EXPOSITION: SHOCKING! LES MONDES SURRÉALISTES D’ELSA SCHIAPARELLI AU MAD PARIS




Shocking! Quel choix de nom judicieux pour la nouvelle exposition du Musée des Arts Décoratifs de Paris (MAD Paris) consacrée à l’œuvre audacieuse de la créatrice de mode Elsa Schiaparelli.




Shocking comme le rose provoquant, ce ‘Shocking Pink’, une couleur devenue sa signature qu’elle choisira d’intégrer à ses collections en 1937.

Shocking comme le parfum du même nom qu’elle lance avant-guerre, dont le flacon est dessiné par l’artiste d’origine argentine Leonor Fini, et qui connaitra un succès mondial.

Shocking, encore, comme cette façon qu’elle a de créer la mode: une mode nourrie par les artistes de l’avant-garde parisienne des années 1920 et 1930 (Jean Dunand, Jean Clément, Alberto Giacometti, Jean Cocteau, Leonor Fini, Elsa Triolet, Meret Oppenheim, Jean Schlumberger, Salvador Dali, André Breton ou encore Man Ray qu’elle inspire); une mode visionnaire et révolutionnaire qui transgresse les codes d’alors et donne naissance à des pièces extraordinairement créatives; une mode qui prône la liberté de création pour une femme qui réinvente sa féminité et son allure avec chic, audace et esprit.

Inaugurée le 6 juillet dernier pendant la semaine de la Haute Couture parisienne, l’exposition ‘Shocking ! Les mondes surréalistes d’Elsa Schiaparelli’ présente jusqu’au 22 janvier 2023 le travail d’Elsa Schiaparelli à travers 520 pièces, objets et documents -dont 272 costumes et accessoires mis en regard d’une sélection d’œuvres d’art (peintures, sculptures, bijoux, photographies…). Car, comme je le disais, les artistes sont au cœur des inspirations de la créatrice de mode italienne qui s’est installée à Paris en 1922, ce Paris des Années Folles qui fera d’elle une star mondiale.


L’exposition parcourent ainsi les moments et les créations clés de l’œuvre de Schiaparelli:


>D’abord, une pièce surprenante remplie des dessins d'Elsa Schiaparelli.

>Puis les collections les plus emblématiques et les plus marquantes de la créatrice, ses complicités artistiques et ses inspirations, notamment surréalistes:

  • les sweaters en trompe-l’œil de sa première collection ‘Présentation n°1’ qui la lancera à l’international;

  • les collections ‘Païenne’ (1938 – inspirée du dieu Pan et de l’Antiquité), ‘Papillon’ (été 1937 – une ode à cet insecte éphémère et esthétique), ‘Musique’ (automne 1939 – un hommage à la légèreté musicale);

  • les vêtements et bijoux fantaisies développés en collaboration avec des artistes: robe Homard, chapeau-chaussure et poudrier téléphone réalisés par Dali, manteau du soir brodé de dessins de visages par Jean Cocteau, bracelets et boutons de Giacometti, collier ‘Aspirine’ créé avec l’artiste franco-russe Elsa Triolet, collier ‘Feuillages’ par Jean Clément, robe plissée dont les plis ont été peints à la laque par l’artiste Art Déco Jean Dunand…

>Ensuite, immergé dans le salon de couture de la créatrice du 21, place Vendôme, on découvre des pièces travaillées dans le détail, où les ornements et les broderies de la Maison Lesage sont à l’honneur.


On retrouve aussi des collections et pièces thématiques comme:

  • les pièces inspirées d’éléments du quotidien et transformées en créations mode;

  • la collection ‘Zodiaque’, baroque et inspirée du Versailles du Roi Soleil (superbe cape ‘Apollon de Versailles’);

  • la collection ‘Cirque’, tout en broderies et imprimés burlesques.

On pénètre enfin ici aussi dans le génie marketing d’Elsa Schiaparelli en découvrant les nombreux parfums qu’elle a créés, dont les noms commencent tous par la lettre ‘S’, et dont les flacons rivalisent de créativité.


>L’exposition se finit sur de sublimes pièces des collections contemporaines de la Maison réalisées par le directeur artistique Daniel Roseberry, nommé en 2019. Des pièces inspirées des archives de la Maison, des vêtements et accessoires remarquables de créativité, toujours emprunts d'une touche de surréalisme.


Des silhouettes aussi portées par de nombreuses célébrités pour de grandes occasions: la robe aux colombes portée par Lady Gaga lors de l'investiture de Joe Biden en 2021; la robe en cuir drapé de Beyoncé au 63e Grammy Awards de Los Angeles le 14 mars 2021; ou la robe fourreau noire et son bijou plastron en forme de poumons dorés portés par la mannequin Bella Hadid lors de la première du film 'The Pianist' au 74e Festival de Cannes...


Enfin, tout au long du parcours, on peut aussi admirer des silhouettes d’autres grands créateurs qui rendent hommage à l’imaginaire d’Elsa Schiaparelli (Jean-Paul Gaultier, Yves Saint-Laurent…).


A propos d’Elsa Schiaparelli



Aristocrate italienne (sa mère descend des Médicis), Elsa Schiaparelli est née à Rome le 10 septembre 1890. Après Londres et les Etats-Unis, elle s’installe à Paris au début du 20e siècle où elle côtoie les artistes dadaïstes et découvre la mode après une visite chez le couturier parisien le plus couru de l’époque: Paul Poiret (l’exposition en présente des pièces, des dessins et des photos).




En 1927, elle débute comme créatrice en créant le premier pull en trompe-l’œil, dévoilant tout son génie créatif et avant-gardiste. Un succès international immédiat! Fascinée par l’art, elle s’intéresse à l’Art Déco qu’elle commence à décliner dans ses collections (robe aux plis peints à la laque par Jean Dunand), avant de développer un goût véritable pour l’esthétique surréaliste dès les années 1930. Elle collabore ainsi avec l’artiste franco-russe Elsa Triolet, en 1931, autour d’un collier devenu emblématique: le collier Aspirine. Suivront de nombreuses autres collaborations avec des artistes surréalistes qui lui inspireront ou créeront certaines pièces de ses collections de vêtements et accessoires: Salvador Dali (la robe du soir imprimée d’un homard, 1937; le poudrier téléphone, 1935; la robe ‘surréaliste’, 1938), Jean Cocteau (Manteau et tailleur aux visages), Alberto Giacometti (Bracelet ‘visage de Chimère’, broche ‘Ange de l’Annonciation’)… Elle devient aussi le modèle du photographe américain Man Ray dont on peut observer plusieurs clichés dans l’exposition.

En 1935, elle installe sa Maison de Couture au 21 de la Place vendôme, à Paris, où elle se trouve encore. L’exposition présente une reconstitution de l’époque avec, entre autres, des sculptures de Giacometti et des cendriers de Jean-Michel Franck -qui a aussi décoré l’ensemble de la boutique.


De retour des Etats-Unis après la 2nde Guerre Mondiale, elle continue à innover avec de nouveaux parfums, des collections capsules inédites… mais elle ne connaîtra plus le même succès et ferme sa maison en 1954. Elle meurt à Paris le 13 novembre 1973 à 83 ans.


En 2012, la Maison se relance et rouvre les portes de l’hôtel de Fontpertuis au 21 place Vendôme où se tient, en 2014, son premier défilé Couture depuis 1954. Aujourd’hui, le succès de Schiaparelli est de retour et la création audacieuse et fantaisiste de sa fondatrice continue d’inspirer le directeur artistique de la Maison, Daniel Roseberry, nommé en 2019 -et dont on peut admirer une large sélection de pièces, vêtements, bijoux et accessoires, au cours de l’exposition.


Informations pratiques

L’exposition se tient au MAD Paris du 6 juillet 2022 au 22 janvier 2023


MAD Paris : 107, rue de Rivoli – 75001 Paris

Métro : Palais Royal, Pyramides, Tuileries


Tous les détails (horaires, tarifs, accès) sont à retrouver sur le site du Musées des Arts Décoratifs de Paris – MAD Paris


Sources

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