L’ÉGLISE SAINT PAUL-SAINT LOUIS À PARIS


Je vous propose de nous rendre aujourd’hui en plein cœur du quartier du Marais, à Paris, lieu résidentiel de l’aristocratie jusqu’à la Révolution, abandonné au 19e siècle, puis restauré dans les années 1960 par André Malraux, avant de devenir un quartier branché, commercial, culturel et couru de la vie nocturne, dans les années 1990. Mais aujourd’hui, pas de verre en terrasse prévu (ou peut-être plus tard) mais la visite de la très belle église Saint Paul-Saint Louis, au 99 rue Saint-Antoine, près du métro Saint-Paul (ligne 1).


Le terrain est offert par le roi Louis XIII (règne.1610-1643) aux Jésuites en 1627 afin d’y bâtir une église. Ces derniers sont installés dans le lycée Charlemagne voisin depuis 1580 où ils ont fondé une maison professe (résidence pour les prêtres jésuites). La première pierre de cette église dédiée à Saint Louis est posée le 16 mars 1627, et elle sera consacrée le 9 mai 1641 par une messe prononcée par le Cardinal de Richelieu. Réalisé par le père François Derand sur les plans du frère Martellange, l’édifice à l’architecture de style baroque italien s’inspire de l’église du Gesù à Rome. Parmi les prédicateurs qui y ont œuvré, le père Bourdaloue, dont les restes reposent dans la crypte, est le plus célèbre, contribuant par ses prêches à faire la renommée de l’église. Fermée à la Révolution, l’église Saint Louis est vidée de son riche mobilier, et les reliquaires des cœurs de Louis XIII et Louis XIV seront fondus (les cœurs, eux, seront réduits en poudre et mélangés à de l’huile par le peintre Saint-Martin qui utilisera cette substance pour ses peintures. Il paraît que cette mixture appelée ‘mumie’ est efficace pour glacer les toiles). De 1795 à 1804, le couvent attenant devient École centrale (établissement d'enseignement public créé sous la Révolution) puis lycée. L’église devient paroissiale en 1802 et prend le nom de Saint Paul-Saint Louis après que l’église Saint-Paul, située dans la rue voisine du même nom, a été détruite en 1799.


La façade agrémentée de colonnes classiques, refaite dans un style baroque flamand par Victor Baltard au 19e siècle, cache le superbe dôme que l’on découvre en prenant du recul. Sous la statue de Saint Louis située au troisième et dernier niveau, l’horloge est celle de l’ancienne église Saint-Paul. On notera par ailleurs sur la porte le S et le P puis le S et le L entrelacés pour Saint Paul et Saint Louis.


Entrons. De l’extérieur, on ne soupçonne pas combien l’intérieur est grandiose, notamment grâce au dôme et à sa lumière zénithale qui arrose tout l’édifice. A l’entrée, les deux coquilles de bénitiers ont été offertes par Victor Hugo qui habitait non loin place des Vosges.

La nef est bordée de plusieurs chapelles dédiées à Saint Vincent de Paul ou à Sainte Geneviève, mais il faut surtout s’attarder sur les deux sublimes chapelles du transept :

  • La chapelle de la Vierge dans le croisillon de droite du transept, dont la statue de la Vierge à l'Enfant, réalisée par Léonard Agathon (1828) trône au centre de l’autel offert en 1828 par la duchesse d'Angoulême, Marie-Thérèse de France, la fille ainée de Louis XVI et Marie-Antoinette qui a survécu à la prison du Temple et à la Révolution.

  • La chapelle du Sacré Cœur dans le croisillon gauche du transept, dont la statue du Sacré-Cœur de Jésus a été réalisée au 19e siècle par Jean-Marie Bonnassieux (1810-92).


L’autre chapelle remarquable, et l’un des points d’attraction de l’église, est la chapelle de la ‘Vierge de douleur’ dont la statue expressive, réalisée par Germain Pilon en 1586, avait été prévue par Catherine de Médicis pour la rotonde des Valois à la basilique Saint-Denis. Enfin, parmi tous les trésors dont elle rescelle, l’église accueille un autre chef-d’œuvre du 19e siècle : un tableau d’Eugène Delacroix, ‘Le Christ au jardin des Oliviers’ (1827).

Si vous passez dans le quartier du Marais, très riche de patrimoine, ne manquez pas de vous arrêter à l’église Saint Paul-Saint Louis.

Sources


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