant la Révolution. C’est ainsi, comme on le dit alors, le 1er jour de «l’ère des Français». Officiellement adopté le 6 octobre 1793, ce nouveau calendrier supprime toute référence religieuse et invente un nouveau découpage de l’année. Il s’agit de renforcer la toute nouvelle république en effaçant le passé monarchique de la France et le poids de la religion sur la société française.

Les 12 mois composés de 30 jours comprennent 3 décades (10 jours) qui remplacent les semaines de 7 jours. Les jours sont simplement nommés primidi (1er jour), duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi. Chacun de ces jours n’est plus associé à un Saint mais à des noms de fleurs, d’animaux, d’arbres, de plantes ou d’outils agricoles. Les noms des mois, proposés par le poète Fabre d’Églantine (1750-94), reprennent le rythme des événements naturels et des activités humaines: l’automne avec vendémiaire (mois des vendanges), brumaire (brumes), frimaire (frimas); l’hiver avec nivôse (neiges), pluviôse (pluies), ventôse (vent); le printemps avec germinal (germination), floréal (fleurs), prairial (prairies); l’été avec messidor (moissons), thermidor (chaleurs), fructidor (fruits).


L’année commence avec l’équinoxe d’automne, au 1er vendémiaire (22 septembre). Mais avec des mois de 30 jours fixes, il faut savoir qu’elle se termine toujours avec 5 jours supplémentaires, voire même 6 jours supplémentaires les années dites sextiles. En hommage aux sans-culottes, on va appeler ces jours additifs les Sans-Culottides. Dans l’ordre on a: le jour de la vertu, celui du génie, du travail, de l’opinion, des récompenses et, les années sextiles, le 6e jour est celui de la Révolution.

Cependant, ce calendrier présente des inconvénients. Il commence à l’équinoxe qui est fluctuante, ce qui provoque une certaine irrégularité dans le calendrier annuel, mais aussi et surtout, il entre difficilement dans les habitudes des Français qui, comme le reste de l’Europe de l'époque, continuent à se référer au calendrier Grégorien qu’ils utilisent depuis des siècles. Ainsi, devenu empereur en 1804, Napoléon 1er abolit le calendrier Révolutionnaire par le décret impérial du 9 septembre 1805 (22 fructidor an XIII), et le calendrier Grégorien est de retour en France dès le 1er janvier 1806. À part une tentative de restauration pendant la Commune de Paris (18 mars-28 mai 1871), le calendrier Révolutionnaire n’aura vécu que 13 ans.


En revanche, le système décimal des poids et mesures instauré en même temps que le calendrier Révolutionnaire aura, lui, conquis la France et une grande partie du monde, il se pérennisera jusqu’à aujourd’hui.

Retrouvez mes anecdotes liées aux origines de la cocarde tricolore, du drapeau français et de la fête nationale du 14 juillet sur ce blog.


Sources


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